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Cheikh Anta Diop : la restauration de la conscience historique africaine

Intellectuel et humaniste, Cheikh Anta Diop fut pour beaucoup dans le retour de la conscience historique africaine. Ces travaux prennent à contre-pied l’idéologie de l’époque sur l’infériorité de la race noire. Il fut en même temps un chercheur de renom et un des principaux instigateurs de la démocratisation du débat politique au Sénégal.

Cheikh Anta Diop est né le 29 décembre 1923 dans le village de Thieytou situé dans la région de Diourbel (en pays Baol-Cayor), près de la ville de Bambey.

A l’âge de quatre-cinq ans il est envoyé à l’école coranique. Il est ensuite scolarisé à l’école française : l’École régionale de Diourbel. En 1937, il obtient son certificat d’études primaires.

Il poursuit ses études secondaires à Dakar et Saint-Louis. Il obtient, en 1945, ses baccalauréats en mathématiques et en philosophie.

Durant ces années passées au lycée, il élabore un alphabet conçu pour transcrire toute langue africaine et il entreprend également la rédaction d’une histoire du Sénégal. Dans cette même période apparaissent ses premières réflexions qui plus tard déboucheront sur son projet de renaissance culturelle et d’indépendance politique de l’Afrique noire. Il se destine néanmoins à un métier scientifique appréhendé comme un devoir de découverte et d’invention vis-à-vis de l’humanité.

À l’âge de 23 ans, il part à Paris pour étudier la physique et la chimie, mais se tourne aussi vers l’histoire et les sciences sociales. Il suit en particulier les cours de Gaston Bachelard et de Frédéric Joliot-Curie. Il adopte un point de vue spécifiquement africain face à la vision de certains auteurs de l’époque, selon laquelle les Africains sont des peuples sans passé.

A son initiative est créée l’Association des Étudiants Africains de Paris dont le premier président est Cheikh Fall. Amadou Mahtar M’Bow en deviendra quelques années plus tard le président.

Nations nègres et culture

Cheik Anta Diop, l’homme et l’œuvre, Présence africaine

Cheik Anta Diop, l'homme et l'œuvre, Présence africaine

En 1951, Diop prépare une thèse de doctorat à l’Université de Paris, dans laquelle il affirme que l’Égypte antique était peuplée d’Africains noirs et que la langue et la culture égyptiennes se sont ensuite diffusées dans l’Afrique de l’Ouest. Il ne parvient pas dans un premier temps à réunir un jury, mais d’après Doué Gnonsoa, sa thèse rencontre un « grand écho » sous la forme d’un livre, Nations nègres et culture, publié en 1954. Il obtiendra finalement son doctorat en 1960. Il poursuit dans le même temps une spécialisation en physique nucléaire au laboratoire de chimie nucléaire du Collège de France.

Il s’appuie sur des citations d’auteurs anciens comme Hérodote et Strabon pour illustrer sa théorie selon laquelle les Égyptiens anciens présentaient les mêmes traits physiques que les Africains noirs d’aujourd’hui (couleur de la peau, aspect des cheveux, du nez et des lèvres). Son interprétation de données d’ordre anthropologique (comme le rôle du matriarcat) et archéologique l’amènent à conclure que la culture égyptienne est une culture « nègre ». Sur le plan linguistique, il considère en particulier que le wolof, parlé aujourd’hui en Afrique occidentale, est génétiquement apparenté à la langue égyptienne antique.

Il revient au Sénégal enseigner comme Maître de Conférences à l’Université de Dakar, désormais renommée Université Cheikh Anta Diop (UCAD). C’est seulement en 1981 qu’il y obtiendra le titre de professeur. Mais dès 1966, il crée au sein de cette Université de Dakar le premier laboratoire africain de datation des fossiles archéologiques au radiocarbone.

Pour un Etat fédéral en Afrique noire

Dans les années 1970, Diop participe au comité scientifique qui dirige, dans le cadre de l’UNESCO, la rédaction d’une Histoire générale de l’Afrique. Par ailleurs, dès 1947, Diop s’engage politiquement en faveur de l’indépendance des pays africains et de la constitution d’un État fédéral en Afrique. En 1960, il publie ce qui va devenir sa plate-forme politique : Fondements économiques et culturels d’un futur Etat fédéral en Afrique noire. »

Diop sera l’un des principaux instigateurs de la démocratisation du débat politique au Sénégal, où il animera l’opposition institutionnelle au régime de Léopold Sédar Senghor, à travers la création de partis politiques (le FNS en 1961, le RND en 1976), d’un journal d’opposition (Siggi, renommé par la suite Taxaw) et d’un syndicat de paysans.

Cheikh Anta Diop meurt dans son sommeil à Dakar, le 7 février 1986. Il repose, selon sa volonté, à Thieytou, auprès de son grand-père (le Vieux) Massamba Sassoum Diop, fondateur du village.

L’antériorité des civilisations nègres

Selon Cheikh Anta Diop, l’homme (homo sapiens), est apparu sous les latitudes tropicales de l’Afrique, dans la région des Grands Lacs. La chaîne d’hominisation africaine serait la seule qui soit complète, la plus ancienne et également la plus prolifique. Ailleurs on trouverait des fossiles humains représentant des maillons épars d’une séquence d’hominisation incertaine.

Diop pose que les premiers homo sapiens devaient être probablement de phénotype noir, parce que, selon la règle de Gloger, les êtres vivants originaires des latitudes tropicales sécrètent plus de mélanine dans leur épiderme, afin de se protéger des rayonnements solaires. Ce qui leur confère une carnation aux nuances les plus sombres (ou les moins claires). Pour lui, pendant des millénaires, il n’y a eu d’hommes sur Terre que de « Nègres », nulle part ailleurs dans le monde qu’en Afrique, où les plus anciens ossements d’hommes "modernes" découverts ont plus de 150 000 ans d’âge, tandis qu’ailleurs les plus vieux fossiles humains ont environ 100 000 ans.

Sources :

Dans la boutique

Nations nègres et culture,Cheikh Anta Diop,1999

Nations nègres et culture,Cheikh Anta Diop,1999

L’unité culturelle de l’Afrique noire,Cheikh Anta Diop,2007

L'unité culturelle de l'Afrique noire,Cheikh Anta Diop,2007

Nomade

Nomade

L’Antiquité Africaine par l’image ,Cheikh Anta Diop,1998

L'Antiquité Africaine par l'image ,Cheikh Anta Diop,1998

Les fondements économiques et culturels d’un état fédéral d’Afrique Noire

Les fondements économiques et culturels d'un état fédéral d'Afrique Noire

Alerte sous les tropiques

Alerte sous les tropiques

L’Afrique noire précoloniale

L'Afrique noire précoloniale

Antériorité des civilisations nègres - Mythe Ou Vérité Historique ?

Antériorité des civilisations nègres - Mythe Ou Vérité Historique ?
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Mis à jour le 7 février 2010

5 commentaires

  • Cheikh Anta Diop

    27 mai 2008 14:01, par auteur bbawa
    Je trouve que l’on ne voit pas très bien la vie politique de Cheikh Anta Diop si bien sûr il en avait ! Cela n’est pas normal pour un citoyen sénégalais en plus...

    Répondre

  • Cheikh Anta Diop

    26 juillet 2009 19:19, par auteur zam
    Lors du colloque du caire en 1974 cheikh anta diop et les égyptologue africain qui l’accompagné a démontrer scientifiquement devants tout les égyptologue occidental que la civilisation égyptienne étai fondamentalement africaine et négre ; aucun égyptologue et spécialiste en langue occidental na pu faire une démonstration scientifique du contraire. Le fait que le message de cheikh anta diop nés toujours pas autan relée montre l’ampleur de l’aliénation culturelle et psychologique de notre peuple africain

    Répondre

  • Cheikh Anta Diop

    9 septembre 2009 16:49, par auteur MAURICE MUKENGE
    Je suis congolais de la RDC ;maurice MUKENGE EST MON NOM. Je reconnais dans les réfléctions de chikh des faits et non des hypothèses de travail. Je suis véterinaire mais,avec anta diop,j’ai su ténir des conférences sur l’ancinne Afrique en passant pour un savant aux yeux des mes auditeurs ; ses travaux sont une intéligence encor sous exploité,je regrete de ne l’avoir pas connu de vu

    Répondre

    • je ne suis pas africain mais je suis noir antillais.pour ne l’avoir pas etudie a l’ecole,je l’ai decouvert seulement au cours d’une emission sur RFI. Vu l’ampleur du grand homme,on ne peut qu’eprouver une grande fierte et une profonde reconnaissance pour sa contribution a la defense de notre race.Il est sans doute "l’un des premiers des noirs", aux cotes de Senghor,C. Laye,Cesaire...

      Cependant,je crois que pour les noirs,tenter de retracer notre passe alors que le present est peu glorieux,est se voiler la face.a l’instar des chinois et des juifs,il est temps pour nous de forger notre destin.A quoi bon se mentir,on nous meprise,on nous regarde avec pitie. pour remonter la pente,il faut certes se rappeler le passe mais aussi se resoudre a nous forger une nouvelle mentalite pour l’avenir.Les juifs,apres la shoah,sont devenus une nation puissante,qui en impose au monde entier.idem pour la chine.

      Quelque part,pour exister et nous faire pleinement accepter parmi les peuples,nous devons nous battre.la plupart des noirs vivotent dans une semi-ignorance de leur identite et de leur potentiel.

      Répondre

Voir l'article en ligne : http://www.au-senegal.com/Cheikh-Anta-Diop.html

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