Une flamme qui fait le tour du Sénégal
Allumée le 10 septembre au stade panathénaïque d’Athènes, la flamme des JOJ Dakar 2026 est arrivée au Sénégal deux jours plus tard. Elle a été officiellement accueillie le 12 septembre à la Place du Souvenir africain, dans une cérémonie où musique, danses et traditions sénégalaises occupaient une place centrale.
Le relais national a débuté le 14 septembre à Dakar-Plateau. La flamme a d’abord parcouru la région de Dakar avant de prendre la route des autres régions du pays.
Le parcours national représente plus de 3 650 kilomètres et mobilise environ 450 relayeurs. Au total, les organisateurs ont prévu une trentaine d’étapes pour faire passer la flamme dans les 14 régions du Sénégal avant son retour à Dakar.
Le calendrier officiel prévoit notamment des étapes à Thiès, Louga, Saint-Louis, Matam, Diourbel, Fatick, Kaolack, Kaffrine, Tambacounda, Kédougou, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor, avant le retour dans la région de Dakar.
Après avoir traversé les 14 régions, la flamme retrouvera Dakar le 30 octobre, à la veille de la cérémonie d’ouverture des JOJ, prévue le 31 octobre au stade Abdoulaye Wade de Diamniadio. C’est lors de cette cérémonie que la vasque olympique sera allumée.
« Sénégal au rythme des JOJ » : quand le relais devient une invitation au voyage
C’est ici que le parcours devient particulièrement intéressant pour le tourisme.
Le dispositif officiel « Sénégal au rythme des JOJ » a été conçu pour accompagner le passage de la flamme par des activités touristiques, culturelles, artisanales et sportives.
Le programme national prévoit notamment des circuits de découverte, des focus sur les sites emblématiques des régions, des espaces de présentation de l’offre touristique, des visites et informations sur les destinations, mais aussi des activités consacrées aux produits locaux et aux métiers traditionnels.
Chaque étape doit ainsi associer plusieurs temps forts : accueil populaire, passage de la flamme et animations sportives, mais aussi « Village des territoires », découverte des savoir-faire et produits locaux, puis scène culturelle en soirée.
L’objectif affiché est clair : donner envie d’explorer les paysages, les sites et les histoires de chaque territoire, tout en offrant une vitrine nationale aux artistes, artisans, guides et acteurs touristiques locaux.
La flamme devient donc plus qu’un symbole olympique. Elle sert aussi de fil conducteur pour raconter le pays.
14 régions, 14 visages du Sénégal
Le parcours est intéressant parce qu’il traverse des territoires aux paysages et aux identités très différents.
À mesure que la flamme quitte Dakar, elle permet de changer de décor et de découvrir d’autres facettes du pays : le patrimoine historique de Saint-Louis, les paysages de la vallée du fleuve Sénégal, les terroirs du centre, les grands espaces du Sénégal oriental, les paysages de Kédougou ou encore les territoires de Casamance.
Ce parcours rappelle surtout que le Sénégal touristique ne se résume pas à quelques destinations déjà bien identifiées.
Le pays possède une diversité de paysages, de patrimoines, de traditions et de savoir-faire qui se découvrent parfois à quelques dizaines ou centaines de kilomètres seulement des grands circuits touristiques.
À Saint-Louis, la dimension patrimoniale et l’environnement du fleuve offrent un visage très différent de celui de la capitale.
À Tambacounda et Kédougou, le voyage prend une autre dimension, avec les paysages du Sénégal oriental et les territoires qui ouvrent sur le pays Bassari.
Plus au sud, Kolda, Sédhiou et Ziguinchor permettent de découvrir une Casamance rurale et culturelle, entre rizières, bolongs , villages, forêts et traditions.
La flamme ne crée évidemment pas à elle seule ces destinations. Mais son parcours leur offre une occasion supplémentaire d’être regardées, racontées et découvertes.
Un « Village des territoires » pour mettre en avant les savoir-faire locaux
L’une des particularités du dispositif est justement de ne pas séparer tourisme, culture et économie locale.
Le « Village des territoires » doit permettre de présenter les destinations et patrimoines locaux, mais également les produits du terroir et les savoir-faire.
Le programme prévoit notamment des foires de produits des terroirs, des expositions et ventes de produits locaux, des démonstrations culinaires ainsi que des ateliers consacrés aux métiers traditionnels et à la création.
Cette dimension donne au relais une portée qui dépasse le simple événement sportif : les territoires traversés peuvent profiter de cette vitrine pour montrer ce qu’ils ont à offrir aux visiteurs.
Guides, artisans, artistes, acteurs touristiques et producteurs locaux sont ainsi intégrés à la dynamique du parcours. C’est d’ailleurs l’un des objectifs officiellement affichés de « Sénégal au rythme des JOJ ».
Une tournée qui mêle sport et culture
La dimension culturelle n’est pas ajoutée en marge du parcours : elle en constitue l’un des piliers.
Dès l’arrivée de la flamme à Dakar, la cérémonie du 12 septembre avait donné le ton, avec des prestations musicales, des percussions, des danses traditionnelles et la participation d’une centaine de femmes appelées « Linguères ».
Le programme national prévoit ensuite des scènes culturelles avec musiques, danses, contes et expressions artistiques propres aux territoires traversés. À Dakar, le dispositif comprend également des villages africains, un grand village culturel à la Place de la Nation et des animations dans différents sites de la capitale.
La flamme devient donc le prétexte à une célébration beaucoup plus large : celle des territoires et de leurs cultures.
Un parcours qui prépare aussi les JOJ
Cette tournée intervient à quelques semaines du début des Jeux olympiques de la jeunesse.
Dakar 2026 se déroulera du 31 octobre au 13 novembre 2026 à Dakar, Diamniadio et Saly. Près de 2 700 jeunes athlètes sont attendus pour cette édition, la première des Jeux olympiques de la jeunesse organisée sur le continent africain.
Mais avant même l’arrivée des délégations, les JOJ sont donc déjà en train de parcourir le pays.
La tournée de la flamme permet aux populations des différentes régions de s’approprier l’événement et de faire entrer les Jeux dans le quotidien des territoires. Le comité d’organisation avait d’ailleurs annoncé dès juillet que les 14 régions seraient visitées à travers une trentaine d’étapes, avec une organisation confiée aux comités régionaux de développement et une sélection locale des porteurs de la flamme.
Selon le comité d’organisation, cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique plus large autour de la jeunesse : le programme éducatif mis en place depuis plusieurs années aurait déjà permis de sensibiliser plus d’un million de jeunes, tandis que le programme « Jeunesse en Jeux » prévoit de mobiliser 300 000 élèves autour d’activités culturelles, sportives et festives.
Une autre manière de parcourir le Sénégal
La véritable originalité de cette tournée est peut-être là.
Une flamme olympique qui traverse le pays pourrait n’être qu’un événement sportif itinérant. Avec « Sénégal au rythme des JOJ », elle devient aussi une invitation à regarder les territoires autrement.
Derrière chaque étape se trouvent un paysage, un patrimoine, une spécialité, un savoir-faire, une histoire ou une communauté.
Et derrière les 3 650 kilomètres du parcours, c’est finalement une autre carte du Sénégal qui se dessine : celle d’un pays à découvrir dans sa diversité, bien au-delà de ses destinations les plus connues.
À l’heure où le Sénégal s’apprête à accueillir des visiteurs venus du monde entier pour les JOJ, cette tournée offre aussi une occasion de rappeler que le voyage ne s’arrête pas aux sites de compétition.
La flamme traverse le Sénégal. À chaque étape, c’est un nouveau territoire qui s’allume.




