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7 juillet 2007
Il était une (seconde) fois, le roi Eléphant ! Le scénario tant redouté d’un troupeau de pachydermes, déambulant nonchalamment sur une tanière dévastée de ses espoirs les plus légitimes, n’a pas eu lieu. Mieux, il aurait juste fallu un coup de patte osé du Lion sur la trompe égratignée de l’Eléphant pour que le fauve l’emporte pour la première fois et que la hiérarchie soit cassée. En vain, la loi du plus fort a encore prévalu lors de ce premier choc de coupe d’Afrique de rugby entre le Sénégal et la Côte d’Ivoire.
ll y a presque un an, les explications entre un Lion affamé et un Eléphant sûr de lui, s’étaient soldées par la victoire du plus lourd. Alors sur la route de la coupe du monde 2007, le Lion qui s’était tapé une réputation de terreur des plus forts que lui, en battant le Nigeria et le Cameroun, entre autres grosses pointures du top 12 Afrique, avait plié la crinière dévastée par les coups de trompe de l’éléphant ivoirien (20-06).
Cette fois, le 26 mai, en match comptant pour la coupe d’Afrique, la guerre du trône n’aura pas eu lieu même si un coup d’état était en passe de réussir. Le Lion ne se courba qu’à l’ultime seconde d’un match qu’il disputa sans relâche, malgré les coups et les poussettes de l’Eléphant. Le Sénégal n’a perdu que de deux points et gagné plus d’un dans sa stratégie, pourtant brouillonne mais qui a failli tourner à son avantage, n’eut été l’intervention dans le duel final, du vent, ennemi de circonstance et fumiste partisan de la défaite. Tout commença pourtant selon la règle de la loi du plus fort.
La Côte d’Ivoire conquérante d’attaque, infligea après seulement un quart d’heure un premier revers aux Lions. Sur une attaque trop près de la tanière, l’Eléphant trompa la vigilance et marqua un essai. La tentative de transformation, repoussée par le vent, mit le Lion dans le tempo et le poussa à pratiquer un jeu certes indiscipliné, mais rigoureux.
Jusqu’à la 45ème minute d’un premier duel prolongé à l’envie par l’arbitre, moment choisi par un Lion à la crinière tressée, Steeve Sargos pour tromper la vigilance dormante de suffisance de l’Eléphant.
Sénégal 3, côte d’Ivoire 5. L’espoir était permis, mais sera de courte durée. Touché dans son orgueil, l’Eléphant joua des coudes dès l’entame de la seconde période et planta un coup de trompe qui laissera longtemps groggy le roi de la savane. Silver Tian, déroutant de vélocité, planta de nouveau la balle ovale dans l’embut sénégalais et permis à Maurice Oulouda de renforcer pendant un moment le sentiment de domination du Pachyderme, membre du top 6 africain.
En face, le Sénégal dernier pays à avoir rejoint le groupe des 12 nations les plus rugbystiques du continent, mûrit son plan de conquête, en faisant le mort, mais juste en surface, puisque du fond de leurs entrailles, l’équipe des fauves coachée par Foucras, « maîtrisa mieux le ballon », poussa l’Eléphant au péché de la suffisance et planta un croc dans la trompe juste à 8 minutes de la fin du duel. Surpris par Mohamadou Diarra, qui conclut une belle phase d’attaque par un essai rageur, l’Eléphant tituba de douleur lorsque Steeve Sargos, le buteur maison réussit un coup de griffe bien portant et ramena le gap à deux points (10-12).
La Côte d’Ivoire flancha alors, et l’imprévisible pointa le bout de son nez lorsque sur une rebuffade pleine de culot, les Lions obtinrent l’occasion de porter un coup de griffe mortel. Il reste dix secondes, le Sénégal obtient une pénalité et choisit de défier le vent au lieu de tenter l’amitié avec un drop. Steeve Sargos s’avança, planta l’ovale sur le gazon, prit ses repères, ajusta ses godasses, implora d’un regard plein de concentration la complicité du vent et …rata sa tentative. Offrant ainsi à l’Eléphant, ravi de s’en sortir amoché mais pas mort, la chance d’esquisser un sourire victorieux de seulement deux points (10-12). La hiérarchie fut hélas encore respectée.
Les Jambaars plient devant les Tigres Les Jambaars ont beau fait montre de leur bravoure, les Tigres ont pris le dessus lors de la finale du championnat du Sénégal de rugby jouée le 21 avril dernier. Même s’ils ont été les premiers à trouver l’embut adverse, les protégés de Adama Bakhoum se feront rejoindre puis dépasser à la pause lors d’un match haut en couleur et en suspense (14-10). Alors qu’on s’attendait à un sursaut de leur part, Baba Counta Faye et compagnie ont vu leur enthousiasme s’étioler avec le réalisme des Tigres, qui, non contents de bien gérer leur avance, profitèrent des lignes dégarnies pour corser le score d’une pénalité et remporter leur troisième bouclier.
Les Charognards, qui rodaient autour de la carcasse des Jambaars, défaits lors de la finale du championnat face aux Tigres, ont mordu leurs ailes le 26 mai dernier en finale de la coupe du Sénégal par dix points d’écart (22-12).
Les protégés de l’entraîneur Adama Bakhoum, qui promettaient la passe de deux, ont réussi à casser les ardeurs des militaires de la BA 160, en s’imposant dès la mi-temps au tableau des marques (11-8).
Très disciplinée et solidaire dans leur jeu, l’équipe des Violets a tenu face aux coups de ruse des Charognards qui, à beau survoler la carcasse de leurs ’’proies’’, finiront par subir un revers de dix points (22-12).
Abu Beckry Kane - Photos : www.kamikazz-photo.com