Art et culture / Entretiens et portraits

Aboubekr Thiam, un peintre qui défend l’environnement

Artiste ultra sensible aux méfaits que l’homme
inflige à son environnement, Abubekr est un
homme à l’apparence aussi sobre que sa
peinture est explosive.

Publié le 2 février 2008  

Son œuvre, alliant
peinture et collage, dénonce les détériorations
qu’hommes et industries infligent aux milieux
naturels. Dénoncer par le beau, n’est-ce pas le
meilleur moyen de séduire sans jamais lasser ?
Interview avec un homme pieux dont
la peinture est plus qu’un art : une mission.

Entretien

Le 221 : Qui êtes vous ?

Je m’appelle Aboubekr Thiam, je suis professeur
d’éducation artistique au CEM de Scat Ubam. J’ai
fait l’école des arts, j’ai un niveau bac + 4.

Le 221 : Depuis quand peigniez vous ?

Depuis que j’ai douze ans. Je peignais les grands
hommes tels que les marabouts et les grandes figures
négro africaines telles que Malcolm X etc.

Le 221 : Pourquoi ces choix ?

Ce sont des personnes qui m’ont marqué parce
qu’on parlait d’eux partout dans les radios, à la
télévision, dans les livres. J’ai notamment été fortement
marqué par un marabout que j’ai peint également
 : Baye Niass.

Le 221 : Avez vous déjà exposé ?

Oui mais dans des expositions collectives : dans le
Off de la biennale des arts, à la crypte de la cathédrale,
à l’ex Central Park maintenant Mini Resto, à
Gorée, à l’Ifan, à la maison de la culture Douta
Seck et au Centre Culturel Blaise Senghor.

Le 221 : Pourquoi pas des expositions individuelles ?

Parce qu’elles sont difficiles à monter. Pour une
expo de vingt toiles, il faut au minimum 500 à 600
000 mille francs.Les toiles, la peinture, l’encadrement,
les chassis, tout coûte cher.

Le 221 : Vous n’avez jamais reçu d’aide d’un
mécène quelconque ?

Non, mais à mes débuts, il y a le directeur technique
d’AGF Assurances Papa Ibra Diéne qui m’a
aidé en m’achetant mes premières toiles.


Le 221 : Mais
alors, comment
faites vous pour
vivre de votre art ?

Ce sont les activités
annexes qui me
font survivre : la
sérigraphie, la confection
de banderoles,
d’enseignes lumineuses,… Mais ce qu’il
me faudrait, ce serait de vendre mes œuvres de
manière régulière.

Le221 : Un message à faire passer ?

Je rends grâce à Dieu, je remercie mon marabout
Cheikh Mamour Insa Diop ibn Cheikh Ibrahim
Niass, mes parents et ma femme, dont les critiques
constructives me poussent toujours à améliorer
mon travail pour que le résultat soit plus esthétique...

Propos recueillis par Irène Idriss

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