La vie sociale et économique s’organise autour du fleuve Casamance et de ses nombreux bolongsBolongsChenal d'eau salée caractéristique des zones côtières du Sénégal ou de Gambie. Ces bras de mer sont particulièrement nombreux dans le Sine-Saloum et en Casamance. L'eau de mer s'y mêle à celle des cours d'eau. et lagunes formant un labyrinthe. Palmeraies, forêts et mangroves tapissent les îles portant des rizières.
28 350 kilomètres carrés soit 1/7 de la superficie du Sénégal (presque comme la Belgique). La région est étroite et allongée d’Est en Ouest de part et d’autre d’un fleuve de 300 km qui donne son nom à la région.
La basse-Casamance correspond à la partie Ouest.
C’est la partie la plus touristique et sans doute la plus belle de la région. En basse-Casamance, la végétation recouvre des plateaux très bas (60 mètres altitude maximum) limités par des réseaux de marigots (bolongsBolongsChenal d'eau salée caractéristique des zones côtières du Sénégal ou de Gambie. Ces bras de mer sont particulièrement nombreux dans le Sine-Saloum et en Casamance. L'eau de mer s'y mêle à celle des cours d'eau.) constitués de mangroves et de zones argileuses très salées appelées tann. Ses forêts denses, ses plages bordées de cocotiers du Cap Skirring à Abéné, ses îles et ses bolongs, ses villages mystérieux abrités par des immenses fromagers font que des chaînes d’hôtels prestigieuses s’y sont installées. Ici tout est différent de la vie du Nord du pays. On est en majorité catholique, les rues sont d’une propreté exemplaire même à Ziguinchor, la saison de pluies dure aussi longtemps que la saison sèche, on écoute plus les musiques brésiliennes ou Cap Verdienne que le Mbalax, musique reine du Nord incarnée par Youssou Ndour ou Omar Pene.
La Basse Casamance est orientée vers sa voisine la Guinée-Bissau dont elle accueille d’ailleurs de nombreux travailleurs, alors que le Nord est résolument sahélien. Les différentes ethnies, bien qu’elles vivent en parfaite harmonie, sont regroupées en village ou en quartier. L’étranger n’a aucun mal à trouver l’ethnie habitant le quartier ou le village puisque nombreux sont ceux qui sont nommés en fonction de leurs habitants : tel est par exemple le cas des villages de Bindialoum Baïnouk, de Bourofaye Diola, de Mandina Mandjak, de Djibonker Ering, ou de Simbandi Balante ou des quartiers ziguinchorois de Boukot Mankagne ou de Colobane Diola.
Au Sud, Entre Ziguinchor et Cap Skriring, de nombreux villages enchanteurs se dressent dans la verdure et les bolongs.
Ziguinchor, la plus grande ville au sud du Sénégal, capitale administrative, compte 130 000 habitants. Située sur la rive sud de l’estuaire du fleuve Casamance, c’est le principal point d’accès à la région. Escale pour les négriers portugais au XVIe siècle, la ville est devenue aujourd’hui un important centre commercial et agricole. La ville par sa position géographique est aussi une plaque tournante du commerce sous-régional, avec ses innombrables marchands venus de Guinée Bissau, Gambie et Mauritanie, qui proposent, vendent ou achètent toutes sortes de produits manufacturés ou alimentaires.
Ziguinchor tire selon certains son nom de la déformation du mot « Izguinchos » nom de la tribu qui vivait autrefois dans cette région. D’autres prétendent au contraire que le nom de la ville vient du portugais « je viens, ils pleurent » (Cheguei, choram) rapport à la traite des esclaves. Jumelée avec la ville française de Saint Maur-des-Fossés, cette dernière a donné son nom au grand marché local, qui après avoir brûlé plusieurs fois est enfin reconstruit.
A Enampore, à une vingtaine de kilomètres au sud-est de Ziguinchor, les cases à impluvium méritent le détour.
> Campement villageois d’Enampore
Oussouye, ville-carrefour, préfecture du département, encore fortement imprégnée des traditions d’antans, est le siège d’un important royaume. La ville abrite un campement villageois.
A l’est d’Oussouye, le village d’Edioungou abrite un important centre de poteries traditionnelles.
Le village de pêcheur de Mlomp, entre Oussouye et Elinkine, possède plusieurs cases à étage, un fromager vieux d’au moins 400 ans et un musée gardant jalousement d’anciens outils et des symboles de la culture locale.
Karabane
L’ile de Karabane, située sur le fleuve Casamance, fut un comptoir important à l’époque coloniale. Des plages magnifiques, une ancienne église portugaise et un cimetière ou fut érigée la tombe du Capitaine Protêt. On y accède en pirogue à partir d’Elinkine. Située à l’extrême Sud du Sénégal, dans l’estuaire du fleuve Casamance, Carabane est une île sans route ni voiture qui respire le calme et la tranquillité : un banc de sable recouvert d’une végétation luxuriante, palmiers, cocotiers, baobabs, fromagers, manguiers, flamboyants, bougainvillées …
La plus grande partie des 57 km² de l’île est recouverte par la mangroveMangroveFormation végétale du littoral des pays tropicaux humides, caractérisée par l'abondance des palétuviers. de palétuviers et est accessible uniquement par les bolongs à partir d’Elinkine, des bras de mer qui se faufilent dans les terres en créant de multiples petits îlots.
