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26 mai 2006
Peinture et sculpture dans un cabinet d’architecte.
Mouhamadou Ndoye "Dout’s" a un thème de prédilection qu’il décline sous plusieurs angles. Ce qui l’intéresse dans sa démarche artistique c’est parler du désordre architectural.
"C’est un choix. Après mon primaire, j’ai dû aller poursuivre à Dakar mon parcours scolaire. J’étais logé chez une tante qui habitait dans un quartier populaire. J’ai été très sensible à l’ambiance et lorsqu’il a fallu choisir un thème de fin d’études pour les Beaux -Arts, c’est naturellement que j’ai choisi celui des quartiers populaires et du désordre architectural".
L’ex-major est avant tout un peintre et vit de son art. Ses tableaux, qu’il s’agisse de petits ou de grands formats, expriment ce désordre architectural qu’il chérit. Il utilise toutes sortes de matériaux. Carton ondulé, pastels, papiers journaux, linges et collages se transforment sous les doigts de Mouhamadou Ndoye en un ensemble de maisons très harmonieux bien que désordonné. " C’est beau, il y a de la lumière. Je joue sur les contrastes des couleurs et des matières. L’impression d’accumulation permet de rendre le désordre de l’habitat ".
"Je donne une lumière à la pauvreté, j’interprète ce qui se passe réellement avec ma sensibilité artistique." Critique d’une société qui a du mal à avancer, constat d’une réalité humaine dense et positive, Ndoye Dout’s est un observateur sensible.
Le monde est trop grand, trop incompréhensible. L’homme a énoncé ses peurs, les a nommés pour les affronter. Il a inventé des règles, des proverbes pour rendre plus intelligible le monde. Les mots repoussent l’abîme qui nous entoure. L’art nous y plonge.
Mamady SEYDI travaille sur cette arête. Il s’inspire de mots donnant vie à la société et le transforme en sculpture qui montre toute la fragilité, l’éphémère de toute construction humaine.
Il prend les mots et les transforme en matière. Les mots sont invisibles, il leur donne du volume, ils prennent sens sous ses doigts.
Ses sculptures naissent de proverbes Wolofs, proverbes de la vie quotidienne, de la vie en communauté, de notre comportement à l’autre, règles pour être ensemble, solidaires.
Phrases courtes sur la marche du monde, sur la faiblesse de l’être, sur l’Homme et ses chapelets de questions « celui qui ne sait plus où il va, doit retourner d’où il vient ? »
Mamady SEYDI construit, pratique une sculpture philosophique.
Ses sculptures ne sont pas une illustration des dictons, elles sont invention. A partir d’une interrogation, d’une affirmation, il multiplie les interprétations, les points de vue.
Il nous donne la place aussi, d’ouvrir nos propres histoires, de poser nos propres questions. Il nous donne à voir, l’égoïsme, la chute, la beauté, la précarité, l’amour, la férocité, la dépendance, le pouvoir écrasant, la solitude…
C’est une danse humaine où les mains se lient ou se détachent, où les corps tombent ou se rassemblent.
Les hommes et les femmes de Mamady SEYDI sont des funambules continuels : le vide est tout autour d’eux à les attendre.
Olivier Couqueberg (Directeur de l’ODDC des côtes d’Armor)
Lieu
GA2D Cabinet d’architecture, Impasse Rue A x 2, Point E - 825 89 50 - ga2d sentoo.sn
Photos : Kamikazz : http://www.kamikazz-photo.com