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Le guide touristique, un ambassadeur du pays

Au Sénégal, guide touristique n’est pas un métier qui attire beaucoup car il est mal connu. Et il se heurte au problème des clandestins. Rencontre avec Babacar Lô, vice-président de l’Association nationale des guides touristiques du Sénégal, qui nous parle de ce métier passionnant.

Partagez cette page Publié le 21 mars 2018 | 1 commentaire

C’est quoi un guide touristique ?

Le guide touristique est un intermédiaire qui permet à l’autre qui vient découvrir une culture qui n’est pas la sienne, d’en avoir une idée la plus large possible (sociologique, économique, culturelle, etc). Le guide touristique, c’est le premier ambassadeur d’un pays parce qu’il lui échoie le rôle très difficile de montrer son pays sous le meilleur jour.

Quelles sont les compétences qu’un guide devrait avoir ?

La première des compétences est le patriotisme. On ne peut pas être un bon guide, un bon ambassadeur si on n’aime pas son pays. Ensuite il faut avoir un certain nombre de connaissances tel que la culture générale qui permet de répondre aux attentes de ces gens qui quittent leurs pays et leurs réalités pour venir chez nous. Il faut connaître la sociologie, l’histoire, la vie d’une manière générale du Sénégal. Il y a une autre approche aussi, ce sont les langues. Guider c’est communiquer, donc il faut avoir une maîtrise, peut-être pas académique, mais minimale des langues de travail en fonction des visiteurs.

« Un bon guide doit être cultivé »

Est-ce qu’il y a un cursus, une formation au niveau du Sénégal pour devenir guide touristique ?

C’est un problème majeur dans notre profession. En réalité il n’y en a pas. Il n’y a pas une seule école au Sénégal où on forme au métier de guide de façon spécifique. C’est vrai qu’il y a l’école hôtelière et de tourisme où l’on peut faire son BTS de tourisme, mais on n’y apprend pas forcément le métier de guide. Aujourd’hui, les autorités on prit conscience de cette carence et sont en train de trouver le moyen d’y remédier. Il est prévu bientôt l’ouverture d’une école dédié aux métiers du tourisme à Diamniadio dans le cadre d’un projet appelé Cluster et financé par la Banque mondiale : il y aura forcément un cursus pour les guides.

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Découverte en canoe-Sine Saloum-Sénégal

Alors comment sont formés les guides ?

Il y a un décret qui régit la profession de guide touristique et qui stipule qu’il y a deux catégories de guides touristique. Il y a d’une part ceux qu’on va appeler les guides titulaires qui détiennent une licence ou un diplôme de l’enseignement supérieur, et d’autre part les guides auxiliaires qui ont quant à eux au moins le brevet d’étude. Mais il y a aussi une troisième catégorie qu’on appelle les guides locaux qui ne sont pas répertoriés dans le décret, mais qui exercent. Ce sont ces guides que vous retrouverez à Kayar, aux îles du Saloum, dans la réserve de Bandia, à Fadiouth, ce sont les éco-guides. Néanmoins ils sont titulaires soit d’une carte professionnelle délivrée par la commune qui l’a formé ou bien une carte de guide auxiliaire délivrée par le ministère du Tourisme.

Qu’en est-il de tous ces gens qui abordent les touristes dans la rue ?

Ce sont des guides clandestins, car il fût un temps où tout le monde se proclamait guide en faisant n’importe quoi, détériorant ainsi l’image que les gens se faisaient de notre métier. Ces gens ternissent l’image du pays parce que n’étant pas en mesure de donner la bonne information, parce que n’étant pas en mesure de se présenter tel qu’il devrait l’être en terme de correction, de tenue aussi. Notre ministère de tutelle a définitivement réglé ce problème, car nous allons bientôt disposer de nouvelles cartes professionnelles numérisées disposant d’une puce qui permettra de particulariser chaque détenteur.

Combien de guides touristiques sont répertoriés au Sénégal aujourd’hui ?

Nous sommes environs 500 guides sur tout le territoire. Mais nous aurons un répertoire dans lequel il y aura les noms, qualifications et compétences de tous les guides du pays. Ce répertoire permettra de choisir un guide en fonction de la demande. Il sera disponible au niveau du ministère, des hôtels, des agences de voyage, de l’ensemble des acteurs du secteur.

Qu’est ce qui freine la bonne marche de votre travail ?

Le touriste ne vient pas uniquement pour bronzer, mais il vient surtout pour découvrir une société et des réalités. Ce qui nous porte lourdement préjudice dans l’exercice de notre métier, c’est l’insalubrité. C’est de la responsabilité des autorités locales de chaque zone, car maintenant que nous parlons beaucoup d’éco-tourisme, ce n’est pas possible d’accueillir des touristes dans un environnement aussi sale.

Quelles sont les éco-zones du Sénégal ?

Surtout les îles du Saloum avec ses 73 000 hectares, parfois vierges de toute habitation avec sa faune et sa flore. Il y a aussi le Parc de Niokolo Koba qui est très demandé. A Dakar, il y a l’île de la Madeleine, seul endroit où vous pouvez voir le phaéton, un oiseau emblématique ; ainsi que les baobabs nains.

Et quels sont les sites touristiques les plus visités au Sénégal ?

L’île de Gorée est le site touristique le plus visité au Sénégal. Vient ensuite le Lac Rose qui a été révélé au monde par la Rallye Paris-Dakar. En troisième position, vous avez les îles du Saloum qui attirent beaucoup quand on veut découvrir le Sénégal des profondeurs. Il y a aussi Fadiouth qui est très visité.

Il reste encore du travail à faire pour le tourisme spécialisé

Si le Sénégal peut se targuer d’avoir des guides touristiques formés à guider les visiteurs, il reste encore cependant du chemin à faire pour combler toutes les demandes des touristes. Aujourd’hui, la demande est forte au niveau du tourisme d’affaires, de la chasse et de la pêche. Dans ces domaines, on ne rencontre pas toujours des guides spécialisés dans ce genre de tourisme. Certains formés sur le tas, à l’exception des guides des parcs forestiers, ne peuvent pas accompagner entièrement le touriste dans sa quête d’informations spécifiques.

Contact

Association nationale de guides touristiques du Sénégal
Babacar Lô : 70 806 04 32

Eva Rassoul

Messages

  • be

    Que faites-vous des éco-guides formés par une association canadienne il y a quelques années ? J’en ai eu un, il est très compétent !! Et ce pour le Sénégal de l’ouest à l’est, du saloum au sud-est et autres Casamance ou ville de Dakar.

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