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Au cœur des Niayes

Mboro, carrefour des Niayes

Mboro, dans la région naturelle des Niayes, surnommée le « grenier a légumes » du Sénégal, dans le département de Tivaouane est une importante zone de maraîchage et de pêche, où le tourisme mériterait d’être développé.

Partagez cette page Publié le 7 décembre 2016 | 0 commentaire

À 25 km de Tivaouane et 117 km de Dakar, nichée entre l’erg de Kayor et l’Océan Atlantique, bordée par la Grande Côte, sa plage interminable et ses paysages variés invitent à la balade, à la détente.

Plage de Mboro

Tourisme discret

Mboro est une région touristique méconnue. Pour ceux qui cherchent la tranquillité et pour les amoureux de la nature, c’est pourtant l’idéal. Les paysages sont magnifiques. Une multitude d’espèces d’oiseaux y cohabitent. Le climat est doux, assez frais et sec de novembre à mai, grâce à la proximité avec l’Océan. La plage, immense, partie de la Grande Côte qui relie d’une seule bande de sable Saint Louis à Dakar, est peu fréquentée. La baignade est dangereuse, mais tout le long, se trouvent de charmants villages de pêcheurs.

Dans les terres, des pépinières proposent toutes sortes de plantes, comme celle des Eaux et Forêts à Mboro, Abdou Fleur, pépinière florale, une autre au CIFOP et celle des Brigades Vertes. Le voyageur peut loger au Campement des Niayes, ou à l’Hôtel Amaya à Mboro, dont le propriétaire construit actuellement un campement de bungalows sur la plage. Au sud, vers Xhongio, un village peul, se trouve un autre petit campement. A cela s’ajoutent quelques maisons d’hôtes.

Mboro est surtout un centre d’activité, le carrefour d’où partent les récoltes et ressources halieutiques de la région des Niayes, pour être acheminées vers le reste du pays, principalement vers Dakar. L’économie de la région est aussi liée à l’extraction et la transformation des phosphates par les Industries chimiques du Sénégal qui y sont implantés.

Savane de Mboro

Une zone maraîchère historique

Mboro, à l’origine petit hameau peul, faisait partie du Royaume du Kadior, indépendant depuis 1549 de l’empire du Djolof. Dans ce royaume, gouverné par les Damels Wolof, élus par un conseil représentant toutes les classes sociales, vivaient des Wolofs, Peuls, des Toucouleurs, des Sérères, des Lébous et des Maures, organisés dans un système de castes.

A partir de la fin du XIVe siècle,commença le commerce avec les Européens qui y construisirent des comptoirs commerciaux et payient des impôts au Damel jusqu’à la colonisation au XIXe siècle. Vers 1862-1863, les troupes de Pinet-Laprade, ancien gouverneur du Sénégal, remarquèrent Mboro. Après des études du site et des sols menées par la Mission d’aménagement du Sénégal, l’administration coloniale, par le Service de l’agriculture de Saint-Louis, décida d’y créer un bassin de productions maraîchères et fruitières en 1936, encourageant dès lors les populations à s’y installer.

Mboro, petite ville de 12 289 habitants en 2007, commune depuis 2002 de la région de Thiès, n’a cessé de se développer, comme en témoignent les nombreuses constructions en cours, et fait l’objet d’attentions particulières. Il y a une quarantaine d’années, une vaste forêt de filao a été plantée sur la Grande Côte, particulièrement dans la commune de Mboro, par la coopération canadienne. Elle protège les terres des vents marins et freine l’érosion des dunes.

Campement à Mboro

Des terres fertiles

Les cultures maraîchères, principalement développée entre Noto et Diogo, sont favorisées par le relief et la proximité de l’eau douce dans les nappes phréatiques (4 m 50). Entre les dunes blanches qui peuvent atteindre 20 mètre d’altitude, les vastes dépressions, anciens lits de rivières gorgés d’eau douce, sont parfaites pour les cultures fruitières. La terre y différemment riche suivant les situations.

D’après Stéphane Fall, chargé de projet des Brigades Vertes, dont la pépinières, situées à Mboro, fait croître plus de 350 espèces de plantes, « la terre est bonne partout, il suffit de l’amender. Chaque terre a ses qualités, et accepte plus ou moins bien certaines essences. Dans les parties dunaires il est facile de cultiver des légumes. L’erg vers Tivaouane marque le début d‘un plateau où on cultive des manguiers essentiellement. Dans la zone de Thiarangal, la terre noire est argileuse, sablonneuse, lourde. Dans les dépressions des Niayes, les arbres qui ont besoin d’humidité comme le nep nep (sorte d’acacia), le palmier à huile (vers Tivaouane), et les cocotiers, se développent bien. La production fruitière se développe  ». Une vraie « petite Casamance » selon Stéphane Fall : « Après les Niayes, c’est le bassin arachidier, puis des terres semi-désertiques. Mboro est la dernière place très verte au nord, à part par la région de Bango gérée par une coopérative qui envoie de l’eau du fleuve dans les champs par effet d’irrigation (couloir de Bango). L’eau étant légèrement saumâtre par endroits certains ont opté pour le forage, jusqu’à 12m de fond. La zone de Mboro est alimentée par les forages de Mboro, du Cifop, de Toubandiaye, ainsi que par des puits et forages individuels  ».

Niayes de Mboro

Agro-écologie, un développement timide

A voir les lampadaires alimentés au solaire sur les bords de la route de Niayes, on pourrait croire que la région est impliquée dans une démarche écologique tant au niveau énergétique qu’agricole. Des efforts sont faits en ce sens, mais sont encore très loin d‘être généralisés. La situation a été encore plus critique du temps où des paysans cultivaient sur les terres où étaient rejetées les eaux de traitement du phosphate, pratique qui a cessée depuis que l’entreprise a été reprise. Désormais cette eau, toxique, est recyclée parles ICS (Industrie chimique du Sénégal.)

De manière générale, les habitudes en agriculture classique sont bien ancrées. D’après Stéphane Fall, « Dans les Niaye l’agriculture, qui n’est pas vraiment industrielle, puisqu‘il s’agit de petits champs, fait l’objet d’un traitement chimique. Les semences que les paysans achètent dans les magasins conventionnels sont enrobées de produits insecticides contre les nuisibles. Les paysans utilisent des pulvérisateurs d’insecticides chimiques. Mais des efforts sont faits. Quelques exploitations comme vers Noto,(manguiers) utilisent des produits « propres » comme l’huile de neem, fabriquée à base des graines. Les aiguilles de filaos sont fréquemment utilisées pour le compost. Certains nouveaux arrivants traitant leurs terres naturellement, l’agrobiologie est en passe de se développer, sur de petites exploitations de 1 à 2 ha. ».

Des associations œuvrent à un changement progressif des mentalités et pratiques. Le Centre Fadiël Sa souf a fait une campagne de sensibilisation auprès des paysans, et un groupe de femmes est venu partager ses connaissances en agro-écologie. Pour lutter contre le déboisement, les associations Brigades Vertes, qui intervient dans les écoles pour sensibiliser et planter des arbres fruitiers, et Garap Gui (le remède en wolof) aussi active dans la santé et l’éducation, piloté par Mamadou Diallo, sont partenaires sur des actions ponctuelles.

Concernant la protection de l’environnement, l’association Diapo (« s’entraider » en wolof »), intervient dans les écoles et auprès des villageois. Le CREPE, centre d’accueil pour les enfants, associé à l’association Japoo et au CIFOP, centre de formation instauré par la coopération luxembourgeoise, les éclaireurs du Sénégal (Scouts), au-delà de l’éducation environnementale, propose des formations dans les métiers du bâtiment et de l’artisanat.

Laure Malécot avec la collaboration des Brigades Vertes

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