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14 mai 2007
A 27 ans, « le Thiof » (l’élégant) comme il se surnomme, fait partie des propulseurs du rugby international.
Sociétaire du Rugby olympique de Grasse en pro d2, Steeve Sargos sur ses 1m83 pour 86 kilos, a beaucoup fait parler de lui lors des éliminatoires de la coupe du monde 2007. Ses exploits et ses réussites aux pénaltités, qui rappellent les coups francs au foot, ont subjugué le public sénégalais. A la veille de la Coupe d’Afrique des Nations où les lions partagent leur poule avec la Cote d’Ivoire et la Tunisie, deux géants du rugby au niveau du continent, l’objectif est quand même clair dans la tête du franco-sénégalais. Il adore les défis...
En prenant le soin de vous présenter, pouvez-vous nous rappeler votre parcours rugbystique ?
Je suis sénégalais de par mon père qui vit à Saly. Ma maman est espagnole de Malaga dans le Sud, une andalouse. J’ai décroché mon premier contrat professionnel avec le club de Mont de Marsan à l’âge de 16 ans. Au début, je ne jouais que par simple plaisir et plus je grandissais, plus le rugby s’ancrait en moi. A cause de mon mental de combattant, j’ai vite adopté ce sport. J’ai joué d’abord à Mont de Marsan en cadet, puis j’ai été repéré par Serge Blanco pour aller à Biarritz où j’ai passé six saisons inoubliables en intégrant l’équipe première en division une. Après une blessure au genou droit, j’étais obligé d’arrêter pendant sept mois et de là, je partis pour Tour en pro 2 puis Oyonnax, toujours en pro 2.
Vous avez marqué le public sénégalais par vos réussites au Drop*, avez-vous déjà joué au foot ?
Non, je n’ai jamais joué au foot. C’est vrai que c’était mon rêve de devenir footballeur professionnel mais mon destin familial et géographique en a choisi autrement. Donc, je suis arrivé à Biarritz qui est, en fait, une région de rugby et de surf. A mon jeune âge, j’ai vite pratiqué le rugby et le surf. En ce qui concerne mes coups de pied, je le dois à des heures d’entraînement tout seul. Je suis au stade une heure avant tout le monde pour m’entraîner à l’abri des regards car il est important pour moi de travailler seul pour me mettre dans les conditions de match.
Qui sont vos modèles ?
J’ai énormément d’admiration pour les deux meilleurs numéros 10 du monde, l’anglais Johnny Wilkinson et bien entendu le néo zélandais Carter La Montée.
Vous jouez cette saison avec le Rugby Olympique de Grass en pro d2, jouez-vous pour le maintien ou la montée ?
Je joue avec comme objectif de participer à la montée de mon club. Actuellement, nous sommes classés troisième et nous jouons les phases finales à partir de ce week-end (Ndlr : les 28 et 29 avril passés).
Le rugby est devenu depuis quelque temps un sport professionnel, est-ce qu’il fait bien vivre son homme ?
Le rugby me fait vivre depuis 1998.
Qu’envisagez-vous de faire si vous arrêtez de jouer au rugby ?
Je n’ai pas d’idées très précises aujourd’hui mais c’est sûr que ce sera dans le sportif ou le relationnel.
Le 10 avril passé, l’effectif des lions a été revu contre l’équipe de Castres Olympique en France où vous étiez intronisé capitaine, comment cela s’était il passé ?
Un week-end très intéressant dans le sens où ce rassemblement a permis de voir à peu près 10 à 12 nouveaux joueurs face à une équipe française de première division. Je suis très fier des jeunes qui ont rejoint cette sélection et ont défendu les couleurs des lions avec beaucoup de courage et d’envie. Personnellement, je suis fier d’avoir été élu capitaine. C’est toujours plaisant d’être leader d’une équipe et cela est encourageant pour la suite des évènements.
Parlant de la suite des événements…
(Il coupe) Coupe d’Afrique avec la Côte d’Ivoire et la Tunisie. Deux matchs de haut niveau où il va falloir être prêt pour faire une meilleure prestation que l’an dernier. La Côte d’Ivoire, on les connaît, c’est une belle équipe. On n’a jamais joué ave la Tunisie mais le Sénégal est aujourd’hui une grande équipe de l’Afrique de l’ouest. Ça va être une belle fête dans un beau stade plein et les supporters ne seront pas déçus car on a vraiment pris une autre dimension ses deux dernières années. Et nous avons surtout une revanche à prendre sur les ivoiriens qui nous ont éliminés lors des qualifications à la coupe du monde sur notre propre terrain.
Vous envisagez un jour de revenir au Sénégal pour former des jeunes au rugby ?
J’y pense sérieusement. Mais avant tout, il me reste quatre ans à jouer en haut niveau, jusqu’en 2011 qui coïncide avec la prochaine coupe du monde pour qualifier mon pays. Par la suite, je discuterai avec mes dirigeants pour voir éventuellement un projet sportif. Pourquoi pas avec la sélection ou les jeunes du pays ?
Un message en direction du public qui vous attend le 26 mai prochain ?
Ils nous manquent. On est prêt et ils ne seront pas déçus. Donc, qu’ils viennent nous encourager car on aura besoin d’eux. C’est très important pour nous (les Sénefs) et les locaux. On leur offrira la victoire, inchallah !
Alex Gaye