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Photo et danse à Toubab Diallaw

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Une série de photos sur la danse et une soirée de ballets à l’espace Sobo Badé à Toubab Diallaw le 6 juin 2009.

Vernissage de l’exposition de photographies de Thierry Prouteau et soirée de Ballets à 21 heures.

Il était une fois un rocher, planté dans l’océan, ocre sur vert, sur quartz blanc.
Il était une fois un promontoire rocheux, noir, lui, noir basaltique.
Perché sur le promontoire, creusé dans la roche, un atelier d’artiste regarde vers le couchant l’île des origines de l’homme qui bat le sol de la plante de son pied, accompagnant le rythme des tambours, appuyé de son bras à l’une des arches de l’amphithéâtre qu’il a construit, entouré de ses ouvriers, rouge des argiles alentour.
Des années de silences, d’écritures, entre la lampe tempête de l’atelier et les projecteurs qui éclairent le sable, sur le sol de l’amphithéâtre. Des années de travail.
C’est alors qu’une petite fille aux cheveux blonds, à la peau couleur de miel, s’avance, au milieu de ses amies. Elle danse. Elle a cinq ans, six ans. _ Elle grandit. Ses amies aussi. Elles dansent.
Elles descendent sur le sable de la plage où les fûts de bois du sabar les suivent. Elles dansent.
Elles remontent jusqu’à l’amphithéâtre où les peaux de chèvre tendues du nder, du gorong-mbabas, du tungune, du mbëng-mbëng, et du thiol frémissent sous les paumes solides. Elles dansent.
Un jeune homme s’approche. Il vient de l’autre coté des collines, des tentes de toile blanche dressées au bord de la lagune, d’un autre théâtre dont le fond de scène débouche sur les baobabs. Des amis l’accompagnent. Ils dansent.
Alors les jeunes filles se font femmes et enfantent, en dansant.
Et la rencontre se fait, sous les yeux bienveillants d’un panthéon de dieux et déesses tutélaires, de ceux qui protègent et qui veillent quand les jambes se tendent, quand les bassins oscillent, quand les nuques basculent, quand les bras décrivent les cercles d’un art chorégraphique qui affirme son identité, qui trouve son propre langage, s’appuyant sur une tradition séculaire qui s’enrichit du souffle des contemporanéités.
C’est cet envol des muscles bandés, ce tourbillon maîtrisé par le labeur, la sueur, sous la toile blanche, dans les cristaux de quartz chauffés par le ciel sub tropical que Thierry Prouteau fige, un instant, un seul, dans l’incandescence du noir et blanc.
On dit que dans le village de Toubab Dyalaw, sur la Petite Côte du Sénégal, à l’Espace Sobo Badé, les « dof » de la danse sont enfin devenus prophètes en leur pays.

Pour les danseuses et les danseurs de l’Espace Sobo Badé.
A Nice, en mai 2009. Sylvette Maurin.

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