Né en 1968 à Dakar d’un père militaire et sportif, et d’’’une mère catholique aux valeurs progressistes’’, deux parents très impliqués dans le monde associatif, Marc Lièvremont récuse, lui, tout ’’plan de carrière’’ ou ’’d’ambition personnelle prononcée’’.
Le remplaçant de Bernard Laporte à la tête de l’équipe nationale de rugby est un ancien international qui a joué comme troisième ligne aile (23 sélections). Trois de ses sept frères ont fréquenté le haut niveau.
En 1995, il signe sa première sélection en équipe de France de rugby à XV, avant d’emporter le titre de champion de France avec le Stade français. Il prend en charge, en 2004, l’équipe des moins de 21 ans et l’équipe de France A.
Marc a arrêté sa carrière de joueur en 2002, suite à une grave blessure au genou. Ainsi, sera-t-il amené à entamer une carrière d’entraîneur du club de Biarritz. Engagé dans le courant Tournoi des six nations, il vivra son baptême du feu le 3 février à Edimbourg, contre l’Ecosse.
Homme de rupture, il a mis à l’écart des icônes du XV français et s’en défend, au motif qu’il est ‘’défenseur d’un rugby plus positif et plus complet que celui qui a été pratiqué par certaines équipes pendant la Coupe du monde’’.
Le ’’Dakarois’’ du rugby français est présenté comme un ’’taiseux’’, contrairement à son prédécesseur, Laporte qui aime sortir ’’les formules à l’emporte-pièce’’. Ce dernier est devenu secrétaire d’Etat aux sports de Nicolas Sarkozy.
Marcel Martin, président du club de Biarritz, celui qui lui a donné son premier poste d’entraîneur, dit de Lièvremont qu’il ne cherche ‘’ni les micros, ni les caméras, ni les satisfecit. Et face aux institutions, il n’abandonne rien de ses convictions’’.
’’Je me sens libre, je ne suis pas un homme de réseau’’, consent-il à dire, fermement.
Sa méfiance est réelle envers les politiciens perçus comme des capteurs de ’’succès des rugbymen français’’. L’allusion renvoie à Sarkozy et à son gouvernement, de surprenants spectateurs en quart de finale de la Coupe du monde contre les All Blacks.
Patience semble être son mot fétiche, selon Le Monde qui lui crédite ’’un calme et une humilité qui apportent un peu d’air frais dans le rugby français’’.
