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Économie, environnement

Le métier de ferrailleur, un secteur en perte de rentabilité

Le commerce de la ferraille est un secteur autour duquel gravitent des milliers de personnes. Malheureusement depuis quelque temps, des difficultés ont déstabilisé ce secteur au grand dam des ferrailleurs qui se heurtent au monopole des Chinois.

Partagez cette page Publié le 5 septembre 2016 | 0 commentaire

M. Gueye est pratiquement le seul, dans la commune de Tambacounda, à avoir un dépôt de ferraille. Des moteurs usés, des chaises inutilisées, des marmites gâtées, des morceaux de carrosserie, etc. s’offrent à nos yeux à l’approche de ce dépôt. Gueye, ancien militaire a entamé le commerce de la ferraille il y a de cela douze ans. Depuis, il essaie tant bien que mal de tirer de ce business des bénéfices.

Mais avant qu’il encaisse l’argent, il fait un travail minutieux qui consiste d’abord à chercher de la ferraille. Il s’approche des conteneurs venant des pays étrangers ou il se rend chez les mécaniciens et les maçons pour récupérer quelques déchets métalliques. Des gens viennent aussi le voir pour lui vendre des décharges de fer.

Ensuite il procède à un tri en vue de recycler certains objets pour les revendre au tôlier. Et le reste il l’achemine à Dakar chez les Chinois qui le transforment sur place en barre de fer destiné à la construction de bâtiments. Allant du bronze, du cuivre, du laiton, de l’aluminium au fer noir, tout l’intéresse tant qu’il peut le vendre. Une vente qui se fait difficilement depuis l’arrivée des Chinois qui ont le monopole du secteur.

Ce que Gueye n’a d’ailleurs jamais apprécié. « Vous savez, avant les Chinois, c’étaient les Indiens qui nous rachetaient la ferraille. A cette époque, je pouvais gagner près de 700 000 FCFA à l’espace d’une semaine. Tel n’est plus le cas aujourd’hui avec les Chinois qui cassent souvent le prix du kilogramme de la ferraille. Tout le contraire des Indiens qui pouvaient vous proposer 175 FCFA le kilogramme » se désole-t-il.

Face à cet environnement des affaires désavantageux, Gueye a remercié tous ses employés. Il n’arrive plus maintenant à lui seul à charger de ferraille un camion de 35 tonnes. En plus de cela, il accuse un retard quand il s’agit de payer ses clients qui lui vendent de la marchandise métallique, car ne disposant pas assez de liquide. « L’Indien vous proposait des garanties. Ce qui vous donnait une certaine aisance financière et vous permettait d’acheter facilement de la marchandise métallique  » termine Gueye.

Après un petit tour de la décharge pour prendre quelques images, nous nous remettons sur le chemin du retour laissant derrière nous des ferrailleurs visiblement coincés dans ce métier qui n’est plus rentable. Un métier qui soulageait financièrement beaucoup de famille sans parler de son important rôle qu’il a pu jouer dans la lutte contre le banditisme.

Amédine Faye, correspondant à Tambacounda.

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