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Économie, environnement

Déforestation au sud du Sénégal : le « bois du sang » officiellement protégé

Il y avait les « diamants du sang » du temps de la guerre en Sierra Leone. Il y a maintenant le « bois du sang » connu sous le nom « kosso » en Chine, ou bois de vène sous nos cieux.

Partagez cette page Publié le 2 mars 2016 | 0 commentaire

Le Sénégal a obtenu que les populations de Pterocarpus erinaceus (le vène) soient classées dans l’annexe III de la liste couverte par la Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction (CITES). Une nouvelle tentative de ralentir la coupe abusive des forêts de ce bois en Casamance qui transite par la Gambie pour être vendu en Asie et principalement en Chine.

L’inscription du bois de vène ou kosso pour ne pas dire « bois du sang » dans l’annexe III de la Cites a été proposée par le Sénégal et soutenu par d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, comme une mesure nécessaire pour aider à arrêter la coupe abusive et la contrebande illégale de ce bois précieux et protégé.

Malheureusement, la crise casamançaise a favorisé une économie criminelle et la contrebande. Ce qui fait le lit de la coupe du bois de vène par des individus souvent couverts par les groupes armés opérant dans les forêts du sud du Sénégal, mais aussi, par la corruption de certains agents de l’État et les autorités gambiennes. Selon un rapport de l’Environmental Investigation Agency (Eia) publié l’année dernière, les espèces de bois de rose comme le vène sont même appelés les « bois du sang » en raison des liens intrinsèques entre leur pillage et l’économie criminelle liée à des soulèvements ou des mouvements armés.

A noter que l’inscription du bois de vène ou kosso à l’annexe III du CITES qui prendra effet le 9 mai prochain permettra, dès lors, d’exiger que tout chargement pour l’exportation de ce bois soit obligatoirement accompagné de documents CITES. Mais surtout, cette avancée signifie que le Sénégal pourra exiger la preuve de l’origine légale des chargements vers la Chine et d’autres pays consommateurs du bois pillé chez nous. Ce qui a pour effet de dissuader les trafiquants et d’engager les autorités chinoises dans ce combat de la conservation.

Moctar Ficou / VivAfrik

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