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Une danseuse, une artiste, une femme, Sara Maurin Kane

Sara, la danseuse. La dernière fois que nous l’avions rencontré, elle venait de décrocher son bac et entamait une première année d’université laissant sa passion de la danse un peu de côté. Depuis, Sara a fait son bonhomme de chemin ! À l’occasion de la Journée de la Femme, nous revenons sur son parcours...

Partagez cette page Publié le 8 mars 2013 | 0 commentaire

Sara est franco-sénégalaise, elle a grandit entre Nice et Dakar, à 22 ans elle vit aujourd’hui à Paris. Étudiante, actuellement en Master de coopération artistique internationale, elle est danseuse professionnelle...

La danse a toujours été sa passion : depuis son plus jeune âge, Sara danse. Le classique, puis le moderne jazz, la danse africaine qu’elle a appris avec les élèves de Germaine Acogny. Elle se nourrit de toutes les influences.

Adolescente, elle vit à Dakar. C’est dans l’école de danse Artea dirigée par Marianne Niox qu’elle se forme et se produit dans plusieurs galas. C’est une des meilleures élèves. Et avec un groupe d’amis breakers, elle s’initie au Hip-Hop et aux danses debout.

Après son bac, Sara commence des études de droit international tout en continuant la danse. Mais au bout d’un an, elle décide de faire de sa passion son métier et se lance !

Elle passe l’audition du célèbre centre de formation Off Jazz à Nice et passe son examen d’aptitude technique tout en suivant une licence d’histoire de l’art. Elle se perfectionne aux techniques classiques de danse, à l’art chorégraphique, aux ballet, au contemporain et fait ses armes avec des professeurs renommés.

La jeune danseuse a déjà participé à de nombreux shows et spectacles... Elle participe régulièrement au carnaval de Nice, sa ville. Elle danse aussi aux Nrj Music Awards avec Shakira en 2011, Matt Pokora, Lmfao, Yannick Noah et Grégoire. Sara se forge une expérience de la scène et des grands évènements.

Elle se produit pour Canal + et danse pour Rita Ora et Flo Rida et participe au « Music Saved My Life Tour » avec le célèbre Dj Jean Roch.

En 2012, elle intègre l’agence AMCK à Londres et durant l’été 2012, elle participe aux jeux et danses pour Mika et pour la chanteuse Pixie Lott au village olympique. Mais aussi pour Bananarama et Rizzle Kicks.

Elle sera aussi danseuse pour Alicia Keys en 2012, lors des Royal Variety Performance devant la Reine et la monarchie britannique.

Aujourd’hui installée à Paris, Sara est une danseuse affirmée et déterminée. Encore jeune, elle a tout l’avenir devant elle, mais peu déjà être fière de son expérience !

Malgré un emploi du temps bien rempli, Sara a bien voulu répondre à nos questions :

Pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m’appelle Sara Maurin Kane, j’ai 22 ans, je suis danseuse professionnelle et également étudiante en Master à Paris VIII.

Tu as fait de la danse classique, du modern Jazz, de la danse africaine, du hip hop, de la salsa et un peu tous les styles ! Aujourd’hui quel est ton style de prédilection ?

Le fait d’avoir suivi toutes ces formations et d’avoir pu rencontrer divers univers chorégraphiques m’a permis de construire (j’espère) ma propre gestuelle qu’on pourrait qualifier de modern jazz presque expérimental. Il s’agit d’un mélange d’influences et d’une recherche de nouveaux mouvements en grand rapport avec la musicalité.

Qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans la danse ? En tant que professionnelle...

En tant que professionnelle, je ne l’ai pas vraiment vu venir. J’ai fait des castings un peu au hasard et j’ai été prise. Cela s’est enchaîné et je suis rentréee peu à peu dans le milieu professionnel dit « commercial ». Certains chorégraphes m’ont aussi donné ma chance, je pense à Aziz Baki ce qui a été un bon tremplin pour moi. Dans ce monde, tout a un effet boule de neige, dans le bon comme dans le mauvais sens, tout peut aller très vite.

Quelles sont tes influences musicales ? As tu un artiste ou un style musical de prédilection ?

De la même manière que pour la danse, j’ai évolué entre différents genres musicaux et ce encore aujourd’hui. En écoutant mes playlists, on peut penser avoir affaire à une personne souffrant d’un dédoublement de la personnalité. Cela passe de la soul avec des grands comme Stevie Wonder et des nouveaux comme Franck Ocean. J’écoute aussi beaucoup de hip hop et de reggae avec des groupes mythiques pour moi, tels que les Fugees. J’ai aussi toute une playlist de loveuse avec des divas comme Whitney Houston. Toutes ces musiques ont néanmoins un point en commun : je peux danser dessus.

