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Entretiens et portraits

Dr Marie Dialo, pharmacienne d’industrie : « Développer le pays en créant les ressources »

Son combat pour le bien être et l’autonomisation économique de la femme africaine en fait une porte-parole de choix pour le plaidoyer féminin. C’est dans ce cadre que le Dr Marie Dialo a été parmi les femmes qui se sont faites entendre lors de la dernière Cop 22 au Maroc. Un combat de longue date qu’elle mène à travers son travail.

Partagez cette page Publié le 25 avril 2017 | 1 commentaire

Parlez-nous de la COP 22 qui a eu lieu en novembre dernier à Marrakech au Maroc

C’est à la suite de la COP21 de Paris, qui avait été une Cop de recommandations. C’est pourquoi le sujet de cette Cop22 était l’action. Il s’agissait aujourd’hui de dérouler des plans d’action, de donner des directives d’actions, pour que tout ce qui avait été retenu soit effectif. La Cop22 était très importante, surtout pour les femmes parce que c’était la première fois qu’elles avaient leur mot à dire. A la Cop de Paris, ils avaient parlé du genre mais sans avoir invité les femmes pour autant.

Cette fois, c’est à l’initiative des marocaines, qui sont des femmes engagées, qu’elles ont été invitées. A travers leur association, elles ont exprimé leur désir de vouloir exister. Et pour nous les femmes, c’était important d’avoir enfin la parole. Elles ont mis sur pied un concept qui s’appelait « We act » qui veut dire women act. Des femmes qui étaient représentées avaient droit à la parole. Il y avait une partie institutionnelle avec les grands chefs d’Etats, et la partie société civile. J’ai donc été invitée pour représenter les femmes du Sénégal.

Quel résumé faites-vous de cette rencontre ?

C’était une belle rencontre planétaire où il y avait un peu tout le monde. L’on m’avait demandé de parler de l’importance de la femme dans le thème (We act). Il fallait que je parle un peu de ce que j’avais déjà fait (par exemple : former la filière karité depuis 1998 au Sénégal, Mali, Burkina et Benin), j’ai aussi beaucoup agi dans le cadre du renforcement de capacités économique des femmes. Mon discours lors de cette Cop22 était que nous les femmes, nous montrons notre existence à travers nos capacités.

Qu’est-ce qui vous a marqué pendant cette Cop22 ?

Dans cette rencontre, j’ai découvert que partout dans le monde, les femmes travaillent et sont engagées, mais surtout qu’elles ont droit au chapitre. J’ai rencontré des femmes du Congo, du Cameroun, qui ont fait des choses extraordinaires. Je salue leur dynamisme, car elles ont été prévenues de leur participation seulement au mois de septembre, alors que la rencontre avait lieu en novembre. Donc, imaginez qu’en trois mois, elles ont pu canaliser toute cette force africaine. Elles ont pu avoir quelques sponsors qui les ont aidés.

C’est vrai que je connais bien le Maroc, mais je n’avais pas encore rencontré le grand milieu intellectuel des femmes de ce pays. Nous avons échangé et fait un gros travail à l’issu duquel il a été décidé de faire une déclaration d’engagement de la femme dans cette affaire-là. C’est ainsi que nous avons décidé de créer un réseau, une plateforme qui va regrouper toutes les femmes de l’Afrique qui veulent s’inscrire et qui se sentent concernées (qu’elles soient dans les structures formalisées ou informelles), pour que nous puissions échanger, devenir une force, c’est ce que l’on appelle l’Employment. Nous pourrons avoir un plaidoyer et faire du lobbying.

Quel est votre travail ?

Je suis une pharmacienne d’industrie. Les aliments que nous avons à notre portée peuvent servir dans plusieurs domaines. D’ailleurs la grosse tendance aujourd’hui est l’utilisation du moringa, du souché, du soump, que nous avons sur place. Et la demande est tellement grande que je m’y suis engouffrée.

Je produits des nutriments, des compléments alimentaires, des produits cosmétiques. J’ai mis en place un concept qui m’a d’ailleurs valu un prix lors de Rio 20, qui permet de se nourrir, se soigner et s’embellir avec les mêmes plantes. Ce concept entre le sens de l’autonomisation de la femme africaine. Il faut qu’aujourd’hui avec ce que nous produisons, que nous puissions nous nourrir et nous soigner.

Quelle est l’actualité des laboratoires Marie Diallo ?
Je dois avouer que ma participation à la Cop22 m’a conforté dans le travail que je fais. Comme nous avons gagné le prix de l’innovation et de l’esprit d’entreprise, c’est le moment de le renforcer. C’est ce que j’essaye de faire. Avec beaucoup de difficultés parce qu’aujourd’hui les pme sénégalaises, sont plutôt des tpe (très petites entreprises).

Nous avons besoin que l’Etat nous encadre, mais malheureusement, malgré toute cette politique de développement, nous n’en profitons pas vraiment. Nous payons les mêmes taxes, nous sommes prises en étau avec toutes ces taxes qui sont les mêmes que celles données aux grandes entreprises.

Et au niveau de l’exportation des produits ?

C’est très difficile d’exporter nos produits, surtout en Europe. Ils nous exigent tellement de systèmes d’analyses et de pointe, qu’il n’y aura que deux sur cent structures sénégalaises qui pourront y arriver. Alors qu’eux sont censés être à la pointe de la technologie, et ils nous bombardent de tout. Le marché n’est pas du tout concurrentiel. Malgré tout nous continuons de nous battre.

Mais il faut que ça cesse. Si le Sénégal aujourd’hui, veut développer l’industrialisation comme l’a décrit le gouvernement, alors le Sénégal émergent ne peut pas se faire sans les entreprises sénégalaises, et les petites entreprises. Parce que c’est nous qui allons le développer en créant des ressources.

Marie Dialo Laboratoires
196, Quartier 10e ex-RIOM, Thiès
Tél. : (221) 33 951 64 36 / 77 659 98 10

Voir en ligne : http://www.mariedialo.com

Eva Rassoul

Messages

  • sn

    je suis d accord avec vous cependant la création de ressources doit être en parfaite équilibre avec la consommation c a d le marche alors que le marche européen n a pas confiance a nos produits africains et que le marche africain est inonde de produits très compétitifs en valeur donc il faut une politique de création de marche ,de consommateurs pour un developpement durable des pays africains

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