Boxom signifie « papier froissé » en wolof. Le chorégraphe de renommée mondiale Helge Letonja déplie des aspects du « Boxom » avec des danseuses et danseurs originaires d’Afrique et d’Europe, interroge les réalités ouest-africaines et à partir de là jette un regard sur l’Europe et vice versa. La révolte des trois femmes et six hommes sur scène a pour nom Amour. Ils se rebellent contre la pression sociale et les abus de pouvoir. Boxom montre l’enlacement d’événements en apparence lointains et notre propre existence.
Dans les costumes de la styliste africaine politiquement engagée et mondialement reconnue Adama Paris originaire de Dakar au Sénégal, les tissus traditionnels retrouvent des combinaisons de style contemporain. La chanteuse montante de soul Y’Akoto compose spécialement pour le spectacle des morceaux personnels et à caractère insurrectionnel qui sont chantés en live par les artistes. Florian Tippe flotte avec et autour du tapis de son : plusieurs langues s’entrecroisent dans le mouvement, la musique, les mots, les images reflétant le Boxom.
« Vus de l’Allemagne, les extrêmes dans la société ouest africaine, paraissent plus accentués, là où le vieux fusionne avec le neuf et libère une grande créativité, là où des cultures traditionnelles influencées par la mondialisation rivalisent, là où les valeurs vacillent, les fossés face à la volonté d’organiser sa vie de manière autonome, aux contraintes économiques, aux valeurs religieuses, sociales et familiales et aux tabous s’élargissent. Et pendant que nous regardons à l’étranger dans le rétroviseur et qu’émergent des structures de domination partout dans le monde, on est confronté à cette idée étrangère et pourtant nôtre que tout serait mieux chez nous en Europe… » (Helge Letonja).

