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Abdoulaye Cissokho, maître de la kora

Son sourire éclatant tout en douceur, sa démarche calme, Abdoulaye Cissokho contamine son public dans cette joie de vivre. Sur sa kora   il chante ses rêves, sa vie, celle de son peuple, de son pays mais aussi de l’Afrique, ce continent qui souffre de la guerre, de la misère.

Partagez cette page Publié le 1er novembre 2005 | 0 commentaire

Sa rencontre avec la « Bande Marco Jazz » fut heureuse entre le passé et l’avenir. Aujourd’hui malgré les nombreuses tournées à l’étranger Ablaye continue à travailler dans sa ville avec de jeunes musiciens et à son tour il en initie certains au dur et difficile art de la kora  . Même sa petite fille commence à en jouer. Et puis n’est-il pas griot   ? Sa mission première n’est-elle pas de perpétuer la tradition familiale, qui est aussi celle de tout un peuple ? L’inventeur de la kora serait un Cissokho. Alors …N’est ce pas « où qu’il soit un Cissokho aime les personnes plus que l’or, leurs richesses ne sont pas faites d’argent mais de ceux qu’ils touchent par leur art et qui les entourent ». Le Chant des Cissokho : le Djiandjumba

Son nom de baptême c’est Kimitang Mahamadou Cissokho affectueusement appelé Ablaye Cissokho.

Il fait parti de la jeune génération des artistes sénégalais. et incarne la rencontre entre les traditions du peuple Mandingue et la création musicale contemporaine .Il a vu le jour dans le Fouladou il y’a de cela 35 ans. Descendant d’une famille de griot Ablaye Cissokho commence à jouer de la kora à l’âge de 8 ans et mène son premier concert à 12 ans. Il s’inscrit par la suite au conservatoire de musique de Dakar et monte un groupe de 10 choristes avec ses frères et sœurs. C’est en 1986 qu’il fait sa première représentation internationale à Oslo en Norvège. Puis il se rend à Saint-Louis du Sénégal et tombe amoureux de la ville avant d’y fonder une famille.

A Saint-Louis, Abdoulaye forme le groupe Ninki-Nanka qui se produit régulièrement dans tout le pays. En 1996 Cissokho collabore à un concert avec Jacques Higelin. Il participe par la suite au Printemps des cordes au CCF de Dakar et au festival de Kora à Sédhiou. En 2000 le Jazz rentre dans sa vie et Cissokho s’engage dans le groupe « African Project » dans le cadre du festival internationale de jazz de Saint-Louis accompagné de Philippe Sélam au saxo, Linley Marthe à la basse, Gile Renne guitare, Aziz Diop batterie ,Ali Keita balafon. En 2001 et 2002 il se produit de nouveau au festival de jazz sous la direction de François Jeanneau avec le groupe Saint-Louis Jazz Orchestra. L’Orchestra Saint-Louis Jazz sera d’ailleurs invité au courant de l’année 2001 par le ministre Jack Lang pour la fête de la musique en Juin 2001.La même année Abdoulaye Cissokho enregistre un album avec la bande Marco Jazz et part en tournée au Kazakhstan et Kirghizistan. En 2003 après une tournée estivale de trois mois en France : Festival Ile de France, Convivencia, Festival de Marie Galante, Ilotopie, le Bijou Moissac, il sort son premier album avec sa kora qui porte un message de paix « Diam » avec 12 titres chez Ma Case Records en Automne 2003.

Sur scène Ablaye emporte son public vers un grand voyage dans un rare univers sonore . Sa kora posée sur les genoux Ablaye charme et impressionne. Sur fonds de ressacs entraînant doucement des galets ,l’instrument traditionnel se met lentement à égrener des notes cristallines, puis s’envole dans une harmonie des plus envoûtantes. Sa voix est fascinante et liée aux notes de sa kora il charme et enchante son public d’un immense message de paix. Langue traditionnelle mandingue et musique plus contemporaine s’unissent alors dans de surprenantes compositions d’une rare richesse. Fasciné, le spectateur est immédiatement transporté dans un univers apaisant, frôlant par moments une sorte de nirvana. C’est magique, intemporel, authentique, d’une sensibilité et d’une profondeur extrêmes.

Incontestablement , Ablaye offre un écrin brillant à une culture traditionnelle qui revisite la plus talentueuse et magique des façons. Seul sur scène avec son instrument Cissokho transporte le spectateur vers Saint-Louis sa ville adoptive grâce à des bandes sonores important les bruits du marché, ceux de la mer et du village. Un chaleureux contraste qui sert par moment d’introduction à certains morceaux. Abdoulaye Cissokho représente l’africain dans toute sa splendeur : beau, noble, souriant, révolté indigné, ensoleillé dragueur, généreux. A travers ses chansons il fait vivre tous les aspects de son quotidien qu’il représente tantôt en français, avant de s’envoler en wolof. L’artiste berce littéralement son public avec son instrument qu’il maîtrise à la perfection, la kora 24 cordes pincées avec les deux mains comme une limpide harpe mais aussi comme des violons permettant l’harmonie d’une guitare avec la splendeur du clavecin un très bel instrument au son merveilleux frisant parfois le mode oriental.

Contrairement à beaucoup d’artistes africains qui ont fait le choix de vivre en France ou ailleurs Ablaye lui veut au contraire continuer à vivre à temps plein au Sénégal, y poursuivre son chemin musical entre deux tournées. Un besoin vital fondamental de se ressourcer, de retrouver ses vraies racines profondément implantées dans ce sol sénégalais qui est le sien. Et vivre en Afrique c’est être avec elle dans sa souffrance son dénuement son malheur permanent et pouvoir mieux porter vers les autres le message d’un continent qui veut vivre dans la dignité, la paix aussi mais qu’il faut aider, soutenir, pour qu’il puisse lui même se prendre en main. Et à travers ses chants,sa musique Ablaye a choisi de porter cette parole en puisant ses sources dans la terre de ses ancêtres d’où a jaillit un jour cette culture mandingue encore et toujours vivace dans plusieurs pays africains.


Voir en ligne : Le221, mensuel de culture et de sports au Sénégal

Samba Diop - Photos : Laurent Gerrer

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