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Économie, environnement / Transport

Carburants toxiques au Sénégal : vers des contrôles de qualité renforcés ?

Le rapport Dirty Diesel, publié par l’association suisse Public Eye début septembre 2016, mentionne le Sénégal parmi les pays où certaines sociétés suisses distribuent du carburant toxique. Les réactions se multiplient pour demander un contrôle de qualité renforcé.

Partagez cette page Publié le 19 septembre 2016 | 1 commentaire

Dans ce rapport, l’association Public Eye, qui lutte pour le respect des droits humains depuis plus de cinquante ans, a dénoncé le fait que des négociants en matières premières produisent, livrent et vendent an Afrique des carburants à haute teneur en souffre, ce qui est interdit en Europe.

C’est la première fois que le rôle des négociants suisses dans le secteur des carburants en Afrique, où ils ont acquis de larges réseaux de stations-service, est pointé, notamment, pour l’Afrique de l’Ouest, Vitol, Trafigura ou Addax & Oryx. Dans huit pays, dont le Sénégal, Public Eye a prélevé des échantillons, à la pompe. Les analyses ont révélées jusqu’à 378 fois plus de soufre que la teneur autorisée en Europe, ainsi que la présence d’autres substances très nocives, comme du benzène et des aromatiques polycycliques, à des niveaux également interdits par les normes européennes. Plus de deux tiers des échantillons contiennent un taux de soufre supérieur à 1 500 parties par million (ppm), avec une pointe à 3 780 ppm au Mali.

Ces carburants sont donc extrêmement nocifs, alors que sur le continent africain, les maladies respiratoires sont déjà un problème majeur. Selon une étude récente de l’OMS, qui a classifié depuis plusieurs années comme cancérogènes les gaz d’échappement du diesel, la population africaine est victime de la plus forte augmentation de la pollution de l’air en zone urbaine au niveau mondial.

D’après Public Eye, ces négociants suisses vendent et fabriquent ces carburants toxiques en mélangeant divers produits pétroliers semi-finis à d’autres substances pétrochimiques, principalement depuis la zone ARA (Amsterdam-Rotterdam-Anvers) où ils disposent d’importantes raffineries et d’entrepôts. Une industrie morbide appelée « la qualité africaine » ( !), pour des carburants impossibles à vendre en Europe. Ainsi certains pays d’Afrique de l’Ouest, qui exportent vers l’Europe du pétrole brut d’excellente qualité, reçoivent en retour des carburants toxiques qui contribuent fortement la pollution dans les villes africaines.

Dans sa conclusion, Public Eye souligne que les gouvernements africains devraient adopter des standards plus stricts, et que les négociants doivent respecter les droits humains, comme l’exigent les Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, adoptés en 2011.

Public Eye fait actuellement circuler une pétition avec ses partenaires africains, pour demander à Trafigura, négociant suisse, de ne vendre que des carburants conformes au standard européens partout dans le monde. Fin septembre, Public Eye et des organisations de la société civile en Afrique de l’Ouest comptent envoyer un conteneur rempli de l’air pollué de la capitale ghanéenne, Accra, au siège de la société à Genève.

> Rapport Dirty Diesel

Réactions au Sénégal

La société VITOL, négociant suisse dont le carburant est distribué par Vivo Energy (Shell) est pointée à plusieurs reprises dans le rapport, quand au taux de souffre, et de benzène, entre autre, largement au-dessus des moyennes européennes, dans le prélèvements effectués par Public Eye. Vivo Energy Sénégal, dans un communiqué transmis le 16 septembre au soir aux médias sénégalais, affirme que « les produits Shell distribués au Sénégal bénéficient des dernières innovations pour proposer les meilleurs carburants sur le marché sénégalais », et sont « testés sur toute la chaîne d’approvisionnement ».

Toujours en réaction à ce rapport, l’Association des consommateurs du Sénégal (ASCOSEN) a demandé à l’Etat du Sénégal de prendre ses responsabilités face à ce cas « extrêmement grave ». Son président, Momar Ndao, a demandé aux autorités « de prendre des échantillons des stocks de carburant disponible au Sénégal afin de les examiner pour voir s’ils respectent le décret sur les dispositions légales ». Il a estimé que l’Etat gagnerait à mieux contrôler les importations d’hydrocarbure au Sénégal pour éviter une catastrophe sanitaire.