Ancienne esclaverie, premier comptoir commercial français en 1836, Carabane fut aussi la première capitale administrative de la Casamance, jusqu’en 1904, date à la quelle elle fut remplacée par Ziguinchor.
Sous l’Administrateur Emmanuel Bertrand Bocande, Carabane fut dotée d’un plan d’urbanisme en 1852 qui permit la construction de plusieurs bâtisses d’une magnifique architecture : La mission catholique en 1880 (devenue un grand hôtel), l’église de style breton en 1885, le pénitencier asile de déportation des résistants à la colonisation, pudiquement appelé « l’Ecole spéciale », etc.
Les ruines des entrepôts des maisons de commerce et le célèbre cimetière où repose le Capitaine Protet, fondateur de Dakar, enterré debout, les yeux fixés au rivage comme il l’avait souhaité constituent des vestiges témoins du rôle historique de Carabane qui, par sa position stratégique privilégiée, fut une tête de pont de la pénétration française en Casamance.
Mais autant que la valeur de témoignage de ces vestiges, c’est de leur inscription dans un site naturel de toute beauté que résulte le charme de l’île historique et fait de Carabane un site chargé de résonances indéfinissables.
L’île fait partie du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Cap Skirring, sur le littoral sud, est doté d’un aérodrome et ses plages sont parmi les plus belles de l’ouest africain
Cap-Skirring est en fait la dénomination touristique du village de Kabrousse, où est née Aline Sitoé Diatta, reine et prêtresse, héroïne de la résistance casamançaise
De très nombreux hôtels, campements et résidences. Un peu plus loin, le village de Diembering, avec des fromagers magnifiques.
Situé à l’est de Cap-Skiring, le parc national de basse Casamance couvre une superficie d’environ 35 000 hectares et comprend plusieurs zones de végétation : sous-bois dense, marécages et mangroves où vivent des buffles, des singes rouges, des léopards et crocodiles, ainsi que plusieurs espèces d’oiseaux.
Au nord de Ziguinchor
Au nord de Ziguinchor, c’est le royaume de la forêt puis des marigots de Kalissaye et Diouloulou recouverts par des marécages et mangroves.
De nombreux campements villageois pourront vous accueillir à Affiniam, Thionk-Essyl, Koubalang…
Sur la côte, Abéné et Kafountine, dans un décor de bolongs et de lagunes.
La moyenne et haute Casamance
La moyenne et haute Casamance, à l’est de Ziguinchor, vers Kolda constitue une transition avec l’est du pays
Les bolongs et la mangroveMangroveFormation végétale du littoral des pays tropicaux humides, caractérisée par l'abondance des palétuviers. sont rares et la forêt moins dense. Les rizières y sont nombreuses. Sédhiou, ancienne capitale administrative, repose paresseusement au bord du fleuve.
Kolda est plutôt une halte pour les chasseurs, entre Tambacounda et Ziguinchor, dans la zone du Fuladu. L’économie est principalement axée sur l’agriculture, l’industrie textile et l’artisanat.
Comment se rendre en Casamance ?
En avion
Depuis l’Europe, certains vols se rendent directement au Cap-Skirring. Consultez la liste des compagnies aériennes. Depuis Dakar, Air Sénégal international relie tous les jours Dakar à Ziguinchor.
Par la route
Par la route il y a deux possibilités pour rejoindre Ziguinchor depuis Dakar : contourner la Gambie ou prendre la route Transgambienne.
910 km, 20 à 24 h de trajet, en contournant la Gambie par la N1 Dakar - Kaolack - Tambacounda puis la N6 Tambacounda - Kolda - Ziguinchor.
450 Km par la Transgambienne Dakar-Kaolack-Ziguinchor. La route est bonne jusqu’à Kaolack : 3 heures. Ensuite un peu moins jusqu’à la traversée de la Gambie de Keur Ayib à Sénoba. De Kaolack au bac de Farafégni en Gambie à 300 km à l’est de Banjul : 3 heures.
- A Farafégni un bac fait la rotation pour traverser le fleuve Gambie, 500 F.Cfa par personne et 3.500 F.Cfa pour une voiture. La traversée du fleuve dure une quinzaine de minutes, celle de la Gambie de 1 heure à beaucoup plus en raison des tracasseries des douaniers, policiers et gendarmes gambiens.
- De Farafégni à Sénoba la frontière : 1 heure. Ensuite la route est bonne jusqu’à Ziguinchor : 3 heures.
A Dakar vous trouverez des taxis-brousse "7 places" à la gare routière Pompiers, et les cars se rendant en Casamance au marché de Grand Yoff.
Par la mer
Le ferry Aline Sitoé Diatta relie deux fois par semaine Dakar à Ziguinchor. Durée du trajet : 15 heures.
Les tarifs et les horaires sont ici :
> Le "Aline Sitoé Diatta" débute ses rotations
Sur place
A la gare routière de Ziguinchor, des taxis-brousse proposent toutes les destinations.
Des taxis peuvent également vous mener où vous voulez (une autorisation leur est nécessaire pour sortir de la ville. Nous vous recommmandons El Hadji Sadio, tél. 77 518 85 03.
Des pirogues, régulières ou affrêtées spécialement, relient également les villages. Depuis le débarcadère du port de Ziguinchor des taxis-pirogues de 30 à 60 places, appelées courriers, transportent personnes et marchandises pour rejoindre les villages et les îles de l’estuaire. Vous pouvez ainsi rejoindre l’île de Carabane en pirogue depuis Ziguinchor, environ 3 h de navigation.














