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2 novembre 2009
Trois femmes puissantes ce nom est sur les lèvres de tous les passionnés de lecture à Dakar. C’est le livre du moment, le livre de la rentrée, et le livre qui a valu à Marie Ndiaye le prestigieux prix Goncourt 2009.
Mais d’où vient cet engouement soudain pour cette œuvre ? Est-ce à cause du sujet de l’immigration prédominant dans son œuvre ? Ou tout simplement grâce à son style littéraire qui ne peut laisser indifférent ? Pour répondre à ce flot d’interrogations, il est impératif de se plonger dans la lecture de « Trois femmes puissantes ».
Tout doucement, au fil des pages, on essaie de pénétrer dans l’univers du premier récit… il faut de l’insistance, car le style de l’auteur est assez, disons-le..., différent.
Mais dès qu’on parvient à fusionner avec le récit, on ne peut s’arrêter.
La première partie évoque un personnage nommé Norah, né d’un père Sénégalais et d’une mère Française…. Serait-ce autobiographique ? Cette jeune femme qui a quitté le Sénégal depuis longtemps n’a gardé que très peu de souvenirs de ce pays… tout comme l’auteur qui nous a révélé n’être pas venu au Sénégal depuis 23 ans environ. Espérons que toute similitude avec le personnage s’arrête là, car le père de Norah est un être froid, sans cœur, qui fait porter à son fils un crime qu’il n’a pas commis. La deuxième partie de l’œuvre met en scène un personnage Rudy Descas, nostalgique de ses années passées au Sénégal, a du mal à refaire sa vie en France où il vit désormais avec sa femme Fanta et leur fils Djibril. La troisième histoire, celle qui clôt le livre, est la plus douloureuse avec le personnage torturé de Khady Demba.
Un goût amer et quelques larmes sont au rendez-vous lorsque les dernières lignes défilent … car après tout, où est l’espoir si la combativité et la volonté de s’en sortir ne triomphent pas ?
L’éternel débat sur l’immigration, partir ou rester…
Toutes les femmes de cette œuvre ont décidé de partir, de partir pour trouver mieux, de partir pour oublier, de partir pour reconstruire. Ne dit on pas que ceux qui restent sur place ne pourront jamais savoir s’ils seront mieux ailleurs.
Mais tout le monde a-t-il la possibilité de voyager ? Est ce à la portée de chaque individu de traverser les frontières dans le seul souci de trouver cette paix intérieure que procurent stabilité financière et vie de famille ? Non tout le monde n’y a pas droit, tout le monde n’a pas droit au bonheur, en tous cas pas sur terre. Conclusion faite à la fin de la lecture de 3 femmes puissantes.
Pourtant rester chez soi et s’en sortir auprès des siens peut tout aussi mener au bonheur… l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs.
Ils ont lu Trois femmes puissantes
Marisa : Une histoire de trois femmes dans trois sociétés différentes, une histoire forte dans un style assez inhabituel.
Le Magazine Littéraire - Jean-Baptiste Harang (Septembre 2009) : L’écriture de Ndiaye a l’excellence de dire l’indicible.
Irène : livre décevant en comparaison à ses œuvres précédentes.
Téclaire - Photos Gallimard presse étrangère.