Tu as vécu quelques années au Sénégal, et échangé avec des danseurs de sabaar (danse traditionnelle) de hip hop et tu as eu à travailler avec Marianne Niox. Que t’apportent ces influences aujourd’hui ?

C’est grâce à toutes ces rencontres artistiques que j’ai pu développer une identité originale. C’est qui m’a permis de me démarquer et qui fait que certaines personnes puissent s’intéresser à moi. Cela peut plaire ou pas, le tout est d’avoir un petit peu d’originalité pour ne pas se fondre dans la masse.

Y a-t-il un ou des chorégraphes/danseurs que tu apprécies particulièrement ? Ou avec qui tu aimerais travailler ?

Il y a beaucoup de danseurs que j’apprécie énormément, et autant de chorégraphes. Mon compagnon fait partie des danseurs les plus innovants dans sa danse (le hip hop) et m’inspire énormément, je pense qu’une collaboration avec lui verra bientôt le jour. Quant aux chorégraphes, mon favori est de loin l’anglais Akram Khan. Son travail est pour moi le plus juste et le plus pertinent aujourd’hui. Ces chorégraphies sont organiques et très musicales, j’adore la manière dont il exploite les corps. Il travaille beaucoup avec des personnes d’origines et de styles différents ce qui ne fait qu’enrichir ces œuvres chorégraphiques

Quels conseils donnerais-tu aux jeunes qui veulent se lancer dans la danse ?

Le meilleur conseil que je puisse donner et de faire très attention aux illusions et aux espoirs que l’on peut nourrir parce que l’on réussit tel ou tel casting. Le monde de la danse est une véritable industrie, il s’agit d’un travail où l’on doit sans cesse faire ces preuves, être en constante remise en question. Le mental doit être aussi fort que le corps qui est le seul outil de travail du danseur. Si l’on arrive à garder la tête sur les épaules, à mettre de côté son égo, à dissocier amis et collègues de travail et à bien garder à l’esprit que la danse est avant tout un art, être danseur est l’un des plus beaux métiers au monde.

On a vu également que tu as été danseuse pour de grands noms de la musique (Shakira, LMFAO, Rita Ora, Flo Rida, Mika, Taylor Swift, Alicia Keys, Truth Hurts, etc.). Y a-t-il un artiste en particulier pour lequel tu aimerais travailler ?

Danser pour Alicia Keys a été la plus belle expérience de ma vie de danseuse. Recommencer serait le top pour moi.

Tu fais actuellement des études en Coopération artistique internationale, quel est ton projet ?

Je fais un master professionnel sur deux ans qui permet de créer un événement artistique et/ou culturel à visée internationale. Mon projet est de réaliser pour mai 2014 une scène des arts chorégraphiques à Toubab Dialaw (Sénégal). Différentes compagnies francophones seront invitées à y participer ainsi que des professionnels du milieu artistique désireux de témoigner de leur confrontation à la danse à un moment donné de leur carrière.

La danse est un milieu où la compétition est assez rude, le ressens-tu au quotidien ? As-tu eu la sensation en voulant faire de la danse ton métier, de prendre des risques ?

Étant donné que l’obtention de chaque job passe par l’étape du casting, il est presque toujours question de compétition. Je n’ai jamais pris de risque car j’ai toujours mené de front la danse et mes études.

Tu es également bonne chanteuse, serais-tu intéressée de tester la comédie musicale ? Est-ce que la danse est aussi un jeu d’acteur ?

Jouer dans une comédie musicale me plairait énormément. Oui, la danse comme le théâtre est un jeu d’acteur, il s’agit d’interprétation et de comédie suivant les différentes chorégraphies que l’on nous demande de faire, il est important de savoir ce construire un personnage.

Tu as intégré Off Jazz, une école de renommée, basée à Nice, en continuant tes études. Comment as-tu fait pour gérer un pareil emploi du temps ?

J’ai réussi à m’inscrire en contrôle terminal à l’université, c’est-à-dire que je ne suivais pas les cours et allais directement aux examens. Il s’agissait de rattraper les cours avec beaucoup de travail personnel. De la même manière, du côté de la danse, je devais prendre l’essentiel, me concentrer et ne pas me disperser. C’était une question d’organisation principalement et d’envie aussi. La danse autant que mes études m’intéressaient beaucoup.

Tu es aujourd’hui à Paris, et j’ai la même question : comment t’organises-tu entre la vie d’étudiante et celle de danseuse, souvent en déplacement ?

Heureusement en master je n’ai pas beaucoup de cours et tout repose sur le travail personnel, il s’agit encore ici de bien s’organiser. Mais je privilégie toujours les études avant la danse. Je sais que dans quelques années danser ne me passionnera plus autant, du moins sa pratique et que je voudrais passer du côté organisationnel, je me concentre donc sur cette piste.

Merci Sara, et nous te souhaitons bonne chance dans tous tes projets !

> Tous les portraits de femmes sont ici

Fama Reyane Sow

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