De son côté, le Comité national des hydrocarbures (CNH) a assuré que le Sénégal a mis en place un dispositif législatif et réglementaire pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en produits pétroliers et le respect des normes de qualité.

D’après la législation actuelle, les importations d’hydrocarbure doivent être autorisées par le ministère de l’Energie. Les produits sont censés être contrôlés systématiquement à leur arrivée par des organismes agréés pour attester qu’ils sont conformes aux spécifications locales (cf. décret n°2014-961). Le Comité national des hydrocarbures a déclaré dans un communiqué de presse publié samedi 17 septembre que la SAR, Société africaine de raffinage, qui a plus de 60 % de parts de marché, effectue rigoureusement ces contrôles dans le respect des procédures d’un laboratoire accrédité.

Depuis 2009, suite aux incidents de Trafigura en Côte d’Ivoire au problème de mauvaise qualité du fuel de Senelec, l’Etat du Sénégal a revu ses normes et le dispositif de contrôle. Un dispositif législatif et réglementaire a été mis en place pour garantir la sécurité de l’approvisionnement en produits pétroliers et le respect des normes de qualité (décret 2014-961 du 04 août 2014 fixant les spécifications applicables aux hydrocarbures raffinés au Sénégal, qui s’appuient sur des normes nationales et internationales). La SAR, ainsi que tous les importateurs d’hydrocarbure, ont l’obligation de procéder au contrôle qualité des produits raffinés sur place ou importés avant leur mise en dépôt.

La SAR a d’ailleurs affirmé catégoriquement, le 16 septembre dernier, par la voix de son directeur commercial Cheikh Tidiane Mbodj : « Il n’y a pas de carburant toxique au Sénégal (…) les carburants vendus au Sénégal respectent la réglementation locale ». Interrogé par la Rfm, M. Mbodj a expliqué qu’il y a «  juste une différence de 0,5 et non pas 1000 entre les normes européennes et africaines en matière de carburant ».

Mais pourquoi les normes sont-elles différentes sur le continent africain ?
Pour le CNH, le rapport de Public Eye « met plutôt en avant le décalage entre les normes occidentales et celles africaines qui sont moins contraignantes ». D’après le CNH, "l’adaptation aux nouvelles normes requiert des investissements très lourds et qui aboutissent souvent à la fermeture de plusieurs raffineries dans le monde. Aucune raffinerie de l’Afrique de l’Ouest ne peut satisfaire pour le moment aux prescriptions européennes  ». L’ARA (Association des raffineries africaines) et la Cedeao travaillent de leur côté à faire évoluer les normes africaines vers les standards internationaux (AFRI-4 vers 2020 et AFRI-5 vers 2030).

La SAR a informé que des tests seront faits dans les prochains jours au niveau des stations de carburant « pour démontrer que l’essence et le gasoil vendus au Sénégal obéissent bel et bien aux normes  ».

La population a effectivement besoin d‘être rassurée.

  • Public Eye site web : https://www.publiceye.ch/fr/
  • Comité national des Hydrocarbures : Ministère de l’Energie et du développement des Energies renouvelables (MEDER). 5, Avenue Carde - BP 25250- 33 889 72 58
  • Ministère de l’Energie et du développement des Energies renouvelables - Allées Papa Gueye FALL - BP 4021 – Dakar - 33 823 56 04- http://www.gouv.sn/spip.php?article201

Laure Malécot. Sources : ADS – Public Eye - Ministère de l’Energie et du développement des Energies renouvelables

Messages

  • sn

    je ne sais pas à quelle période le prélèvement du carburant de shell a été fait je suis technicien en automobile depuis 08 j’exerce je sais que toutes les voitures qui ont eu des problèmes de pollution ou d’injecteurs ce n’est pas avec le carburant de shell ou leurs huiles ce remarque je le fait jusqu’à présent et d’autres mécano vous le confirmeront j’en suis sure et taximan et conducteurs particuliers aussi , je pense que c’est une guerre planifiée au plus au niveau inimaginable pour nuire mais nous consommateurs et technicien connaissons les bons et mauvais carburants ici au Sénégal donc n’essayez pas de déstabilisez nos autorités et ceux qui font le contrôle des carburants ils sont crédibles la ,france ne peut pas tout avoir ici c’est libéralisme et la qualité de produit et de service qui priment .bonne concurrence loyale svp.attention ne mordez pas l’hamaçon de cette guerre de leaders de stations de carburants .merci

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