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Baila 66 : la voiture sportive construite par un Sénégalais

S’il y a une chose qui sera inscrite éternellement dans les anales de l’histoire de l’automobile c’est bien la Baila 66. Cette voiture sportive symbolise le génie créateur africain, comme aime à le préciser son constructeur, Baila Ndiaye, ingénieur de formation. Entretien.

Partagez cette page Publié le 24 mai 2017 | 3 commentaires

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Ndiaye El Hadji Baila, 52 ans. Je suis Français d’origine sénégalaise. Je dirige mon entreprise d’ingénierie à Strasbourg en France.

Depuis quand vivez-vous en France ?

Je suis resté vingt ans en France après mes études, avant de retourner au Sénégal avec ma famille. Malheureusement, suite à un accident qu’a eu mon épouse, qui était suffisamment grave pour qu’une prise en charge en Afrique ne soit pas possible, je me suis réinstallé en France depuis 5 ans.

Aujourd’hui si vous êtes connu à travers le monde, c’est grâce à Baila 66. Pourquoi l’appellation Baila 66 ?

Baila c’est mon prénom et 66 est un chiffre qui m’accompagne depuis toujours. Je le retrouve dans mes numéros de téléphones, dans mes numéros de comptes en banque, dans l’immatriculation de mes voitures, etc. La première fois que je l’ai remarqué, c‘était mon admission au certificat de fin d’étude élémentaire. Premier du centre, j’avais 66 points. Devant la récurrence de ces apparitions, je me suis dit que c’était sûrement mon chiffre fétiche.

Pour moi la démonstration est faite, l’impossible n’existe pas.

Ça vous a pris combien de temps pour construire ce véhicule ?

Un an, mais vraiment dans la douleur et la solitude. C’était un projet fou et comme personne n’y croyait, j’ai dû le porter tout seul. Avec un peu de recul, je me rends compte que c’était vraiment un défi incroyable : faire une voiture sans dépenser un radis et en n’utilisant que ce que j’avais autour de moi. Une voiture non seulement performante, mais qui ne ressemble à aucune autre et qui soit susceptible de plaire au monde entier. Il me fallait démontrer que le problème coexiste toujours avec sa solution dans le milieu. Je m’en doutais un peu, intuitivement au regard des nombreuses victoires gagnées dans ma vie, des victoires arrachées à la pauvreté, à la résignation et à la fatalité. Voila, pour moi la démonstration est faite, l’impossible n’existe pas. Ce n’est que la limite de notre engagement, une frontière imaginaire que nous traçons nous-mêmes sur la carte de la réalité.

Pouvez-vous revenir sur les différentes étapes de la construction ?

Il m’a fallu relever des défis techniques innombrables. Ce n’étaient pas les prouesses d’ingénierie nécessaires, mais les conditions spartiates de la réalisation qui ont rendu la tâche extrêmement ardue. Le plus difficile toutefois, c’est qu’il m’a fallu me battre contre l’ignorance de cette Afrique née en captivité qui a perdu le goût de la liberté et l’estime d’elle-même.

Justement, comment l’Africain « consommateur » doit-il percevoir cette innovation, à votre avis ?

Je voudrais lui dire quatre choses :
• Il ne s’agit pas d’être le premier. Cela relève du prestige pour l’ego, mais simplement de faire soi-même et c’est là de la fierté qui sert la liberté.
• Si nous devions classer les réalisations humaines selon leur niveau de complexité , les voitures occuperaient sans nul doute le haut du panier , quand on sait que faire une voiture, non seulement on sait faire toutes les autres, mais on sait faire tout ce qui est moins compliqué qu’une voiture. Et ce sont là tous les objets qui nous entourent.
• Je l’invite à voir en filigrane de la réalisation cette trame formidable sur laquelle il nous est possible de tisser tout un tissu industriel.
• Je lui dirai pour terminer que nous sommes capables en puisant dans le capital commun des connaissances universelles de concevoir les outils du développement, des machines adaptées à nos besoins, mais surtout accessibles à notre budget.

Nous imaginons que vous comptez commercialiser Baila 66 ? Baila 66 est une voiture sportive qui n’a aucune utilité pour l’Afrique.

Pour moi, c’était juste une carte de visite pour faire la preuve du savoir-faire. L’objectif principal étant de briser les barrières mentales qui aliènent l’expression du génie et de la créativité du peuple noir, prouver qu’il existe des solutions en marges des voies classiques qui mènent rapidement à la qualification.

Le savoir-faire acquis au cours de la réalisation nous permettra de faire une citadine plus petite, plus accessible, autour d’une plateforme standard qui pourra servir pour des passagers ou des marchandises et au-delà mettre en place des unités de fabrication pour concevoir tous les outils du développement.

Pour la dynamique entrepreneuriale, je ne voulais étudier que les offres de partenariats qui émaneraient de l’Afrique, elles ne sont pas encore arrivées. J’ai élargi le cercle aux offres qui serviraient l’Afrique, pour le moment elles sont nombreuses, mais avec des tentatives de prédations à peine voilées.

Je ne suis pas vraiment pressé et, pour le moment, je me consacre à mon avion, Sakiliba 1.0 qui est presque achevé.

Caractéristiques

Baila 66 est construite autour d’un moteur moto BMW k75 qui attaque un pont Mercedes raccourci. C’est une injection électronique pilotée par un calculateur. Elle est dotée d’une direction directe par transfert d’angle à assistance hydraulique variable. Sa boîte de vitesse est séquentielle avec les commandes au volant. Son freinage est de type ABS.

Baila 66 présente aussi un rapport poids puissance intéressant, du fait de son châssis tubulaire léger. Son empattement réduit en fait une machine agile et presque insolente.

Elle a été chronométrée à 150 km/h.

Contact : https://www.facebook.com/bailandiaye66/

Amedine Faye. Photo : Baila Ndiaye

Messages

  • fr

    Bonjour ;
    a mon retour dans votre pays de la teranga   ou j’ ai vécu 7 ans, je serai intéressé mais a quel prix et délai pour l’obtenir
    faut acheter local ; mes remerciements

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