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Art et culture

Duggy Tee : Du breakdance à "Nguem"

Amadou Barry a vu le jour un 26 mai quelque part dans l’univers (selon ses dires…) Papa étant naviguant pour Air Afrique, ce gémeaux sensible et généreux grandit entre la France et la Côte d’Ivoire avant que la famille ne rentre définitivement au pays. Là, le petit Amadou fréquente plusieurs écoles, Maristes, St Pierre, Delafosse, Blaise Diagne, Yalla Suur en. Il ne passera pas le BAC cause de l’année blanche et entame ce qu’il qualifie de « Masters en Hip Hop ». Nous sommes en 83, Amadou Barry s’institue officiellement danseur de breakdance. Pour le plaisir de la danse celui qu’on appelle alors « turbo » lance des défis aux plus grands breakdancers de la capitale et les « battles » se succèdent.

Partagez cette page Publié le 1er août 2005 | 0 commentaire

C’est en 89 qu’il commence à rapper pour le plaisir avec son cousin Aménophis qui l’initie d’ailleurs à la civilisation égyptienne et à la nubian spirit. A eux deux ils montent un groupe, « King MC’s » et font plusieurs podiums dans les écoles tout en se produisant au Sahel. Parallèlement, à l’autre bout de Dakar « Syndicate » le groupe d’un jeune rappeur connu sous le noms Didier Awadi défonce également pour se faire une place sur la scène sénégalaise. Entre « King MC’s » et « Syndicate », c’est la guéguerre par mic interposé. Un soir de 90, Dans le bus Sotrac qui le ramène chez lui, Amadou Barry-turbo croise Didier Awadi qui l’invite à son anniversaire ! Quelques freestyle plus tard, la hache de guerre est enterrée et toutes ces individualités décident d’unir leur voix et leur feeling. De 90 à 2002, De « Boul Falé » à « Golden Diamonds – Run Cool » la paire « Awadi – Duggy Tee » connaîtra le succès national et international que l’on sait. Des centaines de concerts à travers toute la planète… PBS « Positive Black Soul », influencé par des groupes comme « Public Enemy » ou des grandes figures comme Malcom X se bat pour une meilleure image du continent noir. Marre de l’association éternellement lugubre : « marché noir », « œil au beurre noir », « chat noir », « mouton noir », « travail au noir »… Mais au bout de sept albums, c’est le clash ! Manque de communication, influence négative dans et hors du groupe semeuse de zizanie… Et à l’image de NTM, de Raggasonic et de bien d’autres, la plus belle association Hip Hop du continent africain se sépare. Duggy se détourne alors quelque peu du rap, lassitude ? Dégoût ? Il s’occupe d’autres affaires et peu à peu la fougue revient, de toute façon il n’a jamais cessé de penser qu’un jour ou l’autre un album solo serait une évidence. Ainsi en mai 2005 après quelques featuring avec des rappeurs de la place, Duggy tee sort « Nguem », attendu par tous et…encensé par tous… ! Aujourd’hui l’ancien comparse de Awadi se la joue « cool and relax » dans sa villa de Liberté 6, entouré de sa mère et de ses proches, il souligne son plaisir d’écrire et de s’occuper des siens du mieux qu’il peut, dans le respect de la mémoire de son père trop tôt disparu et un album est en préparation.

3 questions à Duggy Tee

le221 : Pourquoi avoir autant attendu pour sortir cet album ?

D.T. : J’avais ce projet d’album, mais il est vrai que j’étais concentré sur beaucoup d’autres choses. Mes affaires, des activités n’ayant rien à voir avec la musique… Les différents voyages que j’ai effectués ne me permettaient pas d’être régulier en studio et puis surtout, j’ai pris mon temps.

le221 : Quelle lecture doit on faire du titre : « Nguem » du contenu de cet album et de ton style actuel ?

