C’est le 15 décembre dernier à 20h30 que l’orchestre fait son apparition sur la scène de l’institut Français Léopold Sédar Senghor. Les musiciens de Cesaria Evora donnent un avant-goût au public sous la direction de l’excellent pianiste compositeur Nando Andrade, épaulé par le saxophoniste - sopraniste complètement survolté… 20h 40, Cesaria fait son apparition sur scène… Tout s’enchaîne. Elle fait découvrir au public des titres de son nouvel album Rogamar (10ème album), mais aussi ses titres phares comme Angola, Petit Pays, Sodade…tout en cadence, en rythme ; ce qui a plongé le public dans l’ambiance des mornas et des coladeras. Cesaria Evora va quitter le public, fasciné par autant de talent, avec une très belle reprise de Besame Mucho. Tous les fans en redemandaient. Ce fut un moment inoubliable après une dizaine d’années d’absence de la scène sénégalaise. Le matin du 15 décembre 2006, Cesaria Evora après sa conférence de presse dans la salle de cinéma de l’institut français, a bien voulu répondre à quelques questions du 221.
Le221 : Qui est Cesaria Evora ?
Cesaria Evora : Je suis toujours Moi (rires). Je suis née il ya soixante-cinq ans à Mindelo dans l’ile de Sao Vicente au Cap Vert. Je suis troisième d’une famille de trois enfants. Contrairement à ce qui se dit, j’ai eu une enfance normale, modeste. A six ans, ma mère me met à l’orphelinat qui était plus un pensionnat et à 16 ans, j’ai rencontré des musiciens. Comme j’adorais chanter et danser, je les ai suivis et c’est là qu’a démarré ma carrière. J’ai deux enfants : un garçon et une fille, et deux petits enfants : un garçon et une fille (sourire).
Le221 : Justement, vous avez attendu plus de 30 ans pour connaître la célébrité, comment la vivez vous aujourd’hui ?
C. E. : Je vous dis que je suis toujours la même Cesaria. Certes je suis devenue célèbre à 50 ans à l’étranger mais au Cap Vert, je l’étais déjà depuis longtemps. Je reste la même. Je suis une personne simple, j’ai toujours été comme ça et je le resterai.
Le 221 : Vous venez de sortir votre dixième album Rogamar, pouvez vous nous en parler ?
C. E. : Rogamar est un hymne à la mer, la Sodade cap verdienne. L’album a été essentiellement réalisé par mon pianiste Nando. J’ai invité plusieurs musiciens dont le chanteur français Caly et le Sénégalais Ismael Lo.
Le 221 : Vu les points communs entre le Sénégal et le Cap-Vert, que ressentez vous quand vous venez à Dakar ? Et pourquoi vous vous y produisez très rarement ?
C. E. : Mais invitez- moi plus souvent (rires)… Sincèrement c’est toujours avec beaucoup d’émotions que je viens me produire au Sénégal… Vous savez, mon frère et ma soeur ont immigré très tôt dans ce pays, sans compter la forte colonie cap - verdienne qui est ici ainsi que tous mes fans.
Le221 : Un dernier mot pour les lecteurs du 221…
C. E. : Cœur - Amour de Cesaria Evora.
