Au jardin, on observe les arbres, on s’intéresse au sol, on comprend comment l’eau circule et comment les plantes s’adaptent aux saisons. En cuisine, on découvre les produits du terroir, les recettes locales et les gestes qui se transmettent. Puis on partage un repas, simplement, en prenant le temps d’échanger.
À Shashamani, l’expérience se construit ainsi, au fil des rencontres et des envies. Depuis plus de dix ans, ses responsables expérimentent, observent et font évoluer leurs pratiques pour tendre vers davantage d’autonomie. Aujourd’hui, ils souhaitent partager cette expérience à travers des séjours immersifs, loin des formations théoriques et des programmes figés.
Les mains dans la terre
Comment faire vivre un jardin en milieu tropical ? Quelles plantes choisir, comment enrichir le sol, gérer l’eau ou favoriser la croissance des arbres ? À Shashamani, ces questions trouvent leurs réponses sur le terrain, à travers l’observation et la pratique.
Sur cinq nuits à une semaine environ, le séjour consacré au jardin invite à découvrir les principes de l’agroforesterie et de la permaculture, mais aussi les solutions développées au fil des années. On échange, on observe, on participe aux activités du moment.
Selon les envies, on pourra s’intéresser à la création de buttes de compost, à la taille des arbres, aux semis ou aux boutures destinées à la pépinière. L’idée n’est pas de suivre un cours à la lettre, mais de comprendre les mécanismes du vivant et de partager des expériences, y compris celles qui ont nécessité plusieurs essais avant de trouver leur équilibre.
De la terre à l’assiette
En Casamance, la découverte passe aussi par les saveurs. Shashamani propose des immersions autour de la cuisine traditionnelle sénégalaise et casamançaise, avec une place accordée aux produits locaux, aux recettes familiales et à la créativité.
L’expérience peut commencer au jardin, se poursuivre au marché ou au port de pêche, puis prendre forme autour des fourneaux. Selon le programme et les envies, les participants pourront également rencontrer des cuisinières de la région, notamment autour d’Abéné, de Diannah et de Kabadjo, pour découvrir d’autres gestes et façons de préparer les produits du territoire.
La cuisine se fait aussi inventive, au gré des récoltes et des disponibilités de la saison. Que peut-on préparer avec ce que le jardin offre aujourd’hui ? Comment valoriser un ingrédient, éviter le gaspillage et laisser parler sa créativité ? Autant de pistes à explorer, sans perdre le plaisir de cuisiner et de partager.
Récolter, cuisiner, partager
Pour ceux qui souhaitent relier jardin et cuisine, la formule « de la terre à l’assiette » propose une immersion complète.
La matinée se déroule au jardin, entre observation, échanges et participation aux travaux du moment. Vient ensuite le temps de la récolte, puis celui de la préparation du repas. Les produits passent de la terre aux fourneaux avant d’être partagés autour de la table.
Une manière concrète de comprendre le lien entre la terre, l’alimentation et les saisons, tout en découvrant le plaisir de faire ensemble.
L’après-midi, chacun peut profiter du calme des lieux ou prolonger la découverte de la Casamance. Mangrove , îles, patrimoine naturel et culturel des environs : des excursions peuvent être organisées pour compléter le séjour.
Une autre façon de découvrir la Casamance
Ces séjours s’adressent autant aux curieux qu’aux passionnés de jardinage, aux amateurs de cuisine ou aux voyageurs désireux de rencontrer la Casamance au-delà des itinéraires habituels.
Ici, pas de programme uniforme. Les activités s’adaptent aux saisons, aux personnes et à leurs centres d’intérêt. Les échanges naissent naturellement, autour d’un geste, d’une plante, d’une recette ou d’une question. On apprend en observant, en essayant et en discutant avec ceux qui connaissent le terrain.
C’est aussi une façon de découvrir le territoire par ses ressources et ses savoir-faire, en prenant le temps de comprendre ce qui pousse, ce qui se cuisine et ce qui se transmet.
Et si l’on imaginait son propre jardin ?
L’expérience de Shashamani suscite également l’intérêt de Sénégalais vivant en Europe et propriétaires de terrains au Sénégal. Certains rêvent d’y créer un jardin nourricier, de reboiser une parcelle ou de développer un projet inspiré de principes écologiques.
Pour répondre à ces demandes, Shashamani réfléchit à un accompagnement personnalisé. Le principe serait de commencer par un séjour sur place, afin d’observer le fonctionnement du jardin, d’échanger sur les pratiques et de mieux définir son propre projet.
Car chaque terrain est différent. Entre une parcelle nue à reboiser, un sol à enrichir ou un espace déjà aménagé, les besoins ne sont pas les mêmes. L’enjeu est donc de s’inspirer d’une expérience concrète sans chercher à la reproduire à l’identique.
Cette formule est encore en cours de réflexion, mais elle prolonge naturellement la démarche du lieu : partager des connaissances acquises sur le terrain et aider chacun à imaginer des solutions adaptées à son environnement.
À Shashamani, l’immersion ne consiste pas seulement à découvrir un lieu. Elle invite à ralentir, à observer et à repartir avec un regard différent sur la nature, l’alimentation et les possibilités qu’offre la terre. Une autre manière de voyager en Casamance, où l’on vient autant pour apprendre que pour rencontrer.






