Le samedi 31 octobre 2026, le stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio accueillait la cérémonie d’ouverture des JOJ Dakar 2026. Un événement inédit : pour la première fois, une compétition olympique se déroule sur le sol africain.
Devant un public venu assister à ce moment historique, le Sénégal a proposé un spectacle mêlant traditions, expressions contemporaines et références culturelles africaines. Mais derrière les tableaux artistiques, les costumes colorés et les performances musicales, c’est toute une équipe de professionnels qui a travaillé à la conception et à la réalisation de cette cérémonie.
Une occasion de mettre en lumière des métiers souvent moins visibles, mais indispensables à la réussite des grands événements culturels et internationaux.
Près de 1 500 costumes réalisés au Sénégal
C’est l’un des chiffres les plus remarquables de cette cérémonie : près de 1 500 costumes ont été confectionnés localement pour habiller les artistes et les participants.
Derrière ces tenues, plus de 5 000 heures de travail et la mobilisation d’une centaine d’artisans et de professionnels de la création. Créateurs, couturiers, tailleurs, brodeurs, teinturiers et accessoiristes ont contribué à donner forme à l’identité visuelle du spectacle.
Trois créatrices sénégalaises ont notamment participé à la conception des costumes : Maguette Guèye, Khadija Ba et Selly Raby Kane, chacune associée à l’un des grands temps de la cérémonie.
Le travail d’habillage, de maquillage et de coiffure était supervisé par Marième Ngom, avec notamment Aline Alima Moné Diédhiou pour le maquillage et Madeleine Ngoné Sagna pour la coiffure.
Au-delà de leur dimension esthétique, ces costumes ont participé à raconter une histoire, en faisant dialoguer les références traditionnelles, les matières, les couleurs et les expressions contemporaines.
Une direction artistique portée par des professionnels sénégalais
La réussite du spectacle repose également sur un important travail de conception et de coordination.
À la direction des cérémonies, Khady Niang a assuré la coordination générale de cette production. La direction artistique était confiée à Xalil Cissé, tandis que le metteur en scène Adama Diop a contribué à donner vie au récit imaginé pour l’événement.
La chorégraphie générale était assurée par Marianne Niox, fondatrice d’ARTEA et co-initiatrice du festival Kaay Fecc. La coordination artistique revenait à Oumar Niang, dit Minuss, et la création musicale à Iss 814.
La scénographie, portée notamment par Khady Kassé, a également participé à construire l’univers visuel du spectacle.
La cérémonie s’articulait autour de trois personnages symboliques : Alkebulan, Keb et Sitoé. À travers leurs histoires, le spectacle proposait un voyage entre passé, présent et avenir, autour de la transmission culturelle et de la place de la jeunesse dans la construction du continent.
Le conteur Massamba Guèye a également contribué à cette dimension narrative.
1 115 artistes et interprètes sur scène
Au total, 1 115 artistes et interprètes ont participé à la cérémonie, dont 628 danseurs.
La programmation musicale a réuni plusieurs générations de la scène sénégalaise. Baaba Maal, Kiné Lam, Souleymane Faye et Daara J Family ont notamment partagé la scène avec des artistes plus contemporains, parmi lesquels Dip Doundou Guiss, Defmaa Maadef, Kya Loum et VJ.
La musicienne gambienne Sona Jobarteh a également apporté une dimension panafricaine à cette célébration.
La lutte sénégalaise était elle aussi représentée. Modou Lô, Eumeu Sène, Franc et Sa Thiès ont participé au spectacle, avec leurs prestations et leurs célèbres « bakks », ces démonstrations chorégraphiées qui accompagnent traditionnellement l’entrée des lutteurs dans l’arène.
Autre moment marquant : une création picturale réalisée en direct par Boubou Design, avec la participation de Khaby Lame. Une séquence qui a rapproché les arts visuels et la culture numérique.
Une vitrine pour les métiers de la création au Sénégal
Au-delà de la performance artistique, cette cérémonie représente une véritable vitrine pour les compétences sénégalaises.
La confection de près de 1 500 costumes, la préparation des chorégraphies, la création musicale et la mise en scène ont nécessité la collaboration de professionnels issus de différents secteurs.
Ces métiers constituent une partie essentielle de l’économie culturelle : stylisme, couture, artisanat, danse, production audiovisuelle, scénographie, maquillage ou encore direction artistique.
Les JOJ ont ainsi offert une visibilité internationale à des savoir-faire qui dépassent largement le cadre du spectacle vivant. Ils rappellent également que l’organisation de grands événements peut constituer une opportunité pour les entreprises créatives locales, les ateliers de confection et les jeunes professionnels.
Pour le Sénégal, l’enjeu est aussi de faire reconnaître ces compétences et de leur permettre de trouver de nouveaux débouchés, au-delà de cet événement.
Les JOJ, un héritage qui dépasse le sport
Avec environ 2 655 jeunes athlètes représentant 204 comités nationaux olympiques, 25 sports de compétition et 10 sports d’engagement, Dakar 2026 constitue une première historique pour l’Afrique.
Mais l’héritage de ces Jeux ne se mesure pas uniquement aux performances sportives et aux infrastructures. Il se construit aussi à travers les compétences mobilisées, les expériences professionnelles acquises et les collaborations nouées pendant leur organisation.
En donnant une place importante aux créateurs, aux artistes et aux artisans, la cérémonie d’ouverture a rappelé que la culture fait pleinement partie du rayonnement international du Sénégal.
Et derrière les images qui ont fait le tour du monde, il y a aussi le travail de celles et ceux qui ont imaginé, fabriqué, cousu, chorégraphié et construit ce spectacle.