D.T. : « Nguem » « Fiit » « Joom », voilà la dynamique dans laquelle j’ai inscrit cet album et « Nguem » est le premier. Ce sont des vertus qu’on a toujours eu mais qui malheureusement se perdent peu à peu. Or il faut se battre pour les transmettre au nom de l’harmonie du monde de demain. Pour le contenu, il y a des morceaux comme « Wajoor » les mamans sont vénérées chez nous, j’avais envie d’en parler. « Beugeuntoo » traite du mariage forcé qui est encore une réalité dans notre pays et qui est l’histoire qu’une amie a vécu. « Kaddu Xaleyi », c’est une pensée pour les enfants… qui feront les adultes de demain et que l’on se doit d’encadrer.

Concernant mon style, mon Hip Hop est très musical, je tiens beaucoup cette musicalité. Ensuite je ne m’inscris pas dans un bad trip où je tappe sur tout ce qui bouge ou encore dans un egotrip où je parle que de mon nombril. Même si l’essence du Hip Hop est de dénoncer, je pense qu’il faut aussi savoir parler de choses belles simples et positives…

le221 : Quel regard porte tu sur le hip hop sénégalais aujourd’hui ?

D.T. : Il est clair qu’il se développe… Il y en a pour tous les goûts, les jeunes font leur son, créent leur propre structure et surtout comme Nix ou Manu de BMG, croient en ce qu’il font malgré les galères. Quant à des gens comme Fou Malad’, ils osent et c’est bien. Certains font aussi preuve de beaucoup de créativité pendant que malheureusement d’autres utilisent des termes que je considère comme trop injurieux… Aujourd’hui le côté positif c‘est qu’on est plus obligé d’aller en France ou à Londres pour enregistré un album. Le problème majeur reste cependant la distribution et donc bien sur la piraterie contre laquelle lutter est très difficile vu les réalités du pays.

Duggy et ...

L’Alternance…

Je ne suis pas en rage contre l’alternance mais je ne suis pas non plus satisfait à 100%... ! J’estime que Wade et son gouvernement se sont plus préoccupé des poules que du peuple. Poules dans le sens de cercle fermé… Par rapport à ce que chaque sénégalais était en droit d’attendre du Président Wade et de son équipe, je crois qu’il y a un gros paquet de déception ! Il fallait s’occuper du peuple… Pour qu’un pays puisse se développer, et que les personnes, quelque soit leur domaine d’activité être plus ou moins épanouies, il faut les mettre dans des conditions de vie minimales…santé, tranquillité physique et morale. Pour pouvoir s’investir dans une branche professionnelle de manière conséquente, il faut un niveau de vie, au moins décent… Du coté du Palais, j’ai l’impression qu’on considère la chose politique comme un immense échiquier où le chef à les pleins pouvoirs pour déplacer les pion comme il l’entends.

Awadi…

Même si elles doivent se donner des coups de poing, deux personnes qui font des choses ensemble doivent se parler, s’expliquer pour se comprendre… Awadi et moi étions vraiment des amis, des frères… Je crois qu’à un moment donné le business l’a emporté sur ces liens qui existaient entre nous…. Le buisiness et les « amis » dans et hors du possee…Aujourd’hui on se croise de temps à autre, parfois on s’appelle…

L’Argent…

« J’en ai gagné beaucoup à un certain moment… Mais j’en ai aussi beaucoup dépensé. Mais contrairement aux rumeurs qui circulent, je n’en ai pas claqué à tort et à travers pour mes besoins perso, non, j’ai aidé pas mal de gens… J’ai été un peu « trop bon, trop con ! » et je me suis fais arnaquer… Heureusement, il me restait tout de même quelques deniers pour mettre en route certaines choses… Aujourd’hui Alhamduliah, je m’occupe bien de ma fille, de ma mère et de ma famille, je ne me pleins pas…

L’Amour…

Si il existe une chose qui ne s’achète pas, c’est bien l’amour… C’est aussi le respect, la considération… Aujourd’hui les personnes que j’aime le plus au monde sont ma mère et ma fille… J’ai été marié à une époque et je suis assez déçu de ce mariage…Si c’était à refaire, il est clair que je prendrais davantage de précautions…Il faut dire aussi que ma femme ne me voyait pas souvent et ça ne devait pas être drôle tous les jours pour elle…


Voir en ligne : Le221, mensuel de culture et de sports au Sénégal

Juliette Bâ Ly

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