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Pape Thiopet, le roi du Tassu

Sous ses airs agités à l’écran se cache un jeune homme réservé dont le visage s’illumine dès qu’il s’agit de parler de Touba.

Partagez cette page Publié le 13 juillet 2008 | 0 commentaire

Pape Ndiaye Thiopet, poète dans ses compositions, maître dans l’art d’animer et de faire danser les plus réticents, peut être considéré aujourd’hui comme celui qui a ressuscité avec un brin de modernisme le « Tassu » au Sénégal.
Découvrons qui se cache derrière ce personnage…

Le221 : Qui est Pape Thiopet ?

Pape Thiopet : Je suis issu d’une grande famille de griots, ma mère chantait et mon père jouait au tam-tam, donc je suis né dans le milieu du « Sabar » et du « Tassu » pour lesquels j’avais des aptitudes, même si mon père tint beaucoup à ce que j’aille à l’école. Mais finalement, j’ai opté pour la danse et le sabar que j’aimais particulièrement. J’ai eu aussi à travailler avec de grands artistes, des paroliers notamment feu Ndongo Lo, Ndiaga Mbaye, etc. Concernant toujours mon parcours, j’ai fait du tam-tam, de la danse puis du chant, bref tout ce dont un artiste a besoin. De plus, j’ai été éduqué par des adultes qui m’ont appris les différentes facettes du métier.

Le221 : Vous avez débuté en tant que danseur de Fallou Dieng, quelle touche ce dernier a t il apporté à votre carrière ?

Pape Thiopet : Fallou Dieng est le dernier avec qui j’ai eu à collaborer en tant que danseur et ça a été une grande expérience pour moi car il est quelqu’un de très populaire. Certains connaissaient déjà mon art mais c’est avec lui que je me suis fait le plus remarquer. Donc ça m’a ouvert une porte qui a permis aux gens de découvrir mes talents de danseur et de musicien car la plupart ne me voyait qu’avec le tam-tam.

Le221 : Quels sont vos rapports actuels ?

Pape Thiopet : Nous avons de très bons rapports. Je le considère comme mon frère et il n’y a pas que le travail qui nous lie. Le lien le plus pur qui nous unit, c’est notre dévouement à Serigne Touba. Pour le reste, on s’entend très bien et on a gardé le contact.

Le221 : Quel est votre style musical ? Vous faisiez du « Tassu », maintenant nous vous voyons chanter également. Edifiez-nous là-dessus.

Pape Thiopet : Lorsqu’on parle de musique aujourd’hui au Sénégal, on parle de mbalax et ce dernier tient son essence du tam-tam. J’ai tenu à faire revivre le Tassu qui avait tendance à se dissiper mais je chante aussi parce qu’un artiste complet doit être en mesure de pouvoir interpréter un ou plusieurs genres musicaux et moi je veux toucher tout le monde. Le public vient avec ses exigences et un vrai artiste doit satisfaire tout le monde car c’est d’abord un acteur, un animateur, un danseur, un chanteur, un penseur, un créateur, un éducateur et à ce stade là, il sera facile pour lui d’être un compositeur.

Le221 : Vous venez de sortir récemment un nouvel album, pourquoi le titre « Avant que le journal passe » ?

Pape Thiopet : Un artiste, c’est quelqu’un qui doit soigner les maux de la population. Donc, je me considère comme un éducateur qui avant de lancer un album tient compte des préoccupations d’un public attentif à qui on doit transmettre des messages clairs, nets et précis. J’ai opté pour ce titre car j’ai remarqué que les gens ont tendance à regarder ou lire les journaux, à s’informer mais souvent ne tiennent pas compte des moralités contenues dans les informations. C’est pourquoi je dis : « Avant que le journal passe », donnez-moi la parole que je puisse parler au peuple.

Le221 : La chanson « ila Touba » contient de belles mélodies mais vos autres compositions sont quand même bourrées de fausses notes suivant l’appréciation de certains. Êtes-vous un bon chanteur ? Le « Tassu » ne serait-il pas mieux indiqué pour vous ?

Pape Thiopet : Ah bon ? Vous me l’apprenez. Vous savez, il y a des gens qui ont une belle voix mais qui ne savent pas chanter et d’autres qui n’ont pas une belle voix mais qui maîtrisent la musique. Je ne préciserai pas ma catégorie mais je tiens tout de même à dire que les grands maîtres de la musique m’ont fait comprendre qu’ils appréciaient mes productions car ils l’ont jugé à leur goût. Et moi, je tiens compte de leur jugement dans tout ce que je fais.

Le221 : Que pensez-vous avoir apporté à la musique sénégalaise ?

Pape Thiopet : Je n’aimerai pas trop m’attarder sur ce fait car chacun apporte un plus dans son domaine. Je sais tout de même que le Tassu s’éteignait et je suis de ceux qui lui ont redonné vie en quelque sorte. Le monde évolue chaque jour. Le Tassu, on l’a hérité de nos ancêtres et j’essaie de l’adapter aux réalités d’aujourd’hui, c’est tout.

Le221 : Plusieurs autres jeunes musiciens ont adopté le Tassu, avec plus de modernisme, (comme Pape Daly et Babacar dans « Sa Rimbam »), quelle est votre opinion là dessus ?

Pape Thiopet : Je pense qu’ils font bien leur boulot, on est tous des artistes et chacun de nous s’évertue à faire le bonheur de ses fans.

Le221 : Pensez vous que votre musique soit exportable ? N’ambitionnez vous pas d’élargir votre public ?

Pape Thiopet : Il y des Européens qui apprécient beaucoup ma musique et qui viennent me voir. Il y a beaucoup de gens qui avant ne s’intéressaient pas au Tassu mais qui m’ont avoué que c’est grâce à moi qu’ils écoutent ce genre musical. Certaines de mes chansons comme « Yaye » ont dépassé les frontières du Sénégal, de même que mon nouvel opus qui contient quelques sons très modernes. J’y chante même en anglais et en français.

Le221 : On ne vous voit pas beaucoup dans la presse, pourquoi ce choix de communiquer peu ? Vous avez des difficultés pour vous exprimer ?

Pape Thiopet : Ce n’est pas que j’ai des problèmes pour m’exprimer, c’est juste que mon souci est de servir la nation. J’évite que mes propos soient mal interprétés, donc je fais attention aux malentendus. Je préfère dialoguer avec une personne avec qui je suis sur la même longueur d’onde plutôt que quelqu’un qui cherche tout le temps à me nuire dans ses propos juste pour pimenter son débat.

Le221 : Vous avez reçu une distinction lors du dernier festival « Banlieue Rythme » ?

Pape Thiopet : Je suis très négligeant dans ce domaine. D’ailleurs, c’est mon manager qui attire tout le temps mon attention a ce sujet. Le trophée Banlieue Rythme, je pense l’avoir mérité et je ne l’ai pas gagné par hasard parce que ceux qui me l’ont décerné sont des professionnels.

Le221 : Votre opinion sur la culture sénégalaise ?

Pape Thiopet : Elle est tout simplement riche et je pense qu’avant de s’inspirer de la culture occidentale, nous avons beaucoup à gagner de la nôtre dans toute sa diversité. J’ai beaucoup voyagé mais ce que j’ai vu au Sénégal, je ne l’ai vu nulle part ailleurs.

Le221 : Que fait Pape Thiopet en dehors de la musique ?

Pape Thiopet : (rires) Je ne fais pas que de la musique certes, mais je préfère ne pas dire le reste. Laissez tomber… Mais ce que je peux vous dire (daal), c’est que je suis un Baye Fall !

Le221 : Des projets en particulier ?

Pape Thiopet : On prépare une tournée sénégalaise. On va faire le tour du Sénégal pour partager avec nos fans le fruit de notre travail. On prévoit aussi de faire une tournée en Europe pour la promotion de l’album.

Le Tassu

Le Tassu est une musique sénégalaise aux rythmes accélérés, chantée sur un air de Mbalax mais très proche du rap.


Renseignements : +221 77 545 12 06
www.papethiopet.com

Missmaft - Photos : Dago

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