Ramadan au Sénégal : les longues journées des femmes entre travail, cuisine et jeûne
Au Sénégal, dans de nombreuses cuisines, l’activité commence bien avant l’heure du ndogou (repas de rupture du jeûne). Les fruits sont découpés, les jus sont préparés et l’huile chauffe déjà pour les fritures. Pastels, beignets ou accras s’enchaînent pendant que les plateaux se remplissent peu à peu. À mesure que l’heure de la rupture du jeûne approche, le rythme s’accélère. Dans beaucoup de foyers, ces préparatifs reposent encore largement sur les femmes.
Publié le 10 mars 2026
Le mois de mars est aussi celui de la célébration des droits des femmes autour du 8 mars. Lorsque cette période coïncide avec le Ramadan, elle met en lumière une réalité du quotidien : la place importante qu’occupent les femmes dans l’organisation de la vie familiale pendant le mois de jeûne.
Une journée qui commence avant l’aube
Pendant le Ramadan, la journée débute souvent très tôt , avant 5h du matin. Bien avant le lever du soleil, certaines femmes se réveillent pour préparer le « kheud », le repas pris avant le début du jeûne.
Pendant que la ville dort encore, il faut déjà préparer le petit-déjeuner et organiser la table. Une fois ce moment passé, la journée reprend son rythme habituel : travail, activités professionnelles, déplacements, gestion des enfants ou tâches domestiques.
Pour beaucoup de femmes, le Ramadan ne remplace pas les responsabilités quotidiennes. Il vient simplement s’y ajouter.
Le ndogou, un moment central… et exigeant
En fin d’après-midi, toute l’attention se tourne vers le ndogou, le moment de la rupture du jeûne.
Dans certaines familles, ce repas devient un véritable moment de préparation collective. Plusieurs plats sont préparés, les jus sont multipliés, les fritures s’enchaînent. Lorsque des proches ou des invités sont attendus, les plateaux deviennent encore plus garnis.
Découper le pain, préparer les boissons, couper le charcuterie, organiser les plateaux… tout doit être prêt à l’heure de la rupture du jeûne.
Dans de nombreux foyers, cette organisation repose encore largement sur les femmes. Et dans certaines familles, la diversité et l’abondance du ndogou deviennent parfois aussi une manière de montrer l’attention portée aux invités ou à la famille.
La rupture du jeûne ne marque pas toujours la fin du travail. Dans beaucoup de familles, le ndogou est suivi un peu plus tard par le dîner du soir. Après les fruits, les jus et les fritures, il faut encore préparer le repas principal.
Cette succession de préparations demande du temps et de l’énergie, d’autant plus qu’elle est réalisée tout en observant le jeûne pendant toute la journée.
Du lever du jour jusqu’au soir, certaines femmes passent ainsi une grande partie de leur temps à travailler, cuisiner ou s’occuper du foyer sans boire ni manger.
Cette situation peut accentuer la fatigue, en particulier en fin de journée lorsque les préparatifs du repas deviennent plus intenses.