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28 septembre 2008
Il y a cinquante ans, le 28 septembre 1958, se déroulait dans les territoires des fédérations de l’Afrique occidentale française (AOF) et de l’Afrique équatoriale française (AEF) le référendum sur le projet de Constitution pour la Communauté, proposé par le général Charles de Gaulle, finalement adopté dans tous les pays à l’exception de la Guinée.
Avant de proposer son projet, finalement rendu public le 4 septembre 1958 (date marquant le début de la campagne), De Gaulle avait créé un collège consultatif chargé de la rédaction de la nouvelle Constitution, le Comité consultatif constitutionnel (CCC), dans lequel siégeaient deux Sénégalais : le député Léopold Sédar Senghor et le sénateur-maire de Dakar, Lamine Guèye.
’’Dans l’esprit du Général, les résultats du référendum confirmeront s’il y a Outre-Mer volonté d’indépendance, écrit le quotidien Paris-Dakar dans son édition du 12 août 1958. Si oui, le Gouvernement en tirera toutes les conséquences. Pour lui, les territoires veulent se fédérer avec la France ou ils veulent se détacher d’elle à leurs risques et périls.’’
Le ‘’dilemme’’ proposé par le Général de Gaulle a été aussitôt récusé par Léopold Sédar Senghor qui se battait pour une confédération relevant que la Fédération est pour le Général de Gaulle ‘’la seule formule qui réponde aux nécessités des temps modernes’’. ‘’Des ’accords particuliers’ restent possibles. Mais ils seront discutés et la Métropole pourra les récuser’’.
Lors de la rédaction du projet de Constitution, Lamine Guèye s’interroge : ‘’les départements d’Outre-Mer ne pourraient-ils choisir un statut ? Quelle sera l’étendue de la solidarité économique et financière de la Fédération ?’’
’’Le moment semble venu de nous dire si la France nous laisse tous les choix pour s’associer librement à elle. Notre ’oui’ n’aura de valeur que si nous pouvons aussi dire ’non’. Nous voulons aussi que l’Afrique qui souhaite être indépendante n’envisage que d’association avec la France, le pays de 89, de l’abolition de l’esclavage, de la Conférence de Brazzaville’’, soutient le sénateur-maire de Dakar.
Léopold Sédar Senghor aussi se demande si les Territoires d’Outre-Mer seraient consultés sur tous les titres de la Constitution, si l’Algérie — alors en guerre contre la France — pourra opter. Il s’interroge enfin sur ce que peuvent apporter les lois organiques qui définiront les organismes fédéraux.
Face à ces interpellations, Charles de Gaulle parle des ‘’devoirs de l’indépendance’’ et précise, avec fermeté, sa position : ‘’Nous allons construire un Etat fédéral moderne sur la base de l’acceptation spontanée des peuples d’Outre-Mer et de France. Bien entendu, je le comprends, on peut être séduit par l’indépendance et l’envie de la sécession. Cela impose des devoirs, cela engage des peuples. Elle comporte des dangers’’.
Dans les Territoires, le référendum crée une certaine effervescence qui se traduit par diverses prises de position pour ou contre le texte. Il provoque des dissensions. Les deux grands partis au niveau fédéral ne parviennent pas à s’entendre sur un point de vue défini.
Au Sénégal, la question provoque de profondes dissensions : l’UPS, section sénégalaise du PRA, se désagrège à cause du référendum. Après cet éclatement, le groupe le plus important garde le nom de l’UPS et soutient en principe les idées de De Gaulle. Le groupe le moins nombreux prend le nom de PRA-Sénégal. Côté social, les différents groupes prennent position majoritairement en faveur du projet.
Le 26 août 1958, à l’arrivée de De Gaulle à Dakar, les membres du PRA-Sénégal organisent une grande manifestation regroupant des étudiants de l’Union des jeunesses africaines de l’Ouest (UJAO), des syndicalistes et des partisans du PAI. Lors du rassemblement organisé Place Protet (actuelle Place de l’Indépendance), ils soulèvent des pancartes qui réclament ’’l’indépendance immédiate’’. De Gaulle leur dit de la prendre le 28 septembre.
Le référendum se déroule comme prévu le 28 septembre 1958. A l’exception de la Guinée, tous les territoires approuvent le projet qui instituait notamment une Communauté franco-africaine. Au Sénégal, sur 1 106 826 inscrits, 893 389 sont allés voter. Il y a eu 890 842 suffrages exprimés, 869 061 pour (97,4%) et 21 781 contre (statistiques publiées au Journal officiel).
> Histoire du Sénégal
> Les institutions de la République du Sénégal
Source : APS