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11 décembre 2005
La capitale du sud, une ville cosmopolitique qui a toujours vécu aux rythmes endiablés du Diambadong (la danse des feuilles), du Bugërëbu, du balafon, du Ekonkone, du Saourba, bref, de ces instruments musicaux traditionnels qui rythmaient jadis les cérémonies a pendant trois jours du 9 au 11 décembre oublié la psychose qui hantait leur sommeil depuis plus de deux décennies.
Une gaîté et un sourire retrouvés que la Casamance a hélas perdu du fait du conflit qui la déchire depuis les années quatre vingt. Le deuxième carnaval de Ziguinchor a été une occasion de ressusciter ce passé jovial d’une région considérée comme le Sénégal en miniature. Les festivaliers étaient venus de toutes les localités de la région, mais aussi, de la Gambie et de la Guinée-Bissau pour coller au thème choisi cette année : le plurilinguisme comme élément de cohésion sociale.
Un thème il faut le dire qui a donné lieu à un colloque qui a mobilisé des intellectuels venus de différents horizons. D’autres manifestations ont rythmé cette période qui a fait retrouver à Ziguinchor ses couleurs. Une occasion d’exhiber toutes les facettes d’une culture qui a, tant bien que mal, pu résister à plus de vingt-deux ans de conflit armé. Il s’agit de l’avis de Robert Sagna de contribuer à l’épanouissement des populations. Un objectif compris par les deux institutions municipales et régionales, qui, malgré leurs différences d’idéologie se sont données la main pour donner un grand succès à l’événement. D’où la satisfaction de l’édile de Ziguinchor qui a salué cette collaboration au profit des populations. Pendant trois jours en tout cas, les quartiers de Ziguinchor ont été le théâtre de manifestations culturelles qui n’ont pas manqué de plonger les moins jeunes dans la nostalgie d’un passé où ces genres de manifestations rythmaient leur vie quotidienne. A coté de cette activité culturelle le sport par la lutte a occupé une place de taille avec des combats djoni-djoni qui ont mis aux prises des lutteurs venus essentiellement du département de Bignona (Thionck Essyl et Tendouck).
Pendant trois jours, les populations de cette ville martyre ont intensément vécu au rythme du carnaval. Un événement que les invités et autochtones de la capitale de cette région sud du Sénégal doivent au conseil municipal qui, depuis trois ans a initié cette manifestation pour faire revivre cette ville. Ce second carnaval de Ziguinchor ; après un break l’année dernière la manifestation aura favorisé des moments d’intenses communions entre les filles et fils de cette région, un moment de joie, mais aussi de souvenirs de ces périodes où Ziguinchor était un creuset de la culture.
Aujourd’hui, le deuxième festival de Ziguinchor a vécu, mais a laissé derrière lui un sentiment de satisfaction et d’optimisme quant à l’avenir. Un avenir qui se présente sous de bons auspices de l’avis des autorités municipales.
Bakasso Gassama