Menu

Accueil / Découvrir / Culture, artisanat, loisirs / La cordonnerie sénégalaise : un métier, deux visages

Reportage

La cordonnerie sénégalaise : un métier, deux visages

Pendant que les conservateurs restent dans le style classique, certains jeunes visionnaires ne cessent de repousser leurs limites avec de nouveaux produits alliant modernité et traditionnel, luxe et sobriété. Zoom sur un métier qui refuse de se laisser enterrer par l’industrie de masse et les chinoiseries.

Partagez cette page Publié le 17 mars 2017 | 1 commentaire

Il y a longtemps, très très longtemps, les cordonniers sénégalais avaient le sourire aux lèvres car le marché de la chaussure locale était prospère. Mais aujourd’hui, ils sont nombreux à faire grise mine devant la rareté des clients.

La cordonnerie classique

les classiques

La cordonnerie au Sénégal est un héritage qui passe de générations en générations. Pour de nombreux artisans, c’est une activité qu’ils ont hérité de leurs parents, un savoir-faire qui leur a été transmis et qui est dans la famille depuis des générations. C’est le cas de Mor Seye, jeune cordonnier de 25 ans.

Le métier, il l’a appris de son père qui a ouvert son atelier à Yoff en 1978. Il grandit entouré de semelles, pots de colles et de cuir. Aujourd’hui, c’est lui qui assure la relève et confectionne les chaussures avec deux apprentis. Mor n’essaye pas trop de dévier des modèles classiques de son père. Comme de nombreux cordonniers locaux, il fait surtout des malakiss et des babouches. La seule touche de jeunesse ici, c’est une paire de claquette que les jeunes gens apprécient.

Même constat au marché Tilène où se trouve le gros des ateliers de cordonnerie. On dirait des boutiques jumelles où les copies se ressemblent toutes. Un cuir de piètre qualité, des finitions pas du tout finies, des semelles fragiles, et du matériel désuet, tel est le visage de certains ateliers. Le cuir est acheté entre 5 000 et 7 000 FCFA le kilo. Une paire de babouches classique vous revient à 3 000 FCFA ou 7 000 FCFA, et ne vivra que le temps d’une saison, ou encore qui se décollera à peine vous avez fait 500 m. Frilosité ou manque d’imagination, une grande partie des cordonniers se complaisent dans les modèles classiques qu’ils ont trouvés en rejoignant le secteur, laissant ainsi leur échapper une clientèle qui demande toujours plus et veut de la créativité.

Les nouvelles tendances

Ils sont designers, cordonniers, stylistes ou autres, et ont décidé de travailler dans la chaussure. Fini le temps où les seules modèles de chaussures locales qui étaient disponibles n’étaient que des malakiss ou des sandales classiques. Aujourd’hui, la chaussure sénégalaise veut prendre d’autres couleurs et d’autres formes. Mocassins, bottines, escarpins, mules… En cuir, en tissus pagne, en daim, les artisans s’alignent sur la vague du moment et s’ouvrent à d’autres marchés et clientèles.

chaussure design

Le designer Momo le bottier est devenu la Louboutin de la capitale avec ses créations. Dans son show room, une multitude de choix. Sur mesure (surtout) ou en prêt-à-porter, la chaussure de Momo flirte avec la qualité internationale. Escarpins, mules, bottes, mocassins, le jeune artisan s’emploie à ne proposer que des produits de qualité. Ici les prix vont de 10 000 FCFA à 300 000 FCFA, et même parfois plus.

Quand le jeune homme reprend l’affaire familiale en 2014, il a déjà une vision moderne de l’orientation qu’il veut donner à son héritage. Il dessine lui-même ses modèles, revisite ceux qui existent déjà en y ajoutant une touche personnelle. Cuir de reptiles, cuir imprimé, tissus wax, la matière première est choisie avec soin. Ces nouveaux visages de la chaussure sénégalais exporte en Europe, aux Etats-Unis et participent à de nombreux fashion shows.

Un marché en dents de scie

momo le bottier

Si à une certaine époque le marché de la chaussure locale était prospère, aujourd’hui les cordonniers pour la plupart tirent le diable par la queue 10 mois sur 12. Les pics des ventes explosent seulement au moment des fêtes de Tabaski et Korité. Les autres jours, les clients se comptent un peu sur le bout des doigts. Le plus gros de la clientèle est sénégalaise, viennent ensuite les revendeurs de la sous région et les touristes. Peu de fabricants vendent plus de 5 paires de chaussures par jour dans leurs ateliers. La faute parfois à la qualité du cuir qui n’est pas de premier choix. Ou encore à une finition qui laisse parfois à désirer.

Les plus chanceux dans ce métier aujourd’hui sont les cordonniers qui se sont lancé dans la fabrication de chaussures à la mode dans leurs ateliers. Ils sont jeunes, ils ont de la créativité et l’ambition de concurrencer les grandes marques de chaussures internationales. Chez ces derniers, les chaussures se vendent sur commande. La clientèle est surtout étrangère et ne rechigne pas casquer pour s’offrir un modèle comme ceux que l’on voit sur les tapis rouges de grands évènements.

Quelques contacts

  • Momo le bottier, Sodida : 33 824 85 99 / 77 766 63 47 - Facebook : momo le bottier
  • Atelier Serigne Fallou, Yoff : 76 741 85 67
  • Khadim Thiam : 77 401 58 87

Eva Rassoul

  • bottes de momo
  • chaussures homme momo
  • claquettes
  • cuir de croco
  • machine pour gratter les semelles
  • made in senegal
  • momo 1
  • sandales design
  • sandales hommes
  • style classique
  • tiakhak

Messages

  • cd

    Filicitation c’est magnifique ,je suis aussi cordonnier nous avons les problème de cuirs

    Répondre

    modération a priori

    Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

    Qui êtes-vous ?
    Votre message
    • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

À la une

  • "Road movie" au Sénégal oriental

    « Road movie » au Sénégal oriental

ACTUALITÉS

  • Quels sont les touristes préférés des hôteliers sénégalais ?
    Quels sont les touristes préférés des hôteliers sénégalais ?
  • Aisha Deme : l'amazone de la culture
    Aisha Deme : l’amazone de la culture
  • Transport aérien : en 2018, le ciel africain sera libéralisé
    Transport aérien : en 2018, le ciel africain sera libéralisé
  • Modou Diouf raconte sa verte et riche Casamance
    Modou Diouf raconte sa verte et riche Casamance
  • Décès d'Abdoul Aziz Boye : Ciné banlieue et Ciné UCAD sont orphelins
    Décès d’Abdoul Aziz Boye : Ciné banlieue et Ciné UCAD sont orphelins
  • Navette Dem Dikk Dakar-AIBD : les tarifs et les horaires
    Navette Dem Dikk Dakar-AIBD : les tarifs et les horaires

Cherchez dans le répertoire

Top