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Art et culture / Société, reportage

Mizerables graff... un art de rue ?

Un coup d’oeil attentif aux murs de la ville suffit à s’en convaincre : l’art a conquis la rue. Depuis quelques années fleurit dans nos grandes villes une nouvelle forme d’expression communément appelée graffiti. Dans ce genre tous les styles se côtoient : dessins, textes, signatures etc. Tantôt agressifs, insolents, ironiques, amicaux, les graffitis nous interpellent et nous font partager le regard que posent ces artistes d’un genre nouveau sur la société dont ils refusent les valeurs prédigérées.

Partagez cette page Publié le 1er mars 2006 | 0 commentaire

Mizerables graff… un groupe pionnier

Leur graffitis font parler les murs des grands ensembles urbains : Dakar, Thiès, Kaolack…

C’est l’histoire de deux potes (Tonton Deep et Big Key) résidant Golf sud, (banlieue Dakaroise) et qui se découvrent depuis 1997 une passion commune pour le graffiti « l’art du pauvre » comme ils aiment à le définir.

« Au départ c’était vraiment misérable » se souvient tonton Deep « tandis que dans les métropoles occidentales ils utilisaient des bombes aérosols, nous nous utilisions du charbon de bois et à défaut d’échafaudage on se prenait à califourchon pour atteindre certaines hauteurs. Malgré ces conditions, le travail fini était satisfaisant ».

« Ceci nous a inspiré d’ailleurs pour donner le nom au groupe » précise Big Key avant d’ajouter « Notre philosophie s’inspire du péché originel car on se dit que l’homme est misérable sur terre et quelque puisse être son statut social, il est appelé à toujours se battre, se remettre en question ».

Polyvalence et talent notre « bakk* »

En fait dans le graffiti il faut distinguer :

- Les tags : signatures ou pièces en chrome noir que certains considèrent comme des agressions visuelles puisque inesthétiques, hormis quelques uns où la calligraphie est recherchée.

- Les flops et les graffs : pièces en couleur « que tout le monde peut apprécier » précise tonton Deep. Avec notre technique nous explorons toutes surfaces (murs, vêtements, voitures etc.…)

Au delà de la vie et des couleurs qu’ils donnent à nos murs amochés, les graffs représentent des oeuvres d’art pour ceux qui aiment ; alors que pour d’autres ils enlaidissent nos murs.

Toujours est-il que ces garçons sont bourrés de talent et il reste à leur trouver les moyens de donner la pleine mesure de leur créativité à travers des événements tels que des concerts, des défilés, des expos…

Le « Clash** »

Nous sommes l’incarnation de ce que la plupart des taggers essayent d’être et de faire. Nous ne faisons pas du graffiti, nous sommes une bombe, une vraie « mizérable » bombe.

* Bakk : auto glorification

** sorte de provoc dans le jargon du graffiti


Voir en ligne : Le221, mensuel de culture et de sports au Sénégal

Ibrahima Thiombane

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