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2 février 2009
Trente-trois ans après le sacre de Battling Siki, Idrissa Dione alias Eddy est le second Sénégalais champion d’Europe. Né le 21 juillet 1929 à Libreville, il est l’un des plus grands boxeurs du continent et une légende vivante du noble art.
À l’âge de deux ans, ses parents l’envoyaient au Sénégal où il remportait le titre de champion du Sénégal en 1946, à seulement 17 ans. Deux ans plus tard, il remportait le titre de champion de Guinée avant de rejoindre la France pour le service militaire. Il poursuivit assidûment sa passion et sera sacré champion de France avant de rejoindre l’équipe nationale amateur : il disputa 108 combats avec 90 % de réussite. Une bonne moyenne pour passer professionnel sous l’égide du légendaire Assane Diouf.
Victoires après victoires, Eddy accédait au plus haut niveau en battant des renommées de la boxe française. Le 23 novembre 1953, il battait Robert Guivarch dans la salle Wagram à Paris et s’adjuge le titre de champion de France des mi-moyens. Il entamait à la suite une carrière internationale qui l’a mené en Moyen et Extrême-Orient, en Australie, en Nouvelle-Zélande, aux Philippines et en Malaisie, avec une rançon de victoires à la clef. De retour en France, il défie le champion d’Europe anglais sur ses terres. Dans des conditions extrêmement difficiles, il arrache le titre européen à Wally Thom au stadium de Liverpool le 23 juin 1955 : « à l’issue du quinzième round dans une partie âprement disputée » se souvient-il avant de constater : « la boxe a été humanisée » pour ne pas dire modernisée.
Pour diverses raisons, il ne s’entendit pas avec les managers américains pour organiser le titre mondial avec Basilio. Le champion d’Europe reprit la route de l’Australie où il remportait d’autres victoires dont le triomphe sur le champion local Alfie Sanss. En 1958, un malheureux coup de pouce à l’oeil de l’Allemand Aloïs Drande déclencha une cataracte traumatique qui l’éloigna définitivement des rings.
Avec 73 combats pro et seulement 9 défaites, Idrissa Dione retournait au Sénégal pour gérer le poste de directeur national, à la demande de l’Etat, occupé jusqu’en 1963 par Assane Diouf, décédé. Instructeur et expert à l’AIBA, il a entraîné l’équipe d’Afrique lors des championnats du monde. Le père du Sédar de l’année 2005, Aïssa Dione, tient son gymnase au stade Iba Mar Diop. À 80 ans, il peine à renoncer à ce sport pour lequel il nourrit beaucoup de passion et espère qu’un jour, son titre de champion d’Europe sera arraché par un de ses élèves.
> Battling Siki, le premier champion du monde africain de boxe
Texte et photo récente : Alex Gaye.