Les œuvres de Bacary Diémé présentent un paradoxe. À la fois familières pour le public sénégalais et international, car elles furent collectionnées par l’État et maintes fois reproduites dans les ouvrages consacrés à l’histoire de l’art du Sénégal, elles demeurent remarquablement peu documentées. Suivant la trame d’une carrière tournée en grande partie vers les arts textiles, cette exposition propose d’en explorer quelques morceaux choisis.
De la Casamance à Dakar, itinéraire d’un aspirant artiste
Né entre 1947 et 1949 dans une famille baïnouk de la communauté de villages de Bignona, en Casamance, Bacary Diémé manifeste très tôt un talent pour le dessin. Il s’essaie également de manière autodidacte à la sculpture, réalisant plusieurs essais avec de l’argile noire. Poussé à se rendre à Dakar par son instituteur qui avait repéré son don, le tout jeune Bacary Diémé s’y installe en 1963.
La capitale du Sénégal récemment indépendant est alors en pleine ébullition artistique. Depuis 1959 et la naissance de l’éphémère fédération du Mali, l’École des arts de Dakar accueille les aspirants artistes du pays. Bacary Diémé se présente deux fois au concours d’entrée. Il est finalement reçu à sa seconde tentative à la deuxième place, juste après Boubacar Goudiaby.


