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25 juin 2008
La 2ème édition des Journées Culturelles de Soucoupapaye, placée sous le thème de la Consolidation de la Paix et ses acquis en Casamance, a vécu dans le faste d’activités culturelles et sportives durant tout le week-end du 6 au 8 juin 2008 à Soucoupapaye, devenu du coup la capitale régionale de la culture.
L’évènement a accueilli d’importantes délégations venues de toute la Casamance naturelle et même d’autres localités du pays. Les deux sites choisis pour abriter les différentes manifestations étaient le CEM de Soucoupapaye et le terrain de foot, pris d’assaut par une marée humaine. La soirée du vendredi au clair de lune a été un riche spectacle qui a fait le bonheur de l’assistance.
Les populations du quartier périphérique de Ziguinchor, Soucoupapaye (pourtant sans papayes), jeunes et vieux, hommes et femmes, sont déterminées à vaincre le syndrome de l’irrédentisme indépendantiste qui mine la belle région de la Casamance naturelle depuis un quart de siècle. Ils sont déterminés à ramener la paix et le sourire aux casamançais. L’histoire retiendra que la première émeute séparatiste est partie de Mangocouroto (rangées de manguiers) de Soucoupapaye, où les hommes réunis et armés de machettes, lances, flèches et autres, se sont dirigés vers la gouvernance pour s’attaquer aux symboles de la souveraineté nationale et territoriale du pays. La répression de l’Etat aux fins d’instaurer son autorité régalienne ne s’est pas faite attendre. Ainsi fut déclenchée la revendication violente et sanglante de l’indépendance par le Mouvement des Forces Démocratiques de la Casamance (Mfdc), avec à sa tête, feu Abbé Diamacoune Senghor, qui avait fait feu de tout bois !
Vingt-six ans plus tard, les populations de Soucoupapaye, tout comme celles du reste de la Casamance, lasses des « larmes des armes », entendent dorénavant reprendre le même circuit, tout en le réhabilitant. A l’origine sécessionniste, elles opposent un idéal de paix et de concorde nationale, seul gage de développement. D’où l’idée d’une caravane de paix, agitée par le Pr. Balla Moussa Daffé lors de son exposé du samedi sur le thème de la « Gestion non violente des conflits ». La caravane partira de Soucoupapaye pour sillonner toutes les contrées de la Casamance naturelle et des régions limitrophes. Point de départ de la rébellion, Soucoupapaye cherche une réhabilitation et propose comme panacée, l’expression d’une culture active et revigorée, car c’est dans les esprits qu’il faut tuer la guerre !
Cette veillée culturelle de la « Casamance au clair de lune » du vendredi semble en être une parfaite illustration et a tenu toutes ses promesses. Le public venu nombreux a été tenu en haleine jusqu’au matin par les différentes troupes artistiques et culturelles qui ont rivalisé de talents et de créativité en présentant des spectacles saisissants. De ces palpitantes prestations, on retiendra la troupe de Soucoupapaye, présentée en cinq colonnes obliques par des jeunes filles artistiquement parées, et qui s’avançaient en chœur vers le centre du cercle pour y former cinq rondes entonnant des chants si suggestifs comme « Sénégal, Rew diama la » (Sénégal, terre de paix), « Beug sa rew défaar ko » (Aimer et construire son pays), « Doucaré, icana tigna » (De grâce, ne détruis pas ton pays). Exécutant par la même occasion des sketchs poignants, pathétiques, caractéristiques de la gravité du drame, mais aussi évocateurs et révélateurs de l’impérieuse nécessité du retour définitif et imminent de la paix en Casamance. La danse des invulnérables de la troupe de Baïla, venue de Bignona, la danse ékonkone de la troupe de Diembéring « Aux fromagers géants » et le groupe Rfi (Rythme Folklorique Intégré) ont fait un tabac !
« C’est ça la Casamance véritable, la Casamance que nous avons connue », a lancé avec émotion un sexagénaire visiblement comblé d’avoir revisité son passé édénique !
André Mendy (correspondant à Ziguinchor)