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7 août 2010
Si commémorer le cinquantenaire de l’indépendance du Sénégal est une nécessité, se souvenir des artisans de cette lutte reste un devoir. Dans le cadre de ce combat, l’épisode des porteurs de pancartes du 26 août 1958, semble être le déclic de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale. Un témoin nommé Abdoulaye Sokhna Diop, se souvient de la traque au Général De Gaule …
« Moom sa reew » (s’approprier son pays en wolof) ou « Jott sa reew » (récupérer son pays) ! voilà quelques-uns des messages inscrits sur les pancartes pour accueillir De Gaule lors de sa visite du 26 août 1958 à Dakar, selon Abdoulaye Sokhna Diop, archéologue-préhistorien, écomuséologue, expert-consultant culturel, à l’époque jeune collégien de 18 ans.
Bien organisés pour brandir ce qui prenait des allures de slogans tout au long de l’autoroute Patte d’oie-Dakar, les partisans de Madia Diop, Majmoute Diop, Assane Seck, Abdoulaye Ly… ayant appris un éventuel changement de l’itinéraire du cortège, scindent leur groupe en deux : c’est le début de la traque à De Gaule. Les uns restent sur place, alors que les autres parmi lesquels notre témoin, M. Diop, se positionnent sur la route de la Corniche Est à proximité du village artisanal de Soumbédioune…
Une fois à la hauteur du cimetière de la Médina, De Gaule, très enthousiaste devant la « téranga » sénégalaise et levant les bras vers le ciel comme savent si bien le faire les hommes forts du pouvoir, voit ses poches transformées en boîtes aux lettres. Les jeunes manifestants lui glissent les tracts sur lesquels on pouvait lire « Moom sa reew » ou « Jott sa reew », pour s’assurer que le message est arrivé à destination même si le premier des Français ignore la langue de Kocc Barma.
Cinquante ans après cet incident qui a été le déclic de l’accession du Sénégal à la souveraineté internationale, le peuple continue de renouveler ses hommages à ces artisans de l’indépendance, qui plus que politique, avait d’ores et déjà un accent linguistique…
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You Chinou