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Saly veut relancer son tourisme : les grands défis d’une station en pleine transformation

Après plusieurs années marquées par l’érosion du littoral, des difficultés dans certains établissements touristiques et des problèmes récurrents de salubrité et de sécurité, Saly veut donner un nouvel élan à sa destination. Les JOJ Dakar 2026 accélèrent les opérations sur le terrain, tandis que la SAPCO cherche à remettre autour de la table les différents acteurs de la station. Mais entre réhabilitation des équipements, entretien des espaces publics, financement et gouvernance, la relance s’annonce comme un chantier de longue haleine.

Publié le 24 septembre 2026  

Saly dispose encore d’un poids touristique important

Inaugurée en 1984, Saly Portudal reste l’une des principales destinations touristiques du Sénégal. Située à environ 80 km de Dakar et à proximité de l’aéroport international Blaise Diagne, la station dispose d’une infrastructure touristique importante.

La SAPCO recense aujourd’hui 17 hôtels et 33 résidences touristiques, pour une capacité annoncée de 10 000 lits. Restaurants, commerces et activités de loisirs complètent l’offre, avec notamment les sports nautiques, la pêche, le golf, l’équitation et le tennis. La SAPCO présente Saly comme le plus grand centre touristique d’Afrique de l’Ouest.

Le problème n’est donc pas de reconstruire une destination à partir de zéro, mais de remettre en valeur un appareil touristique déjà important.

L’érosion a profondément fragilisé la station

Saly a connu une période difficile avec le recul progressif de son littoral. La disparition de la plage menaçait directement l’activité touristique, déjà fragilisée à l’époque par les conséquences de la crise Ebola et les craintes liées au terrorisme.

Une importante opération de restauration du littoral a depuis été menée. Elle a permis de restaurer environ 325 000 m² de plage, avec notamment 19 épis et brise-lames destinés à stabiliser près de 7 km de côte.

Selon la Banque mondiale, cette intervention a contribué à préserver l’activité touristique et les emplois liés au secteur et a favorisé de nouveaux investissements à Saly.

La plage a donc été restaurée. Mais les difficultés de la station ne se résument plus aujourd’hui à son littoral.

Des équipements à réhabiliter

En 2025, le ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme avait effectué un état des lieux du pôle touristique de la Petite-Côte. Plusieurs réceptifs hôteliers à Saly et Nianing étaient alors non ou plus opérationnels, avec également des sites présentant un état d’abandon ou une activité limitée.

Le ministère avait identifié la reconquête, la réhabilitation et la valorisation des équipements existants comme un enjeu important.

La situation est toutefois loin d’être figée. De nouveaux investissements continuent d’arriver. En avril 2025, le Yuma Lodge a ainsi été inauguré à Saly avec plus de 50 chambres, trois suites et six salles de séminaire.

La question est donc autant de réhabiliter l’existant que de continuer à attirer de nouveaux investissements.

La SAPCO veut agir sur la salubrité et la sécurité

Le 5 septembre 2026, la SAPCO a organisé à Saly un atelier consacré à la « relance durable et harmonieuse » de la station et des zones environnantes.

Les discussions ont notamment porté sur la salubrité, la sécurité, l’embellissement et la gestion des espaces publics. Les questions de mendicité et de sécurité autour de certains établissements touristiques ont également été évoquées.

Mais la SAPCO ne peut pas agir seule.

La relance implique également les collectivités territoriales, les services de l’État, les forces de sécurité, les professionnels du tourisme et les populations. La question de la coordination entre ces différents acteurs est donc devenue centrale, avec notamment la volonté de remettre en place un véritable cadre de concertation autour de la station.

Les JOJ accélèrent les opérations

Les Jeux olympiques de la jeunesse Dakar 2026 donnent aujourd’hui un coup d’accélérateur à cette dynamique.

Saly doit accueillir six disciplines sur le site de Saly Plage Ouest : triathlon, aviron, voile, lutte, handball et volleyball. 528 athlètes et environ 15 000 spectateurs sont attendus à Saly entre le 31 octobre et le 13 novembre.

Cette échéance internationale a entraîné plusieurs opérations d’aménagement.

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, une opération de désencombrement a notamment permis de retirer une quarantaine d’épaves sur l’axe reliant le croisement de Saly à Bienvenue. Des plantations, espaces verts et installations solaires sont également prévus dans certaines zones.

Pour Saly, les JOJ représentent donc une occasion de montrer un visage plus organisé de la station à plusieurs milliers de visiteurs.

Mais le véritable enjeu sera l’après-JOJ.

Le problème est aussi financier

La transformation de Saly nécessite des moyens importants. Lors de l’atelier de septembre, la direction de la SAPCO a reconnu que les ressources dont dispose la société ne suffisent pas à régler seule l’ensemble des problèmes de la station. Elle doit donc également rechercher d’autres financements.

C’est un point essentiel : réhabiliter une infrastructure est une chose, mais assurer ensuite son entretien, la propreté des espaces publics, la sécurité, l’éclairage ou encore les espaces verts représente une dépense permanente.

La relance devra donc être accompagnée d’un modèle de financement capable de fonctionner dans la durée.

Saly doit désormais évoluer

Saly possède encore de nombreux atouts : une importante capacité d’hébergement, un littoral restauré, sa proximité avec Dakar et l’aéroport, ainsi qu’une offre touristique et événementielle déjà développée.

Mais son modèle doit évoluer.

Le tourisme balnéaire reste au cœur de son identité, mais la station peut également s’appuyer davantage sur le tourisme sportif, les événements, les séminaires et les loisirs. Les nouvelles infrastructures et investissements montrent déjà cette diversification.

La question n’est donc pas simplement de faire revenir Saly à son image d’autrefois.

Il s’agit plutôt de faire évoluer une station historique vers une destination adaptée au tourisme d’aujourd’hui.

Une nouvelle étape pour la SAPCO

Le calendrier institutionnel ajoute un élément important. Le 10 septembre 2026, quelques jours après l’atelier consacré à la relance de Saly, Babacar Mbengue a été nommé directeur général de la SAPCO, en remplacement de Serigne Mamadou Mboup.

Il connaît déjà bien la station et la SAPCO, ayant notamment occupé auparavant des fonctions liées à l’exploitation des stations touristiques.

Son arrivée intervient donc au moment où une nouvelle phase s’ouvre pour Saly.

Les prochains mois permettront de voir si les réflexions engagées en septembre se traduisent par des actions durables, avec des responsabilités clairement définies, des financements et un calendrier précis.

Le véritable test viendra après les JOJ

Saly dispose toujours d’un potentiel touristique considérable. Elle possède les infrastructures, une longue histoire touristique et une visibilité internationale que peu de destinations sénégalaises peuvent revendiquer.

Mais les défis sont désormais clairement identifiés : réhabiliter certains équipements, maintenir les espaces publics, améliorer la sécurité et la salubrité, mieux coordonner les acteurs et trouver les moyens financiers nécessaires.

Les JOJ vont permettre d’accélérer certaines opérations et d’exposer Saly à un nouveau public.

Mais la véritable réussite de la relance se mesurera après les Jeux : lorsque les visiteurs seront partis et qu’il faudra continuer, jour après jour, à entretenir et développer la destination.

Saly ne manque pas d’atouts. Elle doit désormais réussir à les transformer en une destination touristique durable, attractive et adaptée aux attentes des voyageurs d’aujourd’hui.

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