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Économie, environnement / Entretiens et portraits

« Eau et environnement » concours 2017 : et le gagnant est… Idrissa Sané, journaliste au Soleil

Ces dernières années, le coté négatif de l’impact humain sur l’environnement impose des sommets à tout va et des initiatives tels le concours « Eau et environnement »* dont c’est la quatrième édition. Le journaliste sénégalais Idrissa Sané a été primé pour l’article : « Aire marine protégée du Bamboung : la conservation fait revivre pêcheurs et mareyeurs ».

Partagez cette page Publié le 17 octobre 2017 | 0 commentaire

Les scientifiques ont aussi établi une corrélation entre l’émergence ou la réémergence de certaines maladies avec la dégradation de notre environnement

Que représente l’environnement pour vous ?

L’environnement, c’est la base de tout. La dégradation de l’environnement entraine la perte de la biodiversité, l’érosion de la fertilité des sols avec comme conséquence la chute de la production agricole avec comme corolaire la crise alimentaire, la famine... Aujourd’hui avec les changements climatiques, des incertitudes planent sur des secteurs clés de l’économie sénégalaise. Les scientifiques ont aussi établi une corrélation entre l’émergence ou la réémergence de certaines maladies avec la dégradation de notre environnement. Ce sont autant d’éléments qui expliquent mon engagement.

Pourquoi le choix de vous spécialiser en ce domaine ?

Après le diplôme en journalisme obtenu au CESTI de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) et une maîtrise en communication décrochée, je me disais que pour bien traiter ces questions, il fallait maîtriser les concepts, les problématiques. C’est pour cela je me suis présenté au concours d’entrée à l’Institut des Sciences de l’Environnement de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar pour faire deux ans de formation. A l’issue, j’ai obtenu un Master II en sciences de l’environnement.

Chacun dans son coin, quel que soit son domaine d’intervention doit apporter sa contribution à la préservation de nos écosystèmes

Que représente ce prix pour vous ?

C’est un effort qui a été récompensé. Mais cela nous pousse davantage à faire plus et mieux. Cela fait toujours plaisir de recevoir une distinction des organismes internationaux qui sont dans la préservation de l’environnement. Chacun dans son coin, quel que soit son domaine d’intervention doit apporter sa contribution à la préservation de nos écosystèmes. Les changements climatiques nous imposent un engagement pour sauver notre planète.

Vous y attendiez vous ?

J’étais confiant parce que le sujet que j’ai abordé était original. Mais en plus de cela, j’ai cité plusieurs sources et des études des chercheurs. Mais il faudra surtout retenir le genre journalistique de la rédaction de cet article. J’ai essayé de me conformer aux règles du reportage au sens classique du terme.

« Au Sénégal, tous reconnaissent que la presse est dans la précarité »

Selon votre propre expérience, au Sénégal, les reporters sont-ils mis dans les meilleures conditions pour effectuer des reportages fouillés et de qualité ?

Non ! Au Sénégal, tous reconnaissent que la presse est dans la précarité. Il n’y a pas de moyens qui permettent aux reporters de se consacrer pendant des jours à réaliser des enquêtes ou à se rendre dans des localités éloignées de Dakar pour des reportages. L’environnement économique est défavorable à une production atemporelle des contenus médiatiques au Sénégal. Qu’est-ce qui se passe le plus souvent ? Les journalistes se consacrent à relayer des séminaires, des ateliers, et autres manifestations plutôt que faire des reportages. L’autre facteur, c’est l’insuffisance de bras dans des rédactions. Il y a une surcharge de travail qui ne milite pas en faveur de la production de qualité. Il y a une pression sur les journalistes. Lorsque je lis les articles publiés dans années 86, 96, jusqu’en 2000, j’ai l’impression de ces articles sont de loin, meilleurs que les productions actuelles des médias au Sénégal. Aujourd’hui, il y a un effritement de la crédibilité du contenu médiatique au Sénégal.

Au cours de vos divers reportages, quel fait, et/ou personne vous a le plus ému et/ ou marqué ?

Plusieurs personnes m’ont marqué. Mais j’ai en mémoire, une fille qui a sauté sur une mine en Casamance alors qu’elle n’avait que 5 ans. C’est la plus jeune des victimes des mines en Casamance. Elle est devenue adulte et tente de reconstruire sa vie.

Quel est votre prochain sujet de reportage ?

Le prochain sujet de reportage que je compte faire n’a rien à voir avec l’environnement. Je viens de perdre une camarade de la même promotion à l’Institut des Sciences de l’environnement parce que tout simplement il n’y avait pas de donneurs de sang du groupe 0 positif pour sauver sa vie. C’était une étudiante promue à une belle carrière qui est morte à la fleur de l’âge. Je me suis dit qu’il faut sensibiliser afin qu’il y ait un bon stock de sang pour ces groupes sanguins très rares au Sénégal. C’est un grand problème.

*Mis en place par « Le Programme Afrique Centrale et Occidentale de l’Union Internationale de Conservation de la Nature (UICN/PACO) dans le cadre de son programme « Partenariat pour la gouvernance environnementale en Afrique de l’Ouest (PAGE) », en collaboration avec le Partenariat Régional de l’Eau de l’Afrique de l’Ouest (GWP/AO) et le Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine en Afrique de l’Ouest (PRCM) »

Le Prix : Idrissa Sané et les 3 autres gagnants sont invités au Forum régional marin de l’organisme Partenariat Régional pour la Conservation de la zone côtière et Marine en Afrique de l’Ouest qui se tiendra du 23 au 27 octobre 2017 à Conakry en Guinée. Le thème retenu cette année est : « Investissons dans la résilience côtière pour un avenir prospère en Afrique de l’Ouest »

Irène Idrisse

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