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16 janvier 2007
Une silhouette impressionnante… un jeu de corps épatant… un verbe franc et direct… Ce comédien entraîne tout le Sénégal dans son jeu.
Certains le critiquent, d’autres le plébiscitent… ! Révélé au grand public par la pièce « Saneex » de la troupe « Soleil Levant de Thiès » dont il est membre, l’artiste condamne la piraterie dont sont victimes toutes leurs productions. « Duut nagnu ko ! » (On l’a eu). Il pense déjà quitter le Sénégal. Stop ! Personne ne rit. Saanex parle, et cette fois-ci, ce n’est pas du théâtre.
Le 221 : Qu’est qui vous a incité à faire du théâtre ?
Chekhou Guèye : Au début, j’étais un grand sportif. J’étais basketteur. C’est en 1987, après avoir surmonté un accident, que j’ai commencé à assister aux répétitions de la troupe « Ndoumbélane », dans laquelle jouait mon frère. Tout est parti de là. Un jour, j’ai remplacé un membre absent. Le test réussi, j’ai continué à jouer…
Le 221 : Vous rappelez-vous de votre première montée sur scène ?
C. G. : C’était au Cneps de Thiès à l’occasion d’une compétition de troupes de théâtre. Rien n’a été difficile pour moi. J’ai joué tranquillement sans paniquer. J’étais à l’aise dans mon rôle.
Le 221 : Recevez-vous des nouvelles de votre ami Aladji, qui avait fugué lors du Bercy 2005 ?
C. G. : Comme je l’ai toujours dit, j’ai promis de ne pas me prononcer la dessus. Aladji est mon frère et mon ami. On partageait la même passion, entre temps, il a choisi de voyager. Je respecte ce choix et on est toujours ensemble. En ce moment, il va bien là où il est.
Le 221 : La saignée continue dans le groupe…
C. G. : C’est toujours des choix personnels. On ne s’est disputé avec personne. Je respecte leurs décisions de partir et je leur souhaite bonne chance.
Le 221 : La piraterie qui agenouille les musiciens, semble avoir fait votre bonheur, voir votre promotion au Sénégal.
C. G. : Avant, nos cassettes sortaient d’abord à l’étranger, puis, grâce à la piraterie, ces oeuvres connaissaient une large diffusion sur le plan national. Mais avec « Balla Maissa », on a beaucoup investi pour sortir l’original et le distribuer légalement ici. Mais ces gens l’ont mis de coté pour vendre les produits piratés. Cela fait très mal de louer des services et de ne rien récolter au retour. Je n’en reviens pas. Parfois, je pense à quitter le Sénégal.
Le 221 : Ton discours fait couler beaucoup d’encre. N’êtes vous pas trop direct dans vos propos ?
C. G. : Les Sénégalais aiment critiquer et ont tendance à changer, à oublier leur culture. J’utilise juste le mot qu’il faut à la place qu’il faut dans un Wolof pur. Et puis sachez que « lu la nitt di diingat, mounka dencc keureum », (tout ce que les gens reprochent, ils l’entretiennent chez eux). Au Baol, pour dire par exemple, « ku la diur ? » (qui sont tes parents ?), on dit « ku la meign ? » ou « fo feccee ko ? ». Si j’utilise ces termes, les gens auront des choses à dire. Sachez que ce que je fais au théâtre est inspiré de la vie quotidienne des sénégalais.
Le 221 : Ta vie en famille ?
C. G. : Je vis avec ma femme, mes frères, comme une famille africaine. Il n’y a pas un chien devant la porte. On vit, comme on a été éduqué. Après mon métier, je suis dans mon entourage, on se soutient, on se rend service et Dieu merci !
Le 221 : C’est quoi le « Ndewënel » ou le cadeau de nouvel an de Saanex ?
C. G. : « Ni ko rell » et « Cey Saanex » sont sur le point de sortir. Je réfléchis aussi sur la prochaine sortie de la grande surprise avec « Fitt, Djom, Ngor ». Cette pièce, c’est du jamais vu au Sénégal. Elle est très spéciale. Toute l’équipe pleurait lors du tournage. Youssou Ndour, qui est mon aîné, m’a conseillé de ne pas le sortir. On réfléchit encore la dessus.
Youssouf “Chinois” Diatta - Photos : www.kamikazz-photo.com