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1er juin 2005
On a tous déjà vu des jeunes faire des mouvements bizarres qui font penser à la lutte sur les plages, en se demandant quel sport cela pouvait être. Et bien, ce n’est rien d’autre que la capoeira, sport parti d’Afrique, grandi au Brésil et connu mondialement.
Historique
La capoeira est un sport brésilien d’origine africaine, apparu au Brésil à l’époque esclavagiste, en raison de la façon brutale dont les esclaves africains, venus principalement du golfe de guinée, du Mozambique et de l’Angola, ont été traités.
Ces esclaves arrivaient par bateaux pour travailler dans les plantations de canne à sucre. Après une longue journée de labeur, ils étaient réunis dans des habitations appelées « senzala » pour s’y reposer : c’était là qu’en cachette ils essayaient de maintenir leurs traditions. Ils avaient droit de rendre hommage à leurs saints, mais en dehors des heures de travail. Ils n’avaient pas le droit de se battre entre eux ni de s’entraîner aux sports de combats. Pour cette raison, ils utilisaient la musique et les mouvements corporels pour masquer la lutte, qui plus tard s’appellera capoeira.
Deux styles de Capoeira :
La Capoeira régionale
C’est en 1937 que le président du Brésil, Getulio Vargas, légalise la capoeira. Un maître de cette discipline, Manoël dos Reis Machado, Mestre Bimba (1900-1974) demanda et obtint l’autorisation d’ouvrir à Salvador de Bahia la première académie de capoeira sous le nom de « Lutte régionales de Bahia ». Mestre Bimba créa un style particulier, intégrant un objectif d’efficacité combattante. Plusieurs mouvements d’arts martiaux divers se mêlèrent ensuite à ceux de d’origine. Ce style a pour particularité d’être très rapide et très spectaculaire, le rythme des musiciens est vif, et l’on y retrouve les fameuses acrobaties. Ce style de capoeira est le plus connu car c’est le plus médiatisé (notamment avec le film « Only the Strong »). Mestre Bimba est également à l’origine du baptême et des changements de cordes (grade) pour les élèves.
La capoeira Angola
Mestre Pastinha (1899-1981) développa avec ses disciples le style Angola, qui attache une grande importance au « jeu du sol » et peutt être pratiqué par tous, enfants, femmes et hommes. L’Angola offre un spectacle stratégique et mental, chaque capoeiriste utilise sa spontanéité et sa ruse pour toucher ou déséquilibrer l’autre joueur. L’Angola peut être considéré comme une partie d’échecs martiale. La plupart des mouvements se jouent au sol, de façon lente et réfléchie. L’aspect du jeu est plus présent dans le style Angola que dans la capoeira régionale. Le rythme musical est lent.
La roda de capoeira
Elle sert à développer les techniques et tout le travail acquis pendant les cours. C’est ici que les capoeiristes vont jouer, danser, ruser, plaisanter ou régler leurs comptes. Tous les capoeiristes se réunissent et forment une ronde, la batteria (tous les instruments de musique) s’installe, c’est au pied du berimbau que partiront les capoeiristes deux par deux. En face de la batteria doit se trouver un petit trou , où les gens sont écartés pour laisser partir les mauvaises ondes de la roda. Les musiciens comme celui qui possède un berimbau commence une ladahinha (petite histoire chantée), puis tout le monde répond en choeur aux questions du chanteur. C’est alors que les capoeiristes peuvent se lancer dans un jeu. Cette ronde crée une énergie dont profitent les personnes qui jouent au centre. Plus l’ambiance sera chaude et intense, plus les capoeiristes se sentiront la force d’exécuter un jeu spectaculaire et rapide. Tout doit se faire au rythme de la musique que le berimbau commande.
Les instruments de musique
Le berimbau : arc musical, appartenant a la famille des cordophones, composé d’un fil métallique tendu sur un bâton de bois (arc de pie). Une calebasse sert de caisse de résonance.
L’atabaque : nom générique du tambour conique, fréquemment utilisé dans les cultes afro-brésiliens.
Le pandeiro : petit tambour sur cadre recouvert d’une fine peau et décoré de cymbalettes.
L’egogo : cloche double d’origine africaine composée de deux cloches en fer forgé.
Quelques mots clés :
Au batido : lle scorpion (équilibre sur une main, jambes écartées).
Armada : coup de pied tourné.
Ginga : élément de base de capoeira, c’est le pas de déplacement.
L’association groupo Africa de Capoeira
Il a vu le jour en octobre 1998 à la suite d’un stage de capoeira animé par Paolo Boavida (maître de capoeira à l’académie Senza de Rio de Janeiro).
Reconnu par le ministère de l’Intérieur, il est composé d’un bureau exécutif dirigé par M. Ndiaye et de membres actifs qui doivent payer 2 500 F pour leur adhésion et 1 000 F de cotisation mensuelle. Les cours ont lieu deux fois par semaine (mercredi et dimanche) à Gorée, siège de l’association, et également à l’Olympic Club.
Le groupe africain de capoeira a pour souhait de faire connaître et de diffuser la capoeira au Sénégal à travers un programme d’initiation et de formation de moniteurs. Mais, plus que tout, c’est pour eux l’occasion de faire revenir cet art sur sa terre d’origine, et le choix de l’île de Gorée comme siège symbolise « la porte du retour ».
Le programme
Le GAC (Groupe africain de capoeira ) mène depuis quatre ans un programme consistant à encadrer des enfants dans les établissements scolaires (école française et franco-sénégalaise) en animant des ateliers périscolaires qui confortent la dynamique pédagogique de la capoeira (arriver à canaliser l’énergie de l’enfant pour qu’il acquiert une certaine maîtrise et l’esprit de solidarité). Dans les années à venir, ce programme s’étendra à d’autres écoles. Le groupe réalise également un travail d’insertion sociale soutenu par l’UNICEF et par d’autres organismes, permettant à des jeunes en difficulté de renouer le dialogue. Un autre projet, mené avec l’association Via Branchie de France leur permet de recevoir des jeunes Français en difficulté pour un stage de capoeira. À Dakar, l’Empire des enfants, qui s’occupe d’enfants de la rue, bénéficie de ce programme.
Tout ce travail est placé sous l’égide du Programme mondial de capoeira lancé par le gouvernement brésilien. L’objectif du Groupe africain de capoeira est de parvenir à susciter l’intérêt des autorités et des sponsors afin de pouvoir organiser des stages à l’étranger, et surtout à Salvador de Bahia, la « Mecque » de la capoeira.
La rencontre internationale de Capoeira (du 13 au 21 juin à Gorée)
De l’Afrique au Brésil, connue dans le monde entier, la capoeira est considérée aujourd’hui comme un art afro-brésilien, malheureusement mal connu des Africains. C’est aussi pour changer cet état des choses que le Groupe africain de Capoeira et l’Association Batuk ont voulu cette rencontre. L’association Batuk, dirigée par Mme Marcia Deolivera s’occupe de revitaliser culturellement le circuit triangulaire que forment l’Afrique, l’Amérique et L’Europe en favorisant les relations sud –sud.
Le but de cette rencontre est de faire venir des capoeiristes du monde entier et de leur présenter cette Afrique qui a généré l’art qu’ils pratiquent tous. Pendant cette semaine, des ateliers animés par des artistes africains présenteront la culture africaine dans toute sa diversité (peinture, musique et danse traditionnelles). D’autres ateliers seront animés dans les écoles où la capoeira est enseignée et les enfants pourront discuter avec de grands maîtres venus du Brésil et d’ailleurs. Cette première édition sera le coup d’envoi de futures rencontres annuelles et, dès 2007, on parlera de biennale de capoeira. Le public n’est pas oublié et pourra assister à certaines démonstrations. Avec cette rencontre, le GAC fera un grand pas en faisant entrer le Sénégal dans l’agenda international de capoeira.
Eve - Frieda Bakenekhe
le221 - Danse - Arts martiaux