Reportage
La cordonnerie sénégalaise : un métier, deux visages
Pendant que les conservateurs restent dans le style classique, certains jeunes visionnaires ne cessent de repousser leurs limites avec de nouveaux produits alliant modernité et traditionnel, luxe et sobriété. Zoom sur un métier qui refuse de se laisser enterrer par l’industrie de masse et les chinoiseries.
14 commentaires
Il y a longtemps, très très longtemps, les cordonniers sénégalais avaient le sourire aux lèvres car le marché de la chaussure locale était prospère. Mais aujourd’hui, ils sont nombreux à faire grise mine devant la rareté des clients.
La cordonnerie classique
La cordonnerie au Sénégal est un héritage qui passe de générations en générations. Pour de nombreux artisans, c’est une activité qu’ils ont hérité de leurs parents, un savoir-faire qui leur a été transmis et qui est dans la famille depuis des générations. C’est le cas de Mor Seye, jeune cordonnier de 25 ans.
Le métier, il l’a appris de son père qui a ouvert son atelier à Yoff en 1978. Il grandit entouré de semelles, pots de colles et de cuir. Aujourd’hui, c’est lui qui assure la relève et confectionne les chaussures avec deux apprentis. Mor n’essaye pas trop de dévier des modèles classiques de son père. Comme de nombreux cordonniers locaux, il fait surtout des malakiss et des babouches. La seule touche de jeunesse ici, c’est une paire de claquette que les jeunes gens apprécient.
Même constat au marché Tilène où se trouve le gros des ateliers de cordonnerie. On dirait des boutiques jumelles où les copies se ressemblent toutes. Un cuir de piètre qualité, des finitions pas du tout finies, des semelles fragiles, et du matériel désuet, tel est le visage de certains ateliers. Le cuir est acheté entre 5 000 et 7 000 FCFA le kilo. Une paire de babouches classique vous revient à 3 000 FCFA ou 7 000 FCFA, et ne vivra que le temps d’une saison, ou encore qui se décollera à peine vous avez fait 500 m. Frilosité ou manque d’imagination, une grande partie des cordonniers se complaisent dans les modèles classiques qu’ils ont trouvés en rejoignant le secteur, laissant ainsi leur échapper une clientèle qui demande toujours plus et veut de la créativité.
Les nouvelles tendances
Ils sont designers, cordonniers, stylistes ou autres, et ont décidé de travailler dans la chaussure. Fini le temps où les seules modèles de chaussures locales qui étaient disponibles n’étaient que des malakiss ou des sandales classiques. Aujourd’hui, la chaussure sénégalaise veut prendre d’autres couleurs et d’autres formes. Mocassins, bottines, escarpins, mules… En cuir, en tissus pagne, en daim, les artisans s’alignent sur la vague du moment et s’ouvrent à d’autres marchés et clientèles.
Le designer Momo le bottier est devenu la Louboutin de la capitale avec ses créations. Dans son show room, une multitude de choix. Sur mesure (surtout) ou en prêt-à-porter, la chaussure de Momo flirte avec la qualité internationale. Escarpins, mules, bottes, mocassins, le jeune artisan s’emploie à ne proposer que des produits de qualité. Ici les prix vont de 10 000 FCFA à 300 000 FCFA, et même parfois plus.
Quand le jeune homme reprend l’affaire familiale en 2014, il a déjà une vision moderne de l’orientation qu’il veut donner à son héritage. Il dessine lui-même ses modèles, revisite ceux qui existent déjà en y ajoutant une touche personnelle. Cuir de reptiles, cuir imprimé, tissus wax, la matière première est choisie avec soin. Ces nouveaux visages de la chaussure sénégalais exporte en Europe, aux Etats-Unis et participent à de nombreux fashion shows.
23 janvier 2018 à 09:32, par zakari
Quelles sont les conditions de formation dans votre école ?
( frais d’inscription et autre). Je suis togolais voici mon contact +22892219701. Veillez accuser réception svp .
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18 avril 2017 à 20:55, par samuel
Filicitation c’est magnifique ,je suis aussi cordonnier nous avons les problème de cuirs
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