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30 mai 2008
Suite au désistement du français David Greter, blessé aux entraînements, la fédération internationale de kick boxing avait désigné son compatriote Arthur Isaak comme adversaire du Sénégalais Boubacar Ndiaye dit « Kiri » pour le gala de la ceinture intercontinentale Europe/ Afrique. Le 25 mai dernier, sur le ring du stadium Marius Ndiaye, devant un public enthousiaste, « Kiri » expédie le champion de France à la quatrième reprise.
Touché à l’abdomen, le champion de France peine à poursuivre le combat prévu en 12 rounds de 2 minutes, il jette l’éponge à la faveur du Sénégal qui réalise sa seconde victoire au ko en terre sénégalaise. Mordu par l’envie de boxer, la rapidité du combat ne lui permettra d’assouvir ses talents de boxeurs, Boubacar Ndiaye raconte : « Je suis fier d’avoir accompli ça. J’avais tellement envie de boxer que je me suis rendu compte qu’au premier moment quand j’ai tapé, il avait mal au genou. Je voulais me donner à fond pour faire plaisir à mon peuple. C’est vrai que c’était un peu difficile quand il frappais, il est résistant et il a de gros os même quand on le tape on a mal. J’ai essayé de travailler sur son corps et un peu partout. Je suis vraiment content parce qu’il y avait un public chaleureux, les membres de la fédération et le ministre étaient tous présents. »
Et pourtant l’abandon se faisait sentir dès la deuxième reprise lorsque Arthur a été touché au genou mais Bouba, en sage champion, préfère laisser les choses venir d’elles-mêmes : « un ko ne se décrète pas, je sais qu’il a été touché au corps. Ce qui se passe c’est quand l’arbitre compte trois fois, il arrête le combat. Il y a des moments où le juge devait compter mais ça n’a pas été fait. Je ne comprenais pas. Comme on travaille pour ne pas se faire contrer, il fallait attendre même si j’avais vu que j’avais pris l’ascendance sur lui. Cela vient toujours au bon moment. J’ai mal avec des hématomes qui vont bientôt partir. Là, j’ai hâte de rentrer voir ma famille car ça fait trois mois que tout ceci dure : entraînement matin, midi et soir avec toute la pression à supporter, c’était vraiment dur. » Mission accompli, il savoure sa victoire en ce jour de la fête des mères où il est monté sur le ring avec une tunique en bassin avec l’effigie « merci yaye* » en hommage à sa mère décédée à la veille de son dernier combat contre le portuguais André Dasilva
En levée de rideau, la rencontre Sénégal/ Maroc a donné un plateau de trois combats dans les catégories 60 kg, 63 et 71 kg. Les deux premiers combats opposant le Sénégalais Fama Touré au marocain Abdeljabbar Elyoubi Rmich et Ibrahima Touré du Sénégal était face à Soufian Zridy du Maroc. Deux combats qui sont allés à l’avantage de la sélection marocaine victorieuse aux poings. Le combat des 71 kg a été remporté par le Sénégalais Ousseynou Ndiaye, vainqueur par abandon à la 3ème reprise du marocain Mbarak Ait Bara touché au nez.
* maman en wolof
Ministre des sports et des loisirs, Dr Bacar Dia :
« Nous avons au Sénégal deux cent licenciés alors qu’au Maroc vous en avez vingt mille. Lorsqu’on a un homme comme Boubacar, il faut créer un environnement pour qu’il fasse sortir tout ce potentiel qu’il y a dans ce pays. Je suis sur qu’il laissera le flambeau à des dizaines et des dizaines de champion. La chose que je retiens c’est le sens du patriotisme, l’envie de vaincre, la claire conscience que Boubacar a eue. Il savait qu’il y avait des millions de sénégalais derrière lui et qu’il avait l’obligation de gagner. Je me battrai pour l’amener auprès du président de la république parce que les champions du monde ont du mérite. »
Radhouane Hamoulili, entraineur de Boubacar Ndiaye :
« Il a fait une très bonne prestation en travaillant comme on lui a demandé c’est-à-dire du « low kick » qui veut dire coup de pied en haut pour le déstabiliser. Il a été vachement fair-play parce qu’à deux reprises son adversaires a été touché, il n’a pas voulu en rajouter pour le mettre au tapis. Il a voulu le boxer calment. Bouba c’est quelqu’un de gros cœur, donc il n’y avait aucune raison qu’il le descende directement. Il a préféré le laisser récupérer parce qu’il a été touché au point. Franchement, il mérite toutes ces heures et ces mois de travail consacré. »
Alex Gaye - Photos : Romuald Taylor