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Poupées poupées : où sont les bronzées ?

Les fêtes de fin d’années annoncent le retour des chatoyantes couleurs qui envahiront villes et maisons. Sous forme de guirlandes bariolées et scintillantes, de boules de sapin multicolores, couleurs franches et gaies, de sourires ultra-bright, nez et yeux vermeils, le merveilleux en est à ses premiers frémissements parfumés et co-lo-rés. Couleur tout partout. Sauf chez les poupées vendues par les magasins locaux.

Partagez cette page Publié le 23 novembre 2016 | 1 commentaire

Toutes blanches qu’elles sont les poupés. Oui bon, sauf une, passée à travers les mailles du lynchage. Une poupée black pour des dizaines de poupées leucodermes ? Question représentativité : ceci relève du n’importe quoi puissance woh !

Même l’historique maison Mattel a mis du café dans sa voie lactée en créant une black Barbie. Comprenant sur le tard qu’un monde exclusivement blanc tendance aryenne est une vue de l’esprit : les Noirs existent. Ils sont réels. Il se chuchote qu’en dehors de Château d’eau (Paris), il est un endroit majoritairement peuplé de Blacks : l’Afrique.

Lieu où se trouvent les magasins et vendeurs des poupées objets de cette montée de moutarde. Ne serait ce qu’au titre du nombre, il semble évident et éthique qu’au Sénégal, différentes propositions de poupées noires soient alignées avec les autres, bien évidemment.

Telles les dolls : Muna MBoa, La Naima dolls, Corolles ethniques, Angelica doll, Okestyle etc. Elles ne sont pas enchainées dans des caves sombres, avec parcours du Jedi avant de les pécho. Même si leur fabrication demeure encore confidentielle, elles se peuvent acquérir par les grossistes, demi-grossistes et particuliers à la recherche de la couenne perdue.

Et qui mieux que les magasins situés en Afrique pour se les procurer et inverser la donne ?

Loin d’être une b.a. gratuite, vendre un panel de poupées noires peut s’avérer lucratif. Acheteurs potentiels ? La classe moyenne africaine (de plus en plus consciente), les jeunes (de plus en plus conscients des injustices liées à la couleur), des Européens non bornés (si si, il y en a).

Un : les Noirs se reconnaîtront dans les jouets ainsi proposés. Deux : par lesdites poupées, les non bronzés pourront approcher franco ou même à reculons, mais de façon SAFE des poupées noires inoffensives car non porteuses des stéréotypes séculaires accolés au Noir. Nous parlons ici de Blanquitos téméraires, désireux d’ouvrir les mirettes de leur progéniture sur la diversité pigmentaire propre à la planète bleue. Et quid des Africains devant se poser en initiateurs du mouvement #Black Dolls 4 All ?

Mauvais, méchant, diable, ou à l’extrême opposé : « bon sauvage » « gentil tout plein, tu peux lui caresser le dos chéri » tels que littérature, cinéma et cirque l’ont maintes fois dépeint : voici le Noir. Clichés faux : précisons ici destinée aux trépanés de la cafetière.

Dès leur enfance, les enfants noirs se voient dans un prisme déformant que leur projettent les autres et par extension la société entière. Bonjour les problèmes existentiels résultant de cette anomalie : soit le quidam noir développera une profonde mésestime de soi ; soit, sitôt conscient du black bashing millénaire, le Black a l’ego qui enfle façon pop corn toise le réel du haut de lui-même tout en s’abîmant dans une auto-glorification plus gratinée que la Castafiore en son miroir. Brref…

Les black dolls pouvant contribuer à l’ouverture d’esprit des uns, des autres et des annexes : elles sont loin de n’être qu’anodines.

Un peu partout fleurira le vœu d’un « White Christmas ». Le « White » en question concerne la neige, pas la couleur des teutês des poupées. Encore que, pour les gonflables, on ne dit pas, mais pour celles destinées aux enfants, varions les plaisirs.

Poupées noires, poupées blanches…Anecdotique ?

C’est bien ces actes dits « bénins » qui forgent pensées et mentalités, traçant des lignes de code de comportements dont les mécanismes sont si enfouis qu’ils relèvent de l’inconscient collectif. La relation de soi à soi, la perception de l’autre ne relèvent pas de l’illumination ex nihilo, elles découlent de divers faits qui en font le lit.

Le rôle d’une boutique n’est pas d’éduquer. Toutefois s’inscrivant dans la cité – dans le sens platonien du terme–, elle a un rôle à jouer. Surtout en ces temps de crispations identitaires. Dans le cas présent, en proposant un plus large éventail de poupées : des asiatiques, des blanches, et plus de noires, bien plus.

Ceci relève de la prise de conscience élémentaire puisque domiciliation en terre noire et des vendeurs et de la clientèle oblige. Et d’un minimum de respect pour les habitants du pays.

Qu’on se le dise. On vous l’écrit. A part ça, ça va.

Messages

  • sn

    Bonjour,
    Les poupées noires « Queens of Africa » sont en vente chez Citydia au Plateau, Point E et Almadies.
    Découvrez-les sur www.facebook.com/queenofafricasenegal
    Bonne journée et à bientôt chez Citydia :-)